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    Ghislaine, il y a beaucoup de choses que personne ne sait de vous !

    Vous essayez de cacher certains aspects de vous,

     

    car vous les voyez comme une faiblesse,

     

    mais ils ne le sont vraiment pas !

     

    Vous êtes quelqu'un de fort intérieurement

     

    et vous essayez continuellement de faire ce qu'il faut pour cela.

     

     

     

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    La légende de Guillaume Tell

     

    Qui n’ aime pas les pommes ?  Moi ! Je ne supporte pas les pommes et j’en mange que très rarement. C'est drôle les coïncidences ! Je vous parle de pomme, et justement, j'ai une anecdote à vous raconter au sujet des fameuses pommes. je suis pourtant d'origine Normande même si je suis née à Paris !

    C'est une légende connue qui a beaucoup ravit les petits à l'époque où l'internet et autres babioles coûteuses pour les parents, n’existait pas. les enfants aiguisaient leur imagination avec la lecture : moi, la belle première.

    la chose dont je vais vous compter l'histoire, s’avère exacte en parlant de ce fameux fruit. Mais lorsque l'on aime pas les pommes, faut-il se forcer ? Et comme disait ma belle-mère qui était avec mon beau père, d’origine Espagnols, eux diraient :" Ça fait Télissia " ( frisson partout ) pour ceux et celles qui ne connaissent pas ce mot.

    Je ne suis pas sûr de l'orthographe, car je croie que c’est du patois espagnol ; mais  je n'en suis pas sûr. Tant pis. (rire) HÉ ! Oui, la peau et la chair de la pomme me fait cette impression, surtout si c'est quelqu'un qui croque juste à côté de moi, cela me faire exactement l'effet d'un morceau de craie sur le tableau noir de mon enfance. Une fourchette qui racle une assiette avec ses piques, me fait également le même effet : au choix. HI!HI!HI ! En m’étendant sur la question, me voici en plein dans une histoire de pomme très connue.

    Qui connaît en entier la légende de Guillaume Tell ?

    Ah ! Pour les pomme ! Je n'aurai pas été copine avec ce monsieur quoi que lui, les mangeait ; mais il s'en servait aussi pour une autre raison :  il devait viser, simplement, en se servant de ce fruit, la tête de son fils qui devaient le faire tenir en équilibre sur le haut de son crane sans bouger : il y allait de sa vie !

    Pas amusant du tout, sans compter qu'à cette époque, il ne valait mieux ne pas avoir besoin des services des médecins qui n'étaient pas très doués quant à leur médecine traditionnelles s'il y avait à intervenir là où, en théorie, l’on s’attendait à ce que la pomme chute pour laisser place à un crane dépourvu de cheveux ou s’imprimait un chemin dégarni : œuvre que la flèche de Guillaume tell aurait dû laissé comme trace sanguinolente sur le pauvre cuire chevelu du jeune garçon qui avait prêté, bien à contre cœur, son bourrichon comme cible. Heureusement que son père ne devait pas louper son coup !

    Si le bon Guillaume Tell avait été obligé d’exécuté cet ordre qui venait du gouverneur (cruel personnage de l’époque), c’est qu’il n’avait pas le choix : il devait montrer son adresse à l’arbalète, étant le meilleur arbalétrier de son canton. Le gouverneur, pour corser la difficulté, avait poussé le vice à exiger que ce soit son fils qui se prête à ce jeux malsain.

    Le bon Guillaume Tell était très malin et ne voulant pas exposer le précieux crane de son fils à la cruauté du gouverneur, trouva une autre astuce si il arrivait malheur à son unique enfant déjà grand.

    A cette époque, la Suisse dépendait encore du Saint Empire romain germanique. Les gouverneurs qui étaient envoyés dans chaque canton suisse pour représenter l'autorité de l'Autriche, étaient de véritables tyrans. Le gouverneur Gessler, n'était pas connu pour sa compréhension et sa grande mansuétude. Déjà, certains des plus courageux des habitants, s'étaient réunis pour fomenter un complot visant directement le gouverneur en jurant de rendre la liberté à leur pays au prix de leur propre vie.

    Tenu au courant du projet contre sa personne par une taupe à son service, le gouverneur Gessler décida de vérifier la loyauté de son peuple. Sur la place publique, il fit hisser son chapeau au bout d'une perche et exigea que chacun saluât à chaque passage son couvre-chef aux couleurs de l'Autriche.

    Personne n'osa braver l'ordre du gouverneur, sauf Guillaume Tell qui passait, comme je vous l’explique plus haut, pour le meilleur arbalétrier du canton. Celui-ci refusa de saluer l'emblème. Il fut arrêté sur le champ et conduit devant le gouverneur Gessler qui décida de ne pas le mettre immédiatement en prison mais de lui lancer un défi. Il ordonna que Guillaume Tell  et une flèche place Walter, son fils, au pied d'un arbre, une pomme sur la tête, fit reculer le père de 100 pas et lui demanda de prouver qu'il était bien le meilleur arbalétrier du canton en transperçant la pomme.

