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    Le chêne centenaire



    Du haut de sa montagne un arbre centenaire,
    Avec sa mine altière, dominait la campagne.
    Il avait grandit là, sous la voûte du ciel,
    En tendant fort ses bras pour toucher le soleil.

     

    Grand arbre, plein de sagesse, majestueux et beau
    Protégeait de son aile toutes sortes d'animaux;
    Mais, oublié des hommes, il espérait en vain
    Pouvoir, un beau matin, abriter un gamin.

     

    Notre arbre, malheureux du manque d'amour d'autrui,
    Espérait en les hommes et attendait l'ami;
    Mais, il ne savait pas l'égoïsme du monde.
    Perché sur sa montagne il ignorait le mal.

     

    Pourtant il voulait voir les gens de la vallée.

    Il voulait les connaître, s'en faire des amis,

    Mais Prudence, la fée, ne voulait pas risquer

    La vie de son ami pour une simple lubie...

     

    Sa décision fût prise d'aller voir par elle-même

    Ce que les villageois pouvaient leurs réserver.

    Par une nuit sans lune d'une froidure soudaine,

    Elle s'en alla laissant son ami désœuvré.

     

    Quand au petit matin elle arriva enfin,

    Son tout premier souhait était d'être invisible

    Pour pouvoir, à son aise, voir ses contemporains

    Sortir la carabine pour chasser les nuisibles.

     

     

    Elle voyagea sans trêve et fît tout le village.
    Vît un homme qui coupait du bois pour son chauffage.
    A la menuiserie, elle vît des arbres entiers
    Pour devenir des meubles, se faire découper.

     

    Elle vît le charpentier, le bûcheron et sa hache
    S'affairer sans remord à couper d'autres arbres.
    Enfants et villageois s'appliquant à leur tâche,
    Pour Noël, eux aussi, coupaient de jolis arbres.

     

    Après bien des déboires et mûres réflexions,
    Prudence: la fée du chêne, prit une résolution.
    Il fallait vite partir sans même se retourner
    Et, pour ne pas souffrir, les humains, oublier.

     

    Il n'était pas souhaitable, pour son ami le chêne,
    Qu'il quitta sa montagne pour vivre auprès des hommes.
    Il serait bien vite couper pour prendre une autre forme,
    Sans même qu'on se soucia s'il avait de la peine.

     

    L'homme se voulait juste. l'homme se voulait doux;
    Mais il se détruisait et il détruisait tout.
    Sans bien se rendre compte des ravages qu'il causait,
    Tout en creusant sa tombe sans cesse il avançait.

     

    Après bien du dépit et très désappointée,
    Notre fée voyageuse réintégra son arbre,
    Rapportant avec elle, moult renseignements.
    Il fallu pourtant bien se rendre à l'évidence!...

     

    Grand chêne comprit alors que l'air qu'il respirait,
    En haut de sa montagne était plus saint qu'en bas
    Et que le bûcheron, s'il s'en venait par là,
    De sa hache complice en bûches le réduirait...

     

    Il valait mieux qu'il reste là-haut, sur sa montagne,
    Protégé de tous maux, n'ayant pour seule compagne,
    Que son amie la fée le guidant dans ses choix,
    Entouré d'animaux qui habitaient ces bois.

     

    Grand chêne avait comprit que sa vie était là.
    Il savait, aujourd'hui, qu'il était à sa place.
    Sont rêve était de vivre sans qu'on trouva sa trace,
    Loin des bruits du village qui raisonnaient d'en bas.

     

    C’était un bon vieux chêne aux glands appétissants.

    Ce chênes centenaire voulait aimer les gens.

    S’occuper des humains sans connaître leur fond,

    Il voulait comprendre, pas être moribond.

     

    Y’avait rien à comprendre : les hommes sont méchants.

    Tuant pour leur plaisir tous ce qui est vivant.

    Car ils sont bien les pire prédateur de la terre

    Ils pensent d’abords à eux, plus qu’à notre univers.

     

     

    N. Ghis.


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     Les petites histoires de nos grand-mères

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    Conte écologique...

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

     

    " Prudence la petite fée du vieux chêne"

    (Remake du premier conte mais plus long et plus complet)

     

    Du haut de sa montagne un arbre centenaire avec sa mine altière dominait la campagne. Il avait grandi  là, sous la voûte du ciel, en étendant toutes ses branches pour toucher le soleil. Grand Chêne, plein de sagesse, majestueux et beau, protégeait de son aile toutes  sortes d'animaux; mais, oublié des hommes, il espérait en vain pouvoir, un beau matin, abriter un gamin. 

    Notre arbre, malheureux du manque d’amour d’autrui, Espérait en l’humain et attentait l’ami; mais il ne savait pas l’égoïsme des hommes. Perché sur sa montagne, il ignorait le monde. Pourtant, il voulait voir s'amuser les enfants. Il voulait les connaître, s’en faire des amis, abriter les amours de jeunes adolescents, voir pique-niquer les couples sous son immense feuillage, rendre service aux gens, faire de l’ombre aux petits. C’était là, tout son rêve!

    Pour avoir vu périr forêts entières et bois jolis aujourd’hui disparus par la faute des hommes, connaissant  l’âme humaine plus qu’elle ne le voudrais, Prudence: la petite fée qui habitait le chêne depuis bien des lustres, lui répétait sans cesse:

    — "Non! Surtout, n’y va pas! Tu pourrais regretter d’avoir osé un pas! Les hommes ne pensent qu’à eux! Ils ne prennent soin de rien! Ils ne savent pas gérer notre mère Nature! Tu veux te retrouver en bûches un beau matin? Je vais y aller pour toi et au retour tout te raconter; mais fais-moi la promesse de ne pas bouger! Attends que je revienne! Ce ne sera pas long! Après, tu choisiras la meilleure solution pour te sentir pleinement heureux. Et ne sois pas grognon parce que je m’en vais seule! Avant que tu ne dégages tes racines du sol, je serai de retour et ne te cacherai rien. 

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Grand chêne bougonna bien un peu : ce n’était pas l’envie qui lui manquait de soulever ses grosses racines du sol pour descendre juste un peu plus bas afin de suivre Prudence de ses nœuds! Euh! Pardon! De ses yeux, voulais-je dire. Cependant, il préféra rester sage et ne bougea pas ses racines d’un seul petit bout de doigts de pied (d'arbre). 

    Par une nuit neigeuse éclairée par la lune, pour son ami le chêne, la petite fée Prudence décida d’aller voir les gens de la vallée. Se sachant invisible, elle ne craignait pas d'être vu. Elle attendit le matin pour visiter tout le village. Vît un homme qui coupait du bois pour son chauffage. A la menuiserie, elle vît des arbres entiers, pour devenir des meubles, se faire découper. Elle vît le charpentier le rabot à la main, raboter sans remord les planches d’un tronc séché, réduisant le surplus à de simples copeaux, chevilles d’assemblage, allumettes en tous genres après que les belles planches, il est vrais, eut été transformées en tables, chaises, armoires, lits, buffets, fauteuils, bancs de fermes, luges, skis, traîneaux pour les serfs comme pour les chevaux, pupitres d’école, bureau,  papier pour faire de jolis cahiers et j’en passe... Le bois était vital pour les hommes; mais se rendaient-ils compte qu'ils étaient néfastes pour toutes sortes d'arbres?...

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

     C’est vrai qu’ils étaient bien beaux et bien pratiques ainsi devenus meubles! Les luges et les chariots étaient également d'une grande utilité; Mais ils ne pourraient jamais plus avoir de descendance? C’était grave! La forêt se dépeuplait et mourrait doucement. La flore et la faune disparaissaient sans un bruit et l’homme fermait les yeux, préférant rester dans le déni complet des ravages qu'il causait. Qu’avaient été ces arbres avant leur transformation? Un frêne, un châtaigner, un peuplier, un sapin, un boulot?...

    De leur beauté première, il ne restait plus rien. Sacrifiés à jamais sur l’autel du progrès et de l'égoïsme, la forêt s’en allait en feu de cheminée, se transformait en livres, en cahiers, en crayons, en carton en jouets, en sciure et en bois de charpente sans que l’on n’y puisse rien. Le bois était partout: mais là où il devait être, il n’y avait plus que des terrains dénudés.

    Prudence était tout à fait consciente des besoins des humains; mais ce qu’elle leurs reprochait, c’était de ne pas songer au reboisement de façon à toujours sauvegarder tous les endroits boisés: capital non négligeable pour le bien de notre mère nature afin qu'elle continue à distribuer ses bien faits aux humains mais aussi aux autres êtres vivants!...

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Les arbres étaient bien plus utiles au monde plantés, plutôt que de finir par ne plus exister et ainsi entraîner catastrophes sur catastrophes (et nous savons tous de quoi il s'agît! Ce conte n’est  là que pour faire prendre conscience aux enfants de ce que nous infligeons à notre terre nous: les adultes! Nous savons très bien que nos enfants seront les adultes de demain et que si nous ne leurs apprenons pas à respecter l'environnement dès aujourd'hui, plus tard, il sera trop tard  car ils seront conditionnés à notre façon de voir les choses, ce qui n'est pas du tout la bonne solution! Nous avons tord sur toute la ligne et nous le savons!...

