• La rencontre

     

    La rencontre

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    La rencontre

     

    J'étais secrétaire de direction et chaque soir, après une journée bien remplie au bureau, il me fallait encore prendre le train. Au sortir de la gare de Lyon, je me trouvais entraînée par le flot des gens qui, après leur travail, pressaient le pas, les uns pour attraper encore un bus et les autres, pour retrouver le nid douillet et chaud de leur domicile.

    Ce soir là ne devait pas être comme les autres; mais je ne savais pas encore ce qui allait changer le court de mon existence tout à fait ordinaire et sécurisée...
    Il est des fins de journées qui marquent et celle-ci devait en faire partie, sans aucun doute! Le mois de Janvier était très froid et je pressais moi aussi le pas afin de retrouver la douce chaleur de mon chez moi quand en tournant au coin de ma rue, je croisais un jeune homme à la chevelure brune et au regard d'un vert très clair qui vous pénètre jusqu'au tréfonds de votre être tellement la limpidité de ce regard est prenant. Le jeune homme était grand, les épaules carrées et pour tout vous dire, il avait un corps qui en disait long sur sa musculature. Je me suis sentie toute émue devant cette virilité que je devinais à peine sous son pardessus de loden beige."Je le connais ce jeune homme" me dis-je? Il habite trois pâtés de maisons plus loin que la mienne. Je balbutiais un "bonjour", n'attendant rien en retour. M'avait-il seulement entendu?...

    Quelques semaines après, au début de février, par un soir de hasard ou se mêlaient peut-être à ce jeu la destinée, juste au coin de ma rue, nous nous retrouvâmes encore une fois presque nez à nez. Je balbutiais comme les autres soirs un "bonjour" qu'il réitéra; mais ne sachant que nous dire d'autre, nous, nous croisâmes sans autre forme de politesse. Ces rencontres que l'on pouvait qualifier de fortuites, se répétèrent régulièrement jusqu'à la fin février jusqu'à ce qu'un beau jour, nous retrouvant dans les même situations auxquelles nous avions l'habitude de faire face, nous nous mîmes à rire. C'était vraiment trop drôle! De plus, j'étais gênée: très gênée. Il avait un rire franc ce qui ne l'empêcha pas de se perd en mots confus et pour couronner le tout, il me marcha sur les pieds. S'en suivit un petit: "Aïe!" de douleur que je laissais échapper. Surprit, il s'empressa de s'excuser encore une fois et profita de l'instant pour mieux m'apprivoiser, il me proposa un café que je n'osais refuser tant le jeune homme me plaisait. Mon orteil me faisait bien un peu souffrir; mais il fit tout pour m'aider à traverser la rue jusqu'au café de la place. Désolé par l'incident, il s'empressa auprès de moi et commanda deux cafés bien serrés. La barrière entre nous tomba tout naturellement et nous fîmes plus ample connaissance d'une bien étrange façon me sembla t-il.

    Il ne me lâchait pas du regard et ses yeux plongés dans les miens, il souriait. Je me sentais attirées par lui. Mon cœur battait la chamade. Mon instinct de femme me disait que cette émotion était partagée. Nous n'étions plus que deux dans ce café. La sale et tous ses habitués s'était dérobée à nos yeux et le temps semblait s'être arrêté. Il fallait s'en aller car la nuit était tombée sans que nous nous en apercevions. Il est vrai que nous avions papoté un bon moment sans nous occuper de ce qui se passait autour de nous. Nous sortîmes du troquet et sans nous en rendre compte, nous nous retrouvâmes devant chez moi. Il me baisa la main et s'en alla sans plus de manière. Cette rencontre enfin concrétisée me disait d'être prudente. Sa façon de prendre congé m'avait quelque peu surprise.

    Quelques jours plus tard, je le retrouvais sonnant à mon portail. À travers les voilages de mes portes fenêtre, je regardais étonnée la silhouette masculine qui se détachait très nettement derrière la grille envahit de lierre. Je me surpris à parler à haute voix:

    - « C’est le jeune homme qui m'a marché sur les pieds?» Me dis-je. Mais qu'est-ce qu'il fait là? Est-ce qu'il s'amuse avec moi? Que me veut-il? Moi qui ne me faisais pas d'illusions sur cette rencontre et qui n'y croyais plus du tout! Et bien! Qu'elle surprise!»