    Dans un premier temps Guillaume refusa de s'exécuter mais fut finalement contraint d'obéir. Guillaume tira et transperça la pomme qui se coupa exactement en son milieu ; mais il avait gardé sous son pourpoint, une seconde flèche qu'il avait décidé de réservé au gouverneur Gessler au cas où son fils fut tué. Lorsque Gessler entendit de la propre bouche de Guillaume à quoi aurait servi la seconde flèche s'il avait loupé son seul fils, il se mit dans une épouvantable colère et ordonna que le père et le fils soient enfermés dans la forteresse de son château ; mais il fallait traverser le lac pour s'y rendre. Le gouverneur Gessler, accompagné de son escorte, embarqua avec les deux prisonniers et ses fidèles lieutenants. dans cette fameuse barque. Durant la traversée un orage éclata. il fut si violent que les bateliers implorèrent l'aide de Guillaume Tell et Gessler ordonna qu'on détacha Guillaume pour qu'il aide à manœuvrer la barque : il était aussi bon arbalétrier que canotier. Pas de chance pour le gouverneur et ses homme qui lui promit même, s'ils arrivaient à bon port, de les libérer, lui et son fils. Guillaume réussit à faire accoster la barque, mais il prit son fils et sauta sur le rivage en repoussant la barque vers le large.

     

    Aujourd'hui encore, ce lieu est nommé le « saut de Tell ». Un peu plus tard, Guillaume Tell tendit une embuscade au gouverneur Gessler et le tua de son arbalète avec la flèche dont il n'avait pas eu besoin lors de sa démonstration sur la tête de son fils. La nouvelle de l´action héroïque de Guillaume Tell se répandit vite dans les villages avoisinants. L´exploit de Tell confirma les habitants dans leur volonté ferme d´acquérir

    l'indépendance et la liberté. Pour certains, cet acte de rébellion mena à la création de la confédération suisse en 1921.

    Malheureusement, Guillaume Tell périt plus tard dans les flots d’une rivière furieuse en voulant sauver un jeune enfant qui était en train de se noyer dans ses eaux tumultueuses.

    Mais ceci n'est qu'une légende ! Qui croit encore à l'histoire de Guillaume Tell de nos jours ? C'est pourtant une histoire vrai : Guillaume Telle à bel et bien existé.

     

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    Proverbe 

    "L'heure, c'est l'heure!

    Avant l'heure, ce n'est pas l'heure.

    Après l'heure, ce n'est plus l'heure."

     

     

    Réflexion sur le temps qui passe...

     

    Temps! Toi qui nous fais face! Toi qui, de minute en seconde, nous fait vieillir un peu plus chaque jour qui s'additionne en une pyramide de bobos insignifiants qui prennent de l'importance au fur et à mesure que tu t'écoules insidieusement dans nos veines! Toi qui, insensiblement nous mène aux portes de l'éternité. Ô Temps! Toi si précieux! Toi que nous gaspillons comme le ferait un enfant su plus beau de ses jouets! Tu vas trop vite! De nos heures constituées de secondes, de nos mois qui s'égrainent en années, tu nous prives de toi, tu nous prives de ce qui fait un des charmes de l'existence lorsqu'elle se fait douce; mais si tu de dérobes aux uns, tu te donnes aux autres: le nouveau né dans son berceau! A peine ouvre t-il les yeux sur le monde, qu'il est déjà sous ton emprise! La jeune fille pleine de fougue et d'énergie, encore une toute jeune femme bercée de rêves et d'illusions: à peine est-elle sortie de l'enfance, qu'elle s'entend souvent répéter par ses aînées, comme une rengaine qu'elle ne peut plus supporter parce que trop entendu, ces mêmes mots assommants dont elle n'a que faire:

    "- Oh, tu es jeune mon enfant! Tu as la vie devant toi! Tu as le temps!"

    Le temps... Tout le monde sait que le temps passe très vite et qu'il n'est que très relatif! Le temps n'est là que pour nous permettre de le fractionné et lui donner une consistance afin de le rendre visible à nos yeux! Le temps est quelque chose que l'homme ne peut dompter! Le temps s'en va passe et fuit et contre ça, l'homme ne peut rien! Si nous ne lui avions pas donné une apparence en le divisant en secondes, minutes, heures, mois, années, il n'y aurait pas de présent ni de passé et encore moins d'avenir! Nous serions là, au même titre que les animaux et ce serait tout! L'homme à voulut, parce qu'il a une intelligence, le quantifier pour avoir un semblant de contrôle sur lui! Pour le maîtriser! Y est-il arrivé? En apparence, peut-être! Je dis bien, peut-être; mais en réalité, non. Nous ne faisons que le subir. C'est simple!

    Regardons les prisonniers. Ils perdent la notion du temps quand il sont en chambre d'isolement. Ils leurs faut faire des petits bâtons qu'ils quantifient par petits paquets de sept qu'ils gravent sur le mur de leur cellule pour ne pas oublier le nombre de semaines  qu'ils sont enfermés! Ceci est bien la preuve de la relativité du temps qui passe!...

    Ô Temps! Toi, le temps! Comme nous aimerions freiner ta course! Le pauvre vieillard, lui, te consomme jusqu'à la limite de ses forces. Jusqu'à l'ultime étincelle de vie persistante en son regard éteint et fatigué. L'ultime souffrance, désespérance, indifférence, lassitude, solitude qu'il doit subir jusqu'à son dernier souffle. Les douleurs qu'il ressent au plus profond de son être, quelles soient dû à la solitude, qu'elles soient physiques ou psychologiques ou les deux en son corps engourdit, il ne les accepte plus. Le pauvre vieux se racornit et se tasse? Les