    C'est un sujet parmi tant d’autres à aborder pour notre propre survie, ne serait-ce que pour limiter la pollution, les gaz à effets de serre et j'en passe!... Il ne faut pas oublier que les arbres absorbent notre surplus de gaz carbonique et nous fournissent en oxygène! Si nous supprimons trop d’arbres! Nous ne pourrons plus respirer! Il ne faut pas penser qu’au moment présent! Il faut aussi œuvrer pour l'avenir de nos enfants et nos petits enfants qui deviendront à leur tour des destructeurs pour leurs profits si nous n'y prenons pas garde! Pour cela, il faudrait que les mentalités changent! Ca, c’est une autre paire de manches!... Mais je m'égare, je m'égare... revenons-en à nos moutons. Euh! Pardon! A notre arbre qui voulais à tout prix connaître les humains.

    Nous n'étions pas loin des fête de fin d'année. La neige avait recouvert prés,  chemins et collines. Les toits des maisons commençaient à s'alourdir sous le poids de ce joli tapis blanc. Les luges et les bonhommes de neiges surgissaient de partout.

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Les enfants, insouciants et heureux, faisaient des bagarres de boules de neige, confectionnaient de beaux bonhommes de neige pendant que les pères, fils et grands-pères se préparaient au plus grand événement de l’année. Les maîtresses de maison, suivis de leurs plus grandes filles, se dépêchaient d'aller faire des courses pour les plus grand préparatifs de l'année. Les hommes de tout âge allaient dans les bois avoisinants pour découvrir la perle rare: le plus beau et le plus grand des sapins qui ferait la fierté de leur maison  comme l’exigeait la tradition. Tout ce beau monde partait à la recherche de l’arbre tant convoité qu’ils pourraient exposer pas trop prés de la cheminée afin qu’il ne prenne pas feu et qu’il ne perde pas ses aiguilles trop tôt. La hache sur l’épaule pour les anciens rompus à cette tâche particulière, ils se sentaient en forme pour accomplir cette besogne. Pour les jeunes hommes plein de fougue, de force et d'entrain, la tronçonneuse était devenu l’outil indispensable de rigueur pour ne pas trop se fatiguer: les tronçonneuses faisaient l’objet de toutes les convoitises de la part de ceux qui n’en n’avaient pas. Qu’importe!  Les jeunes gens s’aidaient entre eux et ils s’amusaient bien à regarder faire les anciens s’échiner et se démener de façon à venir à bout de la coupe du sapin choisit.

    En fin d’après midi, Chacun revenaient à pieds, traînant péniblement leur trophées choisit bien trop grand au point qu'ils avaient été obligés d'en couper un bon morceau, de préférence le bas du tronc pour ne pas en abîmer la cime ou se suspendait l'étoile du berger ou alors, en voiture, équipées de pneus neige, arborant avec fierté leur magnifique trouvaille et cette fois, à la bonne taille. 

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Par le comportement tout à fait démesuré des hommes en cette préparation de fête incontournable qu'était la fête de Noël, Prudence, à n'en pas douter une seconde,  constatait que les humains aimaient le sapin au point d'en vouloir un tous les ans chez eux pour ces quinze jours de festivités fêtant la naissance de l'enfant Jésus. Ils aimaient cet arbre parce qu'il restait vert toute l'année, qu'il ne perdait pas ses feuilles l'hiver et qu'il avait une odeur particulière de résine très agréable qui rappelait cette époque de l'année. De plus, il était très facile à décorer, ce qui lui donnait un air majestueux et royale. Lorsqu'il était paré de ses plus belles décorations, les enfant en prenait plein leurs yeux et les adultes aussi. Le sapin symbolisait  vraiment bien cette fête de Noël. C'était des atouts non négligeables; mais à y regarder de plus prêt, cela ne lui était pas bénéfique et le menait tout droit à sa perte. Grâce à ses qualités, il était l'arbre le plus prisé pour les fêtes de fin d'année. Le sapin devenait, par excellence, le centre d'attraction de chaque foyer. Pendant les quinze jours de réjouissances que représentait Noël et jour de l'an, il était honoré dans toutes les maisons. Il est vrai que pour les jours les plus importants de l'année, c'était bien  d'avoir un beau sapin chez sois! En général, on le préférait fraîchement coupé le 24 décembre comme le voulais aussi la tradition. Dans toutes les maison, ça fleurait bon la résine qui révélait, à elle seule, par son odeur incomparable, la période de l'avant et permettait aux enfants, après la messe de minuit, d'attendre en piaffant d'impatience et dans leur chambre, le père noël. Ces soirs là, les petits enfants avaient bien du mal à trouver le sommeil; mais c'était à ce prix qu'ils auraient la surprise au matin, s'ils avaient été bien sages toutes l'année, de découvrir au pied du sapin, les jouets tant désirés non sans se demander comment le père noël si ventru avait pu faire pour passer dans le conduit le la cheminée sans se faire mal? et puis il fallait compter avec les maisons qui elles n'avaient pas de cheminée? Prudence savait bien qu'il y avait de la supercherie dans l'air: C'était une fée et il ne faut pas en compter, aux fées !...

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Les parents n'étaient pas en reste! Ils avaient leur propre réveillon pendant que les enfants essayaient de fermer l'oeil en ne pensant qu'au lendemain matin.  Mais au fait? Comment faisait le père noël lorsque les cheminée étaient allumées? Et bien! C'est tout simple! Il ramassait de la neige sur le toit qui en était recouvert d'une épaisse couche et il en lâchait de grosses poignées jusqu'à ce que le feu s'éteigne. Le père Noël, était malin et c'est pour cela que le matin, en venant découvrir les cadeaux distribués dans la nuit, vous trouviez toujours le feu de la cheminée éteint. Aujourd'hui, dans les maisons qui possèdent une cheminée, le Père Noël agit toujours de la même façon; mais pour les appartements modernes, il vaut mieux penser à laisser la porte fenêtre du balcon entrebâillée légèrement de façon à lui faciliter la tâche! Si il vous arrivait d'oublier la porte fenêtre du balcon, Père Noël avait  toujours un petit lutin avec des dons magiques qui, d'un coup de claquement de doigts, ouvraient les portes-fenêtres des balcons lorsqu'il y en avait un ou bien ils se servaient d'un passe-partout pour ouvrit les portes d'entrée des appartements ou des maisons sans cheminée. Ils aidaient aussi le père noël dans la distribution des cadeaux et des jouets encombrants et cela lui facilitait bien la tâche!...

    Noël! Un grand moment magique pour les enfants! Le mystère du Père Noël entrant dans les maisons par les cheminées, pour déposer les cadeaux au pied du magnifique sapin enluminé. C'était quelque chose!

    — Chers parents, vous savez de quoi il en retourne concernant le papa noël! Mais jouons le jeu jusqu’au bout. Nos petits sont si heureux lorsque le Père Noël passe par la cheminée ou par la porte fenêtre du balcon que nous avons pris soin de laisser entre baillée pour lui sans oublier la collation pour qu'il puisse finir sa tournée en ayant le ventre bien plein. Rien ne nous ferait changer d'avis pour oser avouer  à nos chérubins que le le Père noël est une pure invention pour vanter la sortie de la première pub de Coca-Cola dans les années 50 !  Ô! NON ! Et si ! " 

    Permettez quand même que je referme la parenthèse pour continuer mon histoire. 

    Donc, les familles, en ces fêtes qui arrivaient à grands pas, s’afféraient autour des fourneaux et pendant que les dames se préoccupaient de ne rien oublier en ces circonstances particulières, les messieurs et leurs enfants décoraient la maison, après le sapin qui passait, bien sûr, en premier. Ça se chamaillait pour savoir qui allait mettre l’étoile du berger tout en haut à la cime de l’arbre. L’effervescence était à son comble! Les maisons étaient décorées à l'intérieure comme à l'extérieur. Les bouts de jardins comme les très grands ne dérogeaient pas non plus à la tradition! Tous les villageois lorgnaient  sur la déco du voisin afin de faire mieux que lui.  Les décorations scintillaient par les fenêtres du salon de chaque maison. Le beau sapin enrubanné et tout illuminé se faisait remarqué par son agonie cachée par toutes ces guirlandes et ses boules de lumière. Prudence pouvait pas ne pas remarquer ce spectacle grandiose pour les yeux! Une seule ombre au tableau pour la petite fée du chêne: la destruction de la forêt de sapin lui gâchait son plaisir...