    J'entrouvris la porte d'entrée donnant sur l'allée qui conduisait au portillon de la propriété qui me séparait encore de lui. Je faillis défaillir en lui ouvrant. Je pensais: « Si ça continu, je vais me trouver mal! S'il devine mon malaise, que vais-je trouver comme excuse?» Il me pris à temps dans ses bras: la tête me tournait. J'avais si peur de tomber! Ses lèvres sur les miennes finirent de me faire défaillir. Un doux baiser se voulant rassurant m'invita à lui répondre. J'étais envoûtée, déroutée, décontenancée. Il hésita un instant et me dit d'une voix suave:

    - « Je ne pouvais plus attendre. Il fallait que je vous revoie!»

    N'osant trop y croire, je jouait les indifférentes quand il me prit la main. Je sentais sa chaleur m'envahir pourtant, je tremblais de froid et d'émoi. Il s'en aperçu et me conseilla d'aller m'habiller pour faire un bout de chemin avec lui. Je ressortie quelques instants plus tard et il était toujours là à m'attendre. Malgré m'être couverte pour un mois de mars pluvieux, je ne me sentais pas bien. Nous fîmes un bout de chemin sans parler, absorbés par nos pensées: les mots n'étaient pas utiles. Au bout d'une heure à peut près, nous, nous retrouvâmes de nouveau au portail de mon jardin. Nous dire «à bientôt» était, me semble t-il, au dessus de nos forces. Nos cœurs, chavirés par le courant qui passait entre nous, s'emballaient. Ma tête se retrouva contre sa poitrine. Je percevait les battements accélérés de son cœurs. C'était trop tôt! Je ne voulais pas de cette aventure ce soir pourtant, notre imagination nous emportait et nos corps désiraient aller plus loin.

    N'osant plus faire un geste de peur de nous trahir l'un l'autre, nous nous dîmes «à demain». Il nous fallut résister à cette attirance: faire taire nos désirs pour ne pas succomber à cette folie que nous sentions prendre de l'ascendant sur notre volonté. Nous nous éloignâmes l'un de l'autre à regret. Il déposa un baiser sur ma joue rougit par la le désir que j'avais de lui et il s'en alla sans un mot, d'un pas lent et tranquille, comme si nous n'avions rien ressentit.
    - « Il va se retourner»,me dis-je. «Je le sais! Je le sens!» Toujours plantée devant la grille de mon jardin, impatiente, j’espérais. Je pensais «Oh! Mon cœur va lâcher s'il se retourne et me fais signe de la main». C'est pourtant ce qu'il fît: son geste m'invitait à lui répondre. Ne pouvant faire autrement, j’obéis à son invite: j'étais sur un nuage. Je refermais la porte tout à ma rêverie. J'aurais quand même bien aimé qu'il ne s'en aille pas...

    Le dimanche suivant vers 15 heure, il se représenta au portail de mon jardin. Lorsque j'entendis la sonnette, mon cœur se mit à battre un peu plus vite me doutant que ce devait être lui. Je m'en assurais en écartant les rideaux de la porte fenêtre. Il m’aperçut et me fît un signe de la main. Je lui répondais de nouveau puis, je m'empressais de le rejoindre au portillon que j'ouvris brusquement, impatiente de me retrouver dans ses bras.

    - « Nous allons marcher un peu.» Me dit-il. «Ça vous dit?»

    J'acquiesçais de la tête. Aucun mot n'aurait pu sortir de ma bouche: j'étais comme pétrifiée, les pieds collés au sol. Il me pris encore la main me forçant à bouger une jambe et puis l'autre. Je me tordais les chevilles à chacun de mes pas et je n'osais avancer plus avant. Il me sourit et me fit d'un petit air moqueur:
    - « Allons jeune fille! Je vous fais tant d'effet que vous n'arrivez plus à tenir sur vos jolies jambes?»