    — Ah ! Ces humains ! S’écria Florella en colère. Ils n’ont pas conscience du mal qu’il vont causer à la longue par le simple fait de choisir tous les ans, un sapin, de lui supprimer la vie pour le plaisir et la fierté de l’exposer dans leur salon, devant la famille et les amis, pendant un laps de temps ne dépassant pas deux à trois semaines et quelques fois moins au regard des mois et des années qu’il aurait fallu à cet arbre pour devenir adulte. Pour les humains, un noël sans sapin n’était pas concevable! Prudence, toujours invisible, comptabilisait toutes ces allées et venues frénétiques d’un œil réprobateur et n’en perdait pas une miette. Des sapins coupés, il y en avait tellement, qu’elle en avait perdu le fil ! A travers les fenêtres des maisons, rien ne lui échappait : les guirlandes lumineuses, les guirlandes scintillantes, les boules jaune, vertes, rouges, bleues, blanches, dorées ou argentées, la neige artificielles sans oublier le papier rocher pour installer la crèche et les santons: tout était fin prêt pour recevoir le petit Jésus la nuit de la nativité. Elle ne voulait rien manquer des coutumes des hommes. Prudence écarquillait ses yeux émerveillés par la beauté du spectacle et furieuse à la foi de constater ce beau gâchis concernant ses amis les sapins. Bien sûr que l’effet rendu était magnifique ! Bien sûr que le roi des forêts était honoré! Tout ça, c’était très bien ! Mais qu’allait-il advenir ce roi des forêts après la fête sans ses épines qui immanquablement se déshydrateraient et tomberaient à cause de la chaleur des foyers. Ils se déplumerait et se retrouverait comme un vulgaire poulet prêt à rôtir au four sauf, que lui, ne serait pas rôti, mais brûlé quand on ne le retrouverait pas jeté n'importe où, abandonné lâchement sur les trottoirs et les chemins de terre qui avaient échappé encore à l'urbanisation : " Ni vu, ni connu, je t'embrouille! " C'était ça les humains ! " Après moi, le déluge ! "

    Malgré ce que Prudence aurait aimée croire de ces humains, Ils étaient un tantinet orgueilleux et imbus d'eux-même ces bipèdes  et très éloignés de l'époque où les homo-sapiens respectaient la nature qui pouvait encore être fière de sa beauté virginale !...

    Ces jeunes sapins aux branches encore tendres qui, jadis se dressaient fièrement, armées de leurs épineuses d’un beau verts encore clair : ces mêmes jeunes sapins n’avaient plus que des branches mortes qui ne constituaient que l’armature d’un squelette d’arbre tout rabougrit ou même les chiens venaient se soulager sur lui : seule victime muette, humiliée, dépouillée de sa magnificence originelle.

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Prudence ne pu s’empêcher de se projeter quelques centaines d’années en avant et ce qu’elle découvrit, lui fît froid dans le dos : la planète était pratiquement devenue un désert là, où avant, il n’y avait que bois, prairies verdoyantes, rivières lacs et forêts, il n'y avait plus que béton. Tout n'était plus que routes immeubles. Les espaces verts si nécessaires à notre vie, n'avaient plus leur place. Les humains avaient tout décimé par leurs cupidité, leur inconscience, leur irresponsabilité etc. En 2050, les humains se déchiraient pour un peu d’eau et par voix de conséquence, pour la nourriture de quoi s'habiller car rien ne poussant plus, tout était caution à querelles quotidiennes, allant jusqu'à s'entre-tuer. La planète était devenu un enfer. La nourriture devenait de plus en plus rare, faute, bien sûr, du manque d’eau et d’insectes pollinisateurs.  Il n'y avait plus de fleurs puisque plus d’abeilles ni papillons ni oiseaux pour butiner et transporter le pollen d’une fleur à l’autre. Le soleil brûlait les derniers végétaux qui essayaient de s’adapter à l’aridité des sols. L’érosion était partout ! Qu'était devenue la splendeur de ces arbres ornant la montagne, les pleines, les vallées, absorbant le gaz carbonique et donnant de l'oxygène afin que l'air soit respirable à tous les animaux de la terre : y comprit les hommes. Qu'étaient devenus les rois des forêts à qui l'on avait ôté la vie par ignorance, plaisir et pur égoïsme ? Si la terre ne pouvait plus, par ses arbres, produire de l'oxygène, s'en était fichu de l'humanité ! 

    — c'est bien ce que je pensais ! Se dit-elle tout haut. En l'année 2016 qui va commencer, il faudrait songer à faire des efforts et devenir raisonnable ! Il ne reste guère de temps pour faire marche arrière et renverser la vapeur ! A ce train-là, notre forêt et toutes  les forêts du monde ne tiendront plus longtemps et nous non plus ! Dans trente ou cinquante ans, ce sera le commencement de la fin ! Le compte à rebours est déjà commencer depuis un bon bout de temps !... 

    Prudence en avait assez vu. Il fallait repartir et affronter son époque qui, somme toute, n’étaient pas encore si mal par rapport à ce à quoi elle venait d'assister.

    Après bien des hésitations et mûres réflexions, Prudence prit une résolution: il fallait, sans tarder, trouver une solution pour protéger son arbre de la destruction. Il n’était pas souhaitable pour son ami le chêne qu’il quitta sa montagne pour vivre auprès des hommes. Il serait bien vite coupé pour prendre d’autres formes sans même qu’on se soucia s’il souffrait car, à part les petits être des bois et des forêts, nul ne pouvait entendre les plaintes des arbres en souffrance, toutes catégories confondues.

    Après moult réflexions, notre petite fée revînt vers son cher ami le chêne et n'omit rien de tout ce qu'elle avait pu observer dans la vallée. L'arbre comprit alors qu'il était mieux sur sa montagne entouré par ses amis les bêtes et les petits habitants des bois.

    — " Que faisons-nous de ce que la nature nous offre une fois que nous n'en avons plus besoin ?... Sommes-nous seulement conscients que tout vient de son sol... De notre vaisseau qu'est la terre, porteuse  de ce qui est bon pour nous ; mais aussi, et malheureusement, de tout ce que nous en faisons de mauvais par cupidité, égoïsme, irresponsabilité ? Que laisserons-nous à nos enfants ?... Auront-ils seulement le temps de vivre et profiter de toute ce nous, nous profitons ?..." 

     

    N. GHIS. 

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Texte réécrit en 2016.

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    Joli Cadeau de  mon amie Cyndérella

    "Prudence la petite fée du vieux chêne"


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    Le vieux saule pleureur : page -2- 

     

    Le vieux saule pleureur


    Page -1-

     

    Au bord d’une rivière, baignaient les vieilles racines d’un saule centenaire. C'était vraiment un très vieux saule. Il devait bien avoir deux cents cinquante ans, si ce n’était pas plus! C’est veines étaient très saillantes comme celles des mains d’un vieillard et l’on pouvait suivre l’évolution de sa croissance en comptant ses années de vie par le truchement des bosses, des nœuds, la grosseur de ses racines externes qui sortaient de terre par endroit. Il y avait aussi le tour de taille de ce vieil arbre qui affichait une circonférence impressionnante. Ces grosses racines qui ne s'étaient pas enfoncées dans le sol, l’approvisionnaient en eau constamment de façons à ce qu‘il reste en bonne santé, seulement voilà que la rivière diminuait, s’asséchait chaque jour un peu plus. Jadis, la rivière avait dut être très grosse et très fournit en poissons car avant que ne survienne sont agonie, les pêcheurs venaient régulièrement y pêcher.

    Malgré son grand âge, le vieux saule tenait encore hardiment debout et il en avait vu défiler des amoureux qui, sur son écorce pourtant très rugueuse, s’amusaient à graver leurs deux petits cœur entrelacés avec, en leur centre, leurs prénoms traversés d’une flèche: symbolique représentant l’amour entre deux êtres. Chaque fois que deux jeunes gens s’aventuraient jusqu’au vieux saule pour y graver leur amour, Cupidon constamment à l’affût de ses tendres victimes, veillait à ce que la tradition soit bien respectée. Il se tenait parmi le feuillage, perché sur une des branches noueuses de ce vieil arbre, visant les cœurs qui ne demandaient pas mieux et sans même s'en rendre compte, que de se plier à cette coutume désuète. Chaque fois, Cupidon faisait mouche. Comme les fées, les farfadets et les lutins, notre petit ange de l’amour avait élu domicile dans l’énorme tronc de ce vieux saule pleureur qui présentait, en plusieurs endroits, des trous et des failles aménageables en petits logements où chacun y trouvait son compte: ce qui facilitait la vie de tous ces petits habitants très spéciaux et précieux à l'âme de saule sur le déclin.

    Depuis déjà quelque temps, les branches du saule n’arrêtaient pas de se disputer entre elles. Pour un peu d’eau, elles s’allongeaient démesurément afin de pouvoir, les premières, caresser du bout de leurs feuilles allongées, le filet d’eau qui devenait de plus en plus inexistant. Le saule pleurait bien plus d’une fois qu’à sont tour en voyant sa chère rivière bien malade; mais ses larmes n’étant pas renouvelées par l’eau qui manquait de plus en plus et il périclitait. Sa bonne santé dépendait de son amie la rivière et si elle, petit à petit, disparaissait. Il ne tarderait pas à se laisser mourir lui aussi si il ne se produisait pas un miracle. Je vous entends baragouiner de là.

    Oui! Vous allez me dire qu’un saule c’est fait pour pleurer par nature, qu’il y ait une rivière ou pas! Je vous répondrais alors que les saules pleureurs préfèrent les abords des rivières et les zones humides pour leur confort. Je vous demanderai aussi de jouer le jeu et de comprendre le message que je veux vous faire passer par le biais de ce conte. Ça ne vous fera pas de mal! Bien au contraire!...

    Et Vous! Les dissipés, les je-m’en-foutistes qui croyez toujours tout savoir! Tâchez de ne plus m’interrompe si non, j’en appelle aux gnomes qui vont se charger de vous concocter un petit tour à leur façon, afin que vous puissiez écouter et non pas entendre que j’ai à vous dire. A! Mais! Sapristi! Vilains petits garnements qui n’écoutez rien! Sachez que : "entendre et écouter ne veut pas dire la même chose! " Bien souvent on entend dire quand les gens parlent entres eux: -"Tu m’entends; mais tu ne m’écoutes pas!" C’est cela qui est très grave! Ne pas vouloir écouter ce que l’autre a à dire... Je sens de nouveau un silence réprobateur à mes propos s’installer en me lisant me semble t-il? Et pourtant... Ce sont bien les hommes qui ne prennent pas soin de la planète! Dame nature essaie bien par tous les moyens de vous prévenir du désastre qui s'énonce depuis déjà un bon bout de temps! Vous préférez subir plutôt que de changer votre façon de fonctionner?... A votre aise; mais, dans ce cas, ne vous plaignez pas de ce qui vous tombe dessus chaque années comme catastrophes!... Ah! Vous me semblez déjà plus à mon écoute? Je peux donc continuer mon histoire?...

    Donc, pour en revenir à notre conte, rien ne pouvait consoler ce bon vieux grand saule. Le lit de son amie baissait inexorablement et n’offrait plus à ses racines qu’un vague filet d’eau où il avait de plus en plus de mal à trouver ce qui était nécessaire à sa croissance et par voix de conséquence, à sa propre existence. Le précieux liquide disparaissait inexplicablement. Ce n’était plus une rivière qu’il coulait devant ses yeux ni même un cour d’eau et encore moins un ruisseau! Ce n’était, effectivement, plus qu’un ridicule petit filet d’eau. Par endroit subsistaient encore quelques mares ou des poissons prisonniers agonisaient, manquant d’oxygène. Les autres venaient mourir sur la rive, là où justement les grosses racines du saule s’abreuvaient. Des abords de la rivière s’échappait une odeur de pourriture insoutenable. Que ce passait-il donc en amont pour en arriver à pareille catastrophe?

    Ce coin de forêt se trouvait être encore protégée et préservé de la déforestation du fait que tout ses petits habitants aux divers talents magiques s’appliquaient, par des tour de passe passe, à le rendre invisible aux yeux des hommes. Le grand saule qui était leur ami, leur refuge, leur havre de paix était très triste de cette situation. Son tronc si impressionnant rétrécissait au fur et à mesure que les mois défilaient. Ses habitants se trouvaient à l’étroit dans leur petit chez eux. Tout le petit monde de la forêt se rendait bien conte du changement qui s’opérait alentours. Malgré leurs subterfuges tous azimuts pour éviter un désastre qu'ils sentaient imminent, ils n'arrivaient plus à suivre le rythme et c'est désolés qu'il voyaient apparaître Ici une clairière là, où avant il n’y avait que des arbres. Un peu plus loin, à l’endroit où la végétation était luxuriante, Ils ne voyaient plus que des machines infernales qui traçaient des chemins de terre, débroussaillaient sans relâche pour laisser le champ libre à d’autres machines qui coupaient le bois. De gros engins emportaient ce même bois dans les scieries avoisinantes. Pour que tous ces bûcherons puissent travailler et circuler sans encombre, des routes faites de goudron avaient recouvert la terre des chemins. Les activités des ouvriers forestiers étaient la cause indirecte de ce changement. qui venait de bien plus haut hiérarchiquement: les riches promoteurs et quatre adorateurs du sacraux saint argent... Il n'y avait plus que ça qui comptait et peu importe de ce qu'il adviendrait de notre mère la terre?...

    Tout le petit peuple féerique des bois alentours observaient le va et viens de ces énormes machines où s’empilaient des tonnes de tronc d’arbres gémissants don la sève s’écoulait comme autant de larmes de sang sans que personne n‘y prenne attention. Quel malheur de voir de si beaux arbres privés de vie! Toujours invisibles à l’œil humain, les fées, les lutins et farfadets suivaient les gros troncs jusqu’à l’endroit où ils devraient être débités en planches pour fabriquer des meubles; mais avant, il y avait au moins deux ans de séchage où les pauvres troncs d’arbres avaient largement le temps d’agoniser. Malgré eux, les troncs nouveaux venus qui s'entassaient dans un hangars de stockage, assistaient à la mise à mort définitive de leurs frères vieillit par le séchage et qui étaient fin prêts pour être découpés en planches. L’énorme scie circulaire ne chaumait pas! Seul le petit peuple de la forêt et des bois avoisinants avaient entendre leurs plaintes au moment de la coupe. Ca leurs fendait le cœur de ne pouvoir rien faire pour eux. Les branches et branchages impropre à la transformation, inutilisables pour les hommes en tant que meubles, ne se perdaient pas et devenaient des bûchettes, des allumettes, du bois de chauffage et j’en passe. Tout était exploitable: tout est exploitable dans le bois!...

    Entre l’eau qui devenait rare et les arbres plus de deux fois centenaires qui, tronçonnés par dizaines, quittaient la forêt pour être transformés en maisons ou autres ce qui, immanquablement, par leur disparition, défigurait le paysage, c’en était trop! Tout ce bois perdu partait, d’une manière ou d’une autre, en fumée au lieu de retenir, par leurs racines, la terre et par leur feuillage, la pluie. Ce n’était plus possible! Il fallait faire quelque chose! CA ne pouvait plus durer! Les hommes détruisaient leurs seules ressources naturelles de richesse qu’étaient les bois, les forêts, sans penser au lendemain. Sans penser à un seul instant à reboiser. Sans aucun regret ni remord et sans même vouloir prendre conscience que leurs méfaits ne manqueraient pas de générer dans les temps futurs des catastrophes que leurs imprudences, bien des années auparavant, avait déclenché. Les hommes épuisaient les ressources de la planète sans penser aux génération suivantes: Plus d’arbres. Plus de racines pour retenir, les pluies qui deviendraient de plus en plus abondantes puisque plus rien de réussirait à la retenir. Ce qui ne laissait présager rien de bon! La terre gorgée d’eau ne manquerait pas de dévaler les pentes des montagnes et collines en emportant tout sur son passage. Les torrents boueux provoqueraient des glissements de terrain qui entraîneraient de bien plus graves problèmes comme recouvrir, défoncer, emporter des maisons les entraînant avec tout leurs occupants, comme des simples fœtus de paille à la mort. Des familles entières disparaîtraient par la faute de l’œuvre destructrice des humains. Il fallait, certes vivre avec son temps mais il fallait vivre intelligemment! Ne pas vivre au jour le jour pour ce qui en était de l’exploitation de la planète: notre vaisseau de l’espace finirait de contribuer à notre extinction si nous n'y prenions pas garde d'ailleurs, cela avait déjà commencé depuis un bon bout de temps!... Il était une chose établit depuis des lustres, c’est que tout ce qui, à eurs yeux pouvaient faire de l'argent, leurs était dus à ces humains! Ils ne savaient pas se contenter de peu et le profit prenait le pas sur la raison. Ils étaient bien les pires prédateurs de la gente animal, même s’ils se disaient évolués et civilisés!…

    Quand à l’espace devenu nécessaire à la flore et à la faune: il ressemblait à un mouchoir de poche tellement tout ce qui pouvait être exploité par la folie productive des homme, accélérait le processus d’érosion planétaire. La faune diminuait. La flore aussi. Rien ne pouvaient plus survivre tant l’espace dont elles avaient besoin pour s’épanouir se réduisait comme peau de chagrin.

    Un de ces jours de raz le bol, ne pouvant plus accepter cette situation qui allait en s’aggravant, tout le petit peuple de la forêt et des bois réunit décidèrent de tenir conseil autour de leur ami le saule afin de trouver une solution au problème qui se posait à eux. L’idée de demander de l’aide aux gnomes ne les enchantait guère; mais cette idée fît l’unanimité. Ils étaient malins ces gnomes! Ils avaient de la malice à revendre et taquins avec ça! Les plus anciens des gnomes, à force de regarder agir des générations d’homme qu’ils avaient vu naître, vivre et mourir, agissaient avec une pointe de méchanceté pour les punir de leur insouciance. Ils adoraient faire des farces aux passants solitaires qui s’aventuraient un peu trop loin dans leur forêt et qui ne retrouvaient plus leur chemin. Tout était bon pour leurs faire peur.