    Toute rouge de confusion et au bord de la crise de nerfs, je me redressait, lâchait sa main et fière comme un pan, je lui montrais que je savais encore marcher sans son aide. Il se mit à rire de bon cœur tandis que trois enjambée devant lui, je fulminais. Il eu vite fait de me rattraper et sans ma permission, il repris ma main. Ensuite, tout s'enchaîna comme dans un rêve. Nous passâmes l'après-midi ensembles, en commençant par visiter un musé: Les sculptures et toiles de maîtres étaient très belles! Les objets d'art magnifiques; mais nous étions ailleurs et nous n'entendions que le battement de nos cœurs. Nos doigts s'entremêlaient et puis se démêlaient. Nous, nous effleurions à peine sans rien dire; mais nous nous frôlions quand même... Il me parla à l'oreille, me chuchota des mots doux. Son sourire charmeur me déstabilisait. J'étais sous son charme ravageur, toute étonnée de cet amour naissant qui me donnait le vertige. Je fus surprise lorsqu'il m'attira à lui, toucha mes cheveux délicatement, prit mon visage entre ses mains et tout en pressant tendrement ses lèvres contre les miennes, il me dit dans un souffle:

    - « Laissons faire le temps. Il est là, devant nous! Il est là pour que nous nous découvrions, que nous nous, apprécions, que nous nous apprivoisions et que nous nous aimions si ce que nous ressentons n'est pas un leur. Je ressens quelque chose de tendre à votre égard. Je croie que je vous aime déjà et vous, jolie demoiselle? M'aimez-vous? J'attendrais la réponse autant le temps qu'il faudra.»

    Il n'eut pas besoin d'attendre longtemps: étrangement troublée, je lui murmurais:

    - « Je ressens également la même chose que vous depuis le premier jour ou je vous ai croisé en sortant de la gare: Vous tourniez le coin de ma rue et il s'en est fallu de peu que l'on ne se percute!»

    Il eu un autre sourire et ajouta:

    - « J'étais bien conscient que cette rencontre ne devait pas s'arrêter ainsi, aussi banalement. Même si je ne fît pas grand cas de ce télescopage tout à fait involontaire. Je vous avait aussi remarqué bien que je n'en laissais rien paraître. Vous m'avez fais grande impression ce jour là et je comptais bien vous revoir. Je connaissais votre adresse pour passer chaque jour devant votre domicile. Cette grande maison est à vos parents?»

    - « elle était à mes parents; mais ils ne sont plus. Je suis fille unique.»

    - « Ah? Pardonnez mon indiscrétion. Je suis impardonnable! Je vous croyais encore chez vos parents et je me demandais s'ils voyaient un inconvénient à ce que l'on se fréquente.

    - « Et bien, vous êtes tout excusé pour votre indiscrétion. Sachez que je ne veux pas brusquer les choses entre nous parce qu'il vaut mieux, même si notre attirance est forte, que nous prenions notre temps pour apprendre à mieux nous connaître et nous faire confiance. C'est important pour moi. Je ne veux pas me tromper même si j'ai envie de croire à notre histoire! Vous comprenez?»

    Il me répondit:

    — « Ne t’inquiète pas! Je suis patient et je ne veut pas te brusquer. Nous avons tout notre temps devant nous! Je ne suis pas homme à brûler les étapes concernant notre relation. Moi aussi je veux être sûr de ton sentiment envers moi. Nous avons l'avenir devant nous pour apprendre à nous connaître et nous aimer ».

    Il me pressa plus tendrement contre lui et, pour la première fois, je me laissais aller sur son épaule sans autre arrière pensée que d'essayer de lui accorder ma confiance moi qui, d'ordinaire, n'était pas d'un abord facile. Il avait réussi à faire tomber en peu de temps les barrières que j'avais construites autour de moi pour protéger mon petit monde et mon petit bien être loin des tracasseries de l'amour.