    A l’appel au secours des fées et après leur avoir expliqué ce qu’il en était, ces petits démons de petits bonshommes verts acceptèrent, contre quelques pièces d’or et pierres précieuses, de remonter le cour à sec de la rivière afin d’aller se rendre compte par eux même de ce qu’il advenait de sa source. Les fées, les elfes et les lutins partagèrent les frais de ce pacte avec les gnomes. Il fut convenu qu’une partie de la récompense leurs serait versée avant la mission et l’autre partie lorsque la rivière aurait retrouvé son débit normal. L'eau était, pour le moment, leur priorité...

    Un soir où dame lune qui avait été mise au courant du pacte du peuple des forêts et bois avoisinants, se mit à éclairer tout particulièrement tout ce qui pouvait avantager de ses rayons bienfaisants, la recherche de la source de notre rivière. Les gnomes s’en allèrent effectuer leur mission de sauvetage. Ils ne voulaient pas se l’avouer; mais eux aussi avait besoin de la rivière et c’est d’un commun accords qu’ils s’appliquèrent à échafauder un plan infaillible pour sauver le bien le plus précieux, bien plus précieux encore que tout l’or et les diamants du monde: l’eau. Ils savaient, grâce à leur vécu qui se chiffrait en centaines d’années, ce qui était bon pour la planète. Tout ce qui vivait était constitué d’eau! Plus d’eau: plus de vie! C’était aussi simple que ça!

    Ça discutait dur pour mettre au point un stratagème fiable afin de rétablir l’ordre des choses. Les gnomes arrivèrent à l’emplacement de la source qui n’était plus visible à cause des dégâts occasionnés par les hommes de peu de conscience. A la place, dans le lit de la rivière, il n’y avait plus qu’un sol boueux. Juste avant l’endroit présumé de la source, s’érigeait un immense mur très épais de plus de trois cent mètres de haut. L'arc-en-ciel ne leur était plus d'aucune utilité pour se déplacer; mais qu'à cela ne tienne! Les gnomes n’eurent aucun mal à escalader l’obstacle qui retenait le précieux liquide. Quelle ne fût pas leur stupeur de voir que l’eau de leur rivière, retenue de force, avait l’aspect d’un lac. Ils comprirent sans jamais avoir vu un barrage de leur longue vie, que ce vilain mur retenait leur eau et que les humains ne pensaient, encore une fois, qu’à leur propre intérêt.

    - «Qu’est-ce que c’est que ça?» S’écrièrent-ils d’une seule voix : Les gnomes en colère pestaient contre ce mur gigantesque qui retenait leur eau prisonnière.«Les humains ne manquent pas d’air! Alors, comme ça, tout leurs appartient?! C'est sûr qu’il ne reste presque plus d'eau pour nous et nos frères les arbres sans compter les fleurs et tout ce que vît grâce à l'eau! Regardez moi ce travail! Ils ont bloqué l’accès de la source pour leurs profits personnels. C’est inadmissible! Nous allons reprendre notre source et rira bien qui rira le dernier! Voici donc que le secret avait été découvert! La source se trouvait prisonnière derrière le barrage, ce qui constituait aux villageois des villes voisines une énorme réserve d’eau. Une grosse voix se fît entendre : c’était le chef des gnomes.

    - Voilà d’où viennent tous nos malheurs! Il faut remédier à cette aberration, redonner l’eau à notre forêt qui dépérit chaque jour un peu plus, et la rendre pour de bon, invisible aux yeux des hommes! Les fées et les farfadets ne sont pas assez méchants, assez coquins, assez farceurs, assez roublards et surtout assez puissants, assez méchamment méchants dans leurs tours de magie pour traiter cette affaire comme il se doit! Il faut que l’on agisse sans attendre! Allez! Au travail les amis!

     

    A suivre...

     

    Le vieux saule pleureur : Page -1- 

    N. GHIS.

    Texte écrit en 2009

     


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    Le vieux saule pleureur

    (Suite de l'histoire)



    Page -2-



    Par un tour de passe-passe magistral qui ne peut relever que de la pure magie, les gnomes firent disparaître, côté rivière, le mur et le transformèrent en chutes et cascades naturelles qui se déversèrent en un débit régulier vers son lieu habituel: c'est à dire, dans le lit presque à sec de leur chère rivière; mais le clou du spectacle, c’est que le barrage, au regard des humains, existait toujours du côté lac, ce qui n’empêchait nullement l'eau miraculeuse, du côté qui intéressait les gnomes, de remplir son office. Elle jaillissait de partout! Les cascades et les chutes majestueuses se jetaient allègrement dans le lit qui avait toujours été le siens. La rivière se mit à enfler et à reprendre son débit normal. heureuse d'avoir retrouvé sa liberté, elle se remit à serpenter joyeusement à travers la campagne, abreuvant, au passage, de son eau pur et fraîche, la végétation qui reverdissait à vu d’œil. Tous les animaux, qui avaient grande soif, accouraient de tous côtés afin se réhydrater. Les poissons retenu, eux aussi par le vilain barrage, frétillaient de contentement en dévalant les hautes chutes pour plonger dans l’eau déjà bien profonde qui leurs était nécessaire pour survivre. Ce n'est pas qu'ils étaient mal dans le barrage; mais ils ne pouvais se reproduire puisque leur lieu de ponte n'était plus accessible. En admirant ce spectacle, les gnomes, eux même, en avaient la larme à l’œil: ce qui ne leurs était pas coutumier et, forcément, sans savoir ce qui se passait réellement, eux aussi avaient commencé à souffrir du manque d’eau! Leur petits corps de gnomes s’affaiblissait, diminuant ainsi leur pouvoir. Ils n’échappaient pas à la règle! Ils leurs fallait de l’eau pour vivre! Ils étaient nés de la magie qu’offre une végétation en pleine santé! C’est pour cette raison qu’ils étaient, sans exception, tous verts. A cause du manque d’eau ils devenaient sans force et s’étiolaient, se rabougrissaient de plus en plus. Leur teint devenait terreux. Ils n’étaient déjà pas beaux; mais alors là, c’était le bouquet! Il étaient pitoyables et ne faisaient plus peur aux égarés qui, avant, dans les bois, se sauvaient à toutes jambes lorsqu’ils rencontraient un de ces petits hommes tout verts.

    Les gnomes avaient fait du bon travail et l’eau était justement partagée sans que les humains ne s’en aperçoivent. Ils se mirent tous ensemble à boire, à boire jusqu’à plus soif. Lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin, ils avaient doublé de volume et retrouvé tout leur aplomb et leur teint verdâtre. Après s’être bien désaltéré, les gnomes ne s’arrêtèrent pas en si bon chemin. Ils décidèrent de faire disparaître les routes qu’avaient construis, sans leur permission, les hommes. Par la même occasion, ils firent en sorte que ceux-ci ne puissent plus exploiter la forêt pour leurs propres intérêts. A partir de ce jour, des ronces géantes les empêcheraient de se frayer un passage et si les bûcherons essayaient de s’en débarrasser, il en pousserait d’autres instantanément. Les gnomes firent aux humains un sale tour de plus et à vie, ce qui laissait entendre que leurs outils et machines ne leurs obéiraient plus s'ils dépassaient les bornes.

    C'est ainsi que lorsqu’un bûcheron, plus malin que les autres, essaya de pénétrer dans les bois, sa tronçonneuse ne voulu pas démarrer. L’arbre à couper devenait dur comme l’acier, rendant la coupe impossible. Le bûcheron, dépité, s’en retournerait bredouille avec sa chaîne de tronçonneuse cassée. De plus, il avait bien plus de mal à retrouver son chemin. quand à ressortir de cet enchevêtrement de ronces qui lui barreraient le passage...

    Le petit monde enchanté des forêts et bois avoisinants étaient pris de fou rire en se régalant du spectacle qu’offrait à leurs yeux malicieux ces idiots de bipèdes en train de ce démener pour essayer de se frayer un passage. Et ça se prenait dans les ronces, juraient, insultaient toute la flore qui ne se laissait plus malmener. Ca rouspétait à tout va! Presque tous rentraient chez eux en haillons, les pantalons tout déchirés et se faisaient houspiller par leurs épouses mécontentes à cause du surplus de travail journalier occasionné par ces maudites ronces qui ne voulaient pas laisser le passage pas plus que les outils et machines qui, eux aussi, s'étaient joints à la farce. Les bons hommes étaient dégoûtés et furieux. Ils parlaient de la fôret et des bois comme étant des endroits devenus maudits sans qu'ils en connaissent la raison?... Les pauvres bougres n'avaient toujours pas compris leur erreurs et c'était bien triste!

    Comprenant que les hommes n'étaient pas prêt de changer de mentalité, le chef des gnomes décida, et ce, pour l’éternité, que les hommes malveillants n’auraient plus accès à la forêt ni aux bois tant qu’il ne changeraient pas de mentalité entraînant normalement un changement de comportement. D'un commun accords, les gnomes décidèrent que seuls les amoureux de la nature aurait l‘entrée libre dans leur monde. Les destructeurs, les profiteurs seraient bannis à jamais de ce lieu qui représentait, à lui tout seul, une partie importante d’un écho système complet et ce n'était qu'un petit exemple de ce qui devrait se passer dans le monde si l'on voulait conserver notre planète intacte pour les générations à venir et c'est de cet avenir dont la planète dépendait aujourd'hui...

    En un clin d’œil, les arbustes, les fougères, les ronces: surtout les ronces, envahirent tous les passages. Elles se firent très grosses et s’entremêlèrent sur les chemins: là où il n’y avait plus que clairières et routes goudronnées. Il n’existait plus aucun moyen de pénétrer dans cette superbe forêt qui devait restée telle qu’elle était à l'origine de la naissance du monde. Pour les bois qui entouraient les hameau et les villages, c’était la même chose: ils avaient repris une apparence des premiers temps lorsque la végétation était, avant les transformations, luxuriante. Aux hommes de trouver d'autres idées pour avancer et progresser...

    Les gnomes, heureux des bons tours qu’ils venaient de jouer aux humains et pour la première fois de leur vie, fiers comme des pans d’avoir redonné sa beauté d’antan à leur territoire, s’en retournèrent tout joyeux et même en chantant, rendre visite aux fées qui les attendaient avec l’autre partie du trésor promis s'ils avaient pu retourner la situation pour le bien de tous.

    Ils trouvère celles-ci bien tristes car rien ne s’était produit depuis leur départ. Notre saule, à force de pleurer toutes les larmes de son corps, avait maigri. Petit à petit, ses forces l’avaient abandonné. Il se laissait dépérir et il ne lui restait plus que son écorce qui commençait à se craqueler de partout. En voyant le tableau qui s’offrait à leurs yeux, les gnomes se mirent à rire de bon cœur tout en expliquant qu’il fallait laisser le temps à l’eau de revenir. La source était quand même loin en amont! On ne s’entendait plus, tellement tout le monde parlait en même temps. Le chef de gnomes fît taire ses sujets afin de pouvoir en placer une. Les fées et les elfes en firent autant et les lutins comme les farfadets suivirent l’exemple. Le chef des gnomes se racla la gorge et il put ainsi expliquer le bon tour que ses sujets et lui, venaient de jouer aux humains, laissant le barrage intacte de leur côté et transformé en chute et cascade du côté de leur chère forêt. Ils expliquèrent aux fées, lutins et farfadets qu’ils avaient fait disparaître les routes et les clairières, par magie, ils avaient reconstitué les espaces vides de nouveaux arbres déjà à maturité, fait revenir les ronces et toute la végétation présente en ces endroits avant que l’homme ne passe par là et ne dévaste tout. A partir de ce jour, seuls les amoureux de la nature auraient le droit de pénétrer dans leur forêt. Les autres, les destructeurs d’environnement ne pourraient plus jamais apercevoir ni la rivière, ni les routes qu’ils avaient construites et qui, petit à petit, se détruiraient d'elles-même par manque d'entretient.

    Plus aucun arbre ne pourrait être abattu pour leur usage personnel et lorsqu’ils regarderaient du côté de la forêt, ils ne verraient plus que l'illusion d'une magnifique forêt devenue infranchissable pour eux. Le mirage serait parfait et comme tôt ou tard la chose devrait se produire, ils seraient tout étonnés de voir le niveau du barrage baisser sans en comprendre les raisons puisque tout, pour eux, semblait, en apparence, normal.

    Pendant que fées, lutins, farfadets et gnomes discutaient, l’eau commença à faire entendre de petits gargouillis entre les pierres du lit asséché. Les petits clapotis se mêlèrent aux gargouillis, ce qui rendit le son plus distinct à leurs oreilles. On entendait plus une seule mouche voler. Le chant de l’eau valait bien son pesant d’or et chacun d’écouter son agréable bruit. Les poissons bondissaient hors de l’eau pour y retomber aussi sec. Des cris de joie résonnèrent partout dans la forêt enchantée. Les grosses racines de Maître Saule qui s’étaient déterrées pour entraîner notre vieil arbre ailleurs, se mirent à boire tout leur saoul pour retrouver, elles aussi, leur taille d’avant la sécheresse. Les petits animaux se pressaient les uns contre les autres pour avoir accès à l’eau. Le vieux saule, sentant la vie revenir dans ses veines, se mit à rire de son bon gros rire de saule: ce qui fît tout trembler aux alentours. Enfin ils avaient retrouvé la joie de vivre! Tout reverdissait à vue d’œil et tout le monde faisait la fête. Notre vieux saule pleureur promit de ne plus pleurer que pour des événements heureux. Les gnomes reçurent la récompense promise pour leur bons et loyaux service; mais pris d’une soudaine générosité, ils décidèrent de refuser le reste du trésor, estimant qu’ils avaient largement été payé de retour en s’apercevant que tout en ayant sauvé leurs camarades du désastre, ils s’étaient sauvé eux même d’une mort certainement affreuse et lente. Les petits hommes de la forêt ainsi que toutes les fées décidèrent d'un commun accords de ne plus rentrer en discorde et de fraterniser afin de s'entraider. Le vieux saule leurs fît une promesse solennelle:

    -"Je suis le bon vieux grand saule pleureur de ce coin de paradis et à ce titre, je vous promets de toujours vous protéger aussi longtemps que Dieu me prêtera vie. Avec votre aide, nous leurs tiendrons tête à ces humains dépourvus de sensibilité! Si nous protégeons bien notre domaine, nul ne viendra plus le dévaster, ne serait-ce qu'un petit bout de lopin de cette partie de la foret! Nous veillerons les uns sur les autres à jamais! Merci mes amis pour avoir fait renaître notre rivière!"...

    Le vieux saule pleureur : page -2-

    La Rose De Janvier : Texte écrit en 2009

     

    Ce conte, sans prétention aucune, ne mérite t-il pas, sans nul doute,

    une profonde réflexion sur l'état de notre planète?...

    Le vieux saule pleureur : page -2-

     


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    Le vieil arbre et Florella la petite fée   

    Le vieux chêne et Florella la petite fée

      

    C'est le genre d'histoire que l'on racontait à la veillée

    aux petits enfants, bouche Bée, devant une grande cheminée allumée

    ou l'on buvait une boisson bien chaude comme le cidre chaud,

    et ou l'on croquait des châtaignes grillés.

    Cela s'appelle encore : " La bolée Normande "

     pour ceux et celles qui connaissent.

    Les grands enfants peuvent aussi rêver en lisant ce conte...

     

    Le vieux chêne et Florella la petite fée

     

    Le vieil arbre et Florella la petite fée  

     

    Le vieux chêne et Florella la petite fée 



    Du haut de sa montagne, un arbre centenaire, avec sa mine altière, dominait la campagne. Il avait grandi là, sous la voûte du ciel en tirant sur ses bras pour toucher le soleil. Grand Chêne, plein de sagesse, majestueux et beau, protégeait de son aile toutes sortes d’animaux; mais, oublié des hommes, il espérait en vain pouvoir, un beau matin, abriter un gamin. Notre arbre, malheureux du manque d’amour d’autrui, Espérait en l’humain et attentait l’ami; mais il ne savait pas l’égoïsme des hommes. Perché sur sa montagne, il ignorait le monde. Pourtant, il voulait voir jouer tous les enfants. Il voulait les connaître, s’en faire des amis. Abriter les amours de jeunes adolescents. Voir pique-niquer les couples à l’ombre de ses branches, rendre service aux gens, faire de l’ombre aux petits. C’était là, tout son rêve!Pour avoir vu périr forêts entières et bois jolis aujourd’hui disparut par la faute des hommes, connaissant l’âme humaine bien plus qu’elle ne le voudrais, Florella: la petite fée qui habitait le chêne depuis bien des lustres, lui répétait sans cesse:

    - Non! Surtout, n’y va pas! Tu pourrais regretter d’avoir osé un pas! Les hommes ne pensent qu’à eux! Ils ne prennent soin de rien! Ils ne savent pas gérer notre mère la terre! Tu veux te retrouver en bûches un beau matin? Je vais y aller pour toi et au retour tout te raconter; mais fais-moi la promesse de ne pas bouger! Attends que je revienne! Ce ne sera pas long! Après, tu choisiras la meilleure solution pour te sentir pleinement heureux. Et ne sois pas grognon parce que je m’en vais seule! Avant que tu ne dégages tes racines du sol, je serai de retour et ne te cacherai rien.

    Grand chêne bougonna bien un peu: ce n’était pas l’envie qui lui manquait de soulever ses grosses racines pour descendre juste un peu plus bas afin de suivre Florella de ses nœud! Euh! Pardon! De ses yeux, voulais-je dire. Cependant, il préféra rester sage et ne bougea pas un seul petit doigt… de pied.

    Le chêne, lui, n'a qu'un seul pied, même s'il a plusieurs doigts de par ses branches, tandis que je considère ses racines comme des milliers de petits doigts... de pieds. Il fallait y penser! Soit dit en passant que c'est "une Lapalissade" que je vous décrit là!... HA!HA!HA!