    N. Ghis

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    Texte écrit en 2005

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  • Commentaires

    1
    Samedi 23 Juillet 2016 à 08:50

    Révérence chère Ghislaine,

    J'ai bien aimé ta nouvelle, belle histoire romantique et bien racontée.J'adore ta plume ! Cela fait du bien de lire des belles choses dans le monde morose dans lequel on vit...Un peu d'évasion et de rêve fait du bien ! smile

    Nouveaux articles dans mes blogs ma douce amie.Sur quatre blogs, je poste surtout dans deux.Je ne suis pas débordée donc ça va.

    Passes un agréable samedi, gros bisous et amitié de Florence    

    2
    Mardi 6 Septembre 2016 à 11:52

    bonjour gigi je viens de lire cette histoire qui m a donne les larmes aux yeux tellement ça prend bien belle histoire tu ecris si bien gigi bisous elyci

      • Mardi 6 Septembre 2016 à 13:42

        Merci elyci, La croisière te plaira également si tu prends le temps de la lire et je peux t'assurer que tu va partir loin avec ce paquebot. L'amour y est présent et les hommes y sont galants. J'aime les hommes romantiques! J'aime le romantisme dans l'amour! Je n'aime pas la vulgarité chez un homme. Je vois que tu es pareil que moi! La croisière te plaira. J'en suis persuadée! Gros bisous et à plus tard... 

    3
    Mardi 6 Septembre 2016 à 16:10

    Bonjour ghis; et bien voila une histoire bien romantique celle que toutes les jeunes filles rêvent de faire ,pour trouver l'amour de leur vie car il y a toujours un homme romantique qui passe dans chaque destinée .bravo pour et merci de ce romantisme continue c'est aussi t'a destinée voila

    avec toutes mes amitiés livio   

      • Mardi 6 Septembre 2016 à 17:26

        Bonsoir mon cher Livio,

        Je suis heureuse de t'avoir sur les ondes aujourd'hui! merci mon cher ami pour ce compliment qui me touche beaucoup. Oui, je suis une incorrigible romantique! J'ai les hommes qui n'ont pas peur de revendiquer leur romantisme! J'aime les hommes correctes et tu es un homme correcte!  Comment vas-tu? Je viens de découvrir ton gentil message et je m'empresse de te répondre pour ne pas oublier. tu as vu que sur mon premier blog qui a changé de présentation lui aussi, Je suis en train d'y poser un roman ue j'ai écris il y a très longtemps, et que j'ai envie de vous faire connaitre. C'est mystérieux. Je suis en train de publier le troisième chapitre et il plaît. Quand est-ce que l'on te reverra sur ton blog? Tu me manque mon cher Livio. J'aime ton honnêteté et ça me fait de la peine de ne plus te voir! Je te souhaite une bonne fin de journée et une bonne soirée! gros bisous, Ghis.

         

    4
    Mardi 6 Septembre 2016 à 17:48

    bonsoir Ghis ,et merci de ta réponse rapide tu sais que je vient lire de temps en temps ce n'est pas ma grande passion :mais j'aime t'es écris et cela me plait de te rendre visite sur ton blog .Non je n'ai pas lus ta nouvelle mais je vais y aller car je suis sur que ça vas me plaire: sinon ma santé vas beaucoup mieux et je me remet a la musique un peut je ferrais quelques enregistrements bientôt,non je ne pense pas ré-ouvrir un blog mais je te demanderais peut être une petite place chez toi hi hi hi (rire ) voila ma chère je te fais toutes mes amitiés livio     

      • Mardi 6 Septembre 2016 à 17:52

        Tu me diras comment faire car je n'y connais absolument rien de rien! LOL! Je suppose que tu iras sur le blog des chansons? Ce serait bien pour toi?  Je serais heureuse de t'accueillir! Gros bisous, Ton amie Ghis.

    5
    Mardi 6 Septembre 2016 à 18:49

    oui bien sur j'ai déjà une page chez Bruno sur la quelle j'ai posté quelques une de mes chansons tu peut les écouter sur la page livio46 de ce blog cela me fait plaisir de nouvelles serrons bientôt disponible voila avec toute mon affection livio a bientôt   

      • Mardi 6 Septembre 2016 à 23:17

        Tu es mon ami, et un ami, c'est sacré! Je serai heureuse de te faire ce plaisir! Bisous et amitié, Ghis.

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