    Par un beau clair de lune, pour son ami le chêne, la petite fée Florella, décida d’aller voir les gens de la vallée. Se sachant invisible, elle attendit le matin puis fit tout le village. Vît un homme qui coupait du bois pour son chauffage. A la menuiserie, elle vît des arbres entiers, pour devenir des meubles, se faire découper. Le rabot à la main, elle vît le charpentier raboter sans remord les planches d’un tronc séché, réduisant le surplus à de simples copeaux, chevilles d’assemblage, allumettes en tous genres après que les belles planches, il est vrais, eut été transformés en tables, chaises, armoires, lits, buffets, fauteuils, bancs de fermes, pupitres d’école bureau, papier et j’en oublie...

    C’est vrai qu’ils étaient beaux ainsi devenus meubles! Qu’ils étaient bien utiles transformés en feuilles de papier! Mais qu'adviendraient-ils d'eux, après? C'en était finit pour eux! Ils ne pourraient jamais plus avoir de descendance? C’était grave! Déjà la forêt se dépeuplait et mourrait doucement. La flore et la faune disparaissaient sans un bruit et l’homme fermait les yeux, préférant rester dans le déni complet des ravages qu'il causait. Qu’avaient été ces arbres avant leur transformation? Un frêne, un châtaigner, un peuplier, un sapin, un boulot?

    De leur beauté première, il ne restait plus rien. Sacrifiés à jamais sur l’autel du progrès, la forêt s’en allait en feu de cheminée, se transformait en livres, en cahiers, en crayons, en carton en jouets, en sciure et en bois de charpente sans que l’on n’y puisse rien. Le bois était partout: mais là où il devait être, il n’y avait plus que des terrains dénudés.

    Florella était tout à fait consciente des besoins des humains; mais ce qu’elle leurs reprochait, c’était de ne pas songer au reboisement, de façon à toujours sauvegarder tous les endroits boisés pour leur survie car les arbres étaient bien plus utiles au monde, plantés, plutôt que de finir par ne plus exister et entraîner ainsi catastrophes sur catastrophes et nous savons tous de quoi je parle! Ce conte n’est là que pour faire prendre conscience de ce que nous infligeons à notre terre! Un sujet parmi tant d’autres à aborder pour notre propre survie, ne serait-ce que pour limiter la pollution, les gaz à effets de serre. Il ne faut pas oublier que les arbres absorbent notre surplus de gaz carbonique et nous fournissent en oxygène! Si nous supprimons trop d’arbres! Nous ne pourrons plus respirer! Il ne faut pas penser qu’au moment présent! Il faut aussi œuvrer pour l'avenir de nos enfants et nos petits enfants; mais pour cela, il faudrait que les mentalités changent! Ca commence et pour que vraiment les mentalités changent, il y a encore du boulot surtout les lobbyings! Ils se fichent complètement de la planète du moment que tout ce qui est monnayable rapporte!...

    Mais revenons en à nos moutons. Euh! pardon: à notre arbre qui voulait connaître les hommes. Donc, nous n’étions pas loin des fêtes de fin d’année. La neige avait recouvert prés, chemins, toits de maisons et collines. Tout était blanc. Les luges et les bonshommes de neige surgissaient de partout.

    Les enfants, insouciants et heureux, se lançaient des boules de neige pendant que les parents se préparaient au plus grand événement de l’année. Les maîtresses de maison allaient avec leurs grandes filles faire des courses pour les préparatifs de Noël. Les pères, suivit par leurs grands fils accompagnés, bien souvent, des grands pères, allaient dans les bois avoisinants pour découvrir la perle rare: le plus beau et le plus grand des sapins qui ferait la fierté de leur maison. Tout ce beau monde partait à la recherche de l’arbre tant convoité qu’ils pourraient trouver à exposer, pas trop prés de la cheminée pour qu’il ne prenne pas feu et qu’il ne perde pas ses épines trop tôt, comme l’exigeait la tradition, la hache sur l’épaule pour les anciens et pour les jeunes gens plein de fougue et de force, la tronçonneuse devenu l’outil indispensable et de rigueur pour ne pas trop se fatiguer.

    Les tronçonneuses faisaient l’objet de toutes les convoitises de la part de ceux qui n’en n’avaient pas. Qu’importe! Les jeunes s’aidaient entre eux et ils s’amusaient bien de regarder faire les anciens s’échinés et se démener de façon à venir à bout de la coupe du sapin choisit. En fin d’après midi, Chacun revenaient à pieds ou en voiture équipées de pneus neige, arborant avec fierté leur magnifique trouvaille.

    Par le comportement tout à fait démesuré en cette préparation de fête, à n'en pas douter une seconde, Florella constatait que les humains aimaient le sapin au point d'en vouloir un tous les ans chez eux pour les fêtes de Noël. Ils aimaient cet arbre parce qu'il restait vert toute l'année et qu'il avait une odeur particulière de résine très agréable. De plus, il était très facile à décorer, ce qui lui donnait un air majestueux et royale. Lorsqu'il était paré de ses plus belles décorations, les enfant en prenait plein leurs yeux et les adultes aussi. Le sapin symbolisait vraiment bien cette fête de Noël. C'était des atouts non négligeables! Mais à y regarder de plus prêt, cela ne lui était pas bénéfique et le menait tout droit à sa perte. Grâce à ses qualités, il était l'arbre le plus prisé pour les fêtes de fin d'année. Le sapin devenait, par excellence, le centre d'attraction de chaque foyer. Pendant les quinze jours de réjouissances que représentait Noël et jour de l'an, il était honoré dans toutes les maisons. Il est vrai que pour les jours les plus importants de l'année, c'était bien un beau sapin qu'il fallait chez sois! Un bien beau sapin fraîchement coupé le 24 décembre comme le voulais la tradition, fleurant bon la résine qui révélait, à elle seule, par son odeur incomparable, la période de l'avant et permettait aux enfants, après la messe de minuit d'attendre le réveillon et de rêver au passage du Père Noël par les trous de cheminée... Mais au fait? Comment faisait-il lorsque les cheminée étaient allumées? Et bien! C'est tout simple: il ramassait de la neige sur le toit qui en était recouvert d'une épaisse couche et il en lâchait de grosses poignées jusqu'à ce que le feu s'éteigne. Le père Noël, était malin et c'est pour cela que le matin, en venant découvrir vos cadeaux, vous trouviez toujours le feu de cheminée éteint. Aujourd'hui, dans les maisons qui possèdent une cheminée, le Père Noël agit toujours de même; mais pour les appartements modernes, il vaut mieux penser à laisser la porte fenêtre du balcon entrebâillée légèrement de façon à lui faciliter la tâche! Si il vous venait d'oublier la porte fenêtre du balcon, Père Noël avait un passe partout universel et cela lui facilitait bien la tâche!...

    Noël! Le grand moment magique pour les enfants! Le mystère du Père Noël entrant dans les maisons par les cheminées, pour déposer les cadeaux au pied du magnifique sapin enluminé.

    - « Chers parents, vous savez de quoi il en retourne concernant le papa noël. Mais jouons le jeu jusqu’au bout. Nos petits sont si heureux lorsque le Père Noël passe par la cheminée ou la porte fenêtre du balcon que nous avons pris soin de laisser entre baillée pour lui".

    Permettez que je referme la parenthèse pour continuer mon histoire? En plus, on commence à se geler avec cette porte fenêtre ouverte! la chaleur s'en va! Fermez vite: J'ai froid, moi!...

    Donc, les familles, en ces fêtes qui arrivaient à grands pas, s’affairaient autour des fourneaux et pendant que les dames se préoccupaient de ne rien oublier en ces circonstances particulières, les messieurs et leurs enfants décoraient la maison, après le sapin qui passait, bien sûr, en premier. Ca se chamaillait pour savoir qui allait mettre l’étoile du berger tout en haut, à la cime de l’arbre. L’effervescence était à son comble! Les maisons étaient décorées à l'intérieure comme à l'extérieur les bout de jardins de chacun et tous les villageois faisaient leur tour pour admirer les décorations par les fenêtres du salon de chaque maison, le beau sapin enrubanné et tout illuminé. Quel spectacle pour les yeux! Une seule ombre au tableau pour la petite fée du chêne: la destruction de la forêt de sapin...

    Ah! Ces humains! S’écria Florella en colère. Ils n’ont pas conscience du mal qu’il vont causer à la longue par le simple fait de choisir tous les ans, un sapin, de lui supprimer la vie pour le plaisir et la fierté de l’exposer dans leur salon, devant la famille et les amis, pendant un laps de temps ne dépassant pas deux à trois semaines et quelques fois moins au regard des mois et des années qu’il aurait fallu à cet arbre pour devenir adulte. Pour les humains, un noël sans sapin n’était pas concevable! Florella, toujours invisible, comptabilisait toutes ces allées et venues frénétiques d’un œil réprobateur et n’en perdait pas une miette. Des sapins coupés, il y en avait tellement, qu’elle en avait perdu le fil! A travers les fenêtres des maisons, rien ne lui échappait: les guirlandes lumineuses, les guirlandes scintillantes, les boules jaune, vertes, rouges, bleues, blanches, dorées ou argentées, la neige artificielles sans oublier le papier rocher pour installer la crèche et les santons: tout était fin prêt pour recevoir le petit Jésus la nuit de la nativité. Ne voulant rien manquer des coutumes des hommes, Florella écarquillait ses yeux émerveillés par la beauté du spectacle et furieuse à la foi de constater ce beau gâchis concernant ses amis les sapins. Bien sûr que l’effet rendu était magnifique! Bien sûr que le roi des forêts était honoré! Tout ça, c’était très bien! Mais qu’allait-il advenir ce roi des forêts après la fête? Sans ses épines qui immanquablement se déshydrateraient et tomberaient à cause de la chaleur des maisons, il se déplumerait et se retrouverait comme un vulgaire poulet prêt à rôtir sauf, que lui ne serait pas rôti; mais brûlé quand on ne le retrouverait pas jeté dehors n’importe où: à la poubelle pour ceux qui n’avaient pas de cheminée ou abandonné lâchement sur les trottoirs et les chemins de terre qui avaient échappés encore à l'urbanisation: "ni vu ni connu, je t’embrouille"!…

    Ces jeunes sapins aux branches encore tendres qui, jadis se dressaient fièrement, armées de leurs épineuses d’un beau verts encore clair, ces mêmes jeunes sapins n’avaient plus que des branches mortes qui ne constituaient que l’armature d’un squelette d’arbre tout rabougrit, seule victime muette, dépouillée de sa magnificence originelle. Florella ne pu s’empêcher de se projeter de quelques centaines d’années en avant et ce qu’elle découvrit lui fît froid dans le dos: la planète était pratiquement devenue un désert là où avant il n’y avait que bois, prairies verdoyantes, rivières lacs et forêts, il n'y avait plus que du béton: tout n'était plus que routes et gratte-ciel. Les espaces verts si nécessaires à la vie des humains n'existaient plus. Avec les années passants , tout avait été décimé par leurs cupidité, leur inconscience, leur irresponsabilité etc.

    En 2050, ne restait plus des rescapés de la race humaine qui se déchiraient pour un peu d’eau et par voix de conséquence, pour la nourriture, de quoi s'habiller car rien ne poussant plus, tout était caution à querelles quotidiennes. Qu’était devenue la splendeur de ces arbres ornant la montagne, les pleines, les vallées? Qu’étaient devenus ces rois de la forêt à qui on avait ôté la vie par plaisir, pur égoïsme, pour sa satisfaction personnelle et surtout par ignorance. Qu’allait-il advenir de nos belles forêts et de nos bois jolis s’il n’y avait plus d’arbres? Si la terre perdait une de ses principales sources d’oxygène: les arbres. Tous les arbres?!… La nourriture qui devenait de plus en plus rare, faute bien sûr du manque d’eau et d’insectes pour la politisation? Plus de fleurs puisque plus d’abeilles ni papillons ni oiseaux pour les butiner. Le soleil brûlait les derniers végétaux qui essayaient de s’adapter à l’aridité des sols. L’érosion était partout! Les seules personnes encore vivantes ne sortaient que la nuit à cause du soleil brûlant et chacun d’espionner l’autre pour en tirer profit. Pour survivre, Les hommes allaient même jusqu’à s’entre-tuer. La planète était devenu un enfer.

    - C’est bien ce que je pensais! Se dit elle tout haut. En l’année 2010 qui va commencer, il faudrait songer à faire des efforts et devenir raisonnable! Il ne reste guère de temps pour faire marche arrière et renverser la vapeur! (clin d’œil). A ce train là, notre forêt et toutes les forêts du monde ne tiendront pas longtemps et nous non plus! Peut-être encore une trentaine d’années et ce sera le commencement de la fin! Le compte à rebours a déjà commencé… Elle en avait assez vu. Il fallait repartir et affronter son époque qui, somme toute, n’étaient pas encore si mal par rapport à ce à quoi elle venait d'assister!…

    Après bien des tourments et mûres réflexions, Florella prit une résolution: il fallait, sans tarder, trouver une solution pour protéger son arbre de la destruction. Il n’était pas souhaitable pour son ami le chêne qu’il quitte sa montagne pour vivre auprès des hommes. Il serait bien vite coupé pour prendre d’autres formes sans même qu’on se soucia s’il souffrait car, à part les petits être des bois et des forêts, nul ne pouvait entendre les plaintes des arbres en souffrance, toutes catégories confondues.

    L’homme se voulait juste. L’homme se voulait bon; mais il allait à sa propre extinction en détruisant tout sur son passage. Sans bien se rendre compte des ravages qu’il causait, tout en creusant sa tombe, sans cesse il avançait. Il avançait pour qui? Il avançait pour quoi? Pour son propre intérêt? Pour produire plus encore et faire plus de profit? Pour se remplir les poches de beaux billets tout neufs fait de papier dont plus personne ne peut en ignorer la provenance à l’heure d’aujourd’hui!…

    Tout en s’apitoyant, se désolant quant au futur du globe terrestre et de ses quelques survivants, la petite fée du chêne, constata par elle-même ce qu’elle soupçonnait déjà depuis longtemps. L’avenir, si l’on pouvait parler d’avenir, à l’échelle de cette vallée encore partiellement vierge, ne présageait rien de bon. Ce que les humains feraient par cupidité de la terre, n’était pas si éloigné que cela de notre époque où notre terre est encore vivable et relativement dans une santé qu’on pourrait qualifié de, comment dire? Précaire… Mais deux cents ans! Ça passe vite! Très vite!…

    D’autres hommes étaient à l’œuvre, sacrifiant des forêts entières au nom de leur propre enrichissement. Ils exploitaient sans se soucier de l’avenir du monde. Ils en avaient rien à faire! Dans deux cent ans, ils ne seraient plus là pour constater les dégâts! Autant bien vivre maintenant! Qu’est-ce qu’ils en avaient à faire des autres être vivants? Peu leurs importait la faune, la flore, leur descendance!… Parce que c’était de ça qu’il s'agissait!

    d'Après ce à quoi elle venait d’assister, elle ne se faisait pas d’illusion! Les hommes exploitaient tout et n’importe quoi jusqu’à peler la terre comme une simple orange.

    Dégoûtée, révoltée et très désappointée, la petite fée du grand chêne réintégra la chaleur du cœur de son arbre, ramenant avec elle moult renseignements, décidée à convaincre de son mieux son vieux têtu de chêne. D'abord, il rouspéta qu’elle fut si longue; mais elle lui expliqua l’affaire tout en détails. L’arbre ouvrit de grands yeux ahurit n’en croyant pas ses oreilles et ses nœuds. Florella lui proposa un marché. Voulait-il, en songe, se rendre compte, par lui-même de ce que serait la planète dans deux cents ans de là? Grand Chêne ne voulu pas connaître le déclin de la vie sur terre. Il comprit alors, que l’air qu’il respirait en haut de sa montagne, était plus saint qu’en bas, et que les bûcherons, s’ils s’en venaient par là, de leur tronçonneuse et de leur hache complice, en planches et bûches le réduirait…

    Il valait mieux pour lui, rester sur sa montagne où il vivait tranquille entouré d’animaux. Dans ses branches, les oiseaux faisaient leur nid au chaud. Au creux de ses racines se trouvaient plusieurs entrées de terriers où les petits lapins s’abritaient pour nicher. Les écureuils malins, après avoir prévu leur récolte pour l'hiver, sortaient de leur abri pour lui chaparder les glands tombés à terre bien caché sous le feuillage recouvert de neige dont il se nourrissaient abondamment. Les Biches mettaient bas et allaitaient leur fan au creux de son gros tronc, sur un lit de feuilles sèches qui servait de litière, bien en sécurité. Tout chez lui n’était que bonté. Notre chêne avait, sans nul doute, toute son utilité. Pourquoi songer à partir et s’en aller je ne sais où? Pourquoi risquer sa vie par pure curiosité? Sa décision fût prise et resta sans appel. S’il voulait profiter encore un peu de la nature telle qu’il la connaissait actuellement? S’il voulait que sa vie se termine naturellement avant le grand chambardement causé par l'irresponsabilité des hommes. Il fallait qu’il trouve un stratagème pour échapper à ce qui attendait tous ses frères arbres. Il demanda aux fées, aux lutins, aux gnomes, aux farfadets, de faire tout leur possible pour dissimuler ce coin de montagne et sauver quelques uns de ses frères:

    - Rendez nous invisibles au regard des hommes venus pour nous détruire! Supplia le vieux chêne. Laissez le champs libre aux amoureux et à ceux qui aiment la nature! Je vous promets de vous protéger le restant de mes jours et tout ce coin de montage ne sera pas touché. Paix à mes frères les arbres qui vont se trouver dans ce périmètre invisible aux gens de mauvaises intentions! Moi, Grand Chêne, resterait ici car là est ma place. Je veux être leur refuge, leur ami, pourvu que le seigneur longtemps me prête vie, puisque j'ai enfin compris que ma place était là: moi, l'arbre solitaire! Votre grand chêne aux milles bras.

     

    N. Ghis.

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    Conte écris en 2004 . 

    Le vieux chêne et Florella la petite fée  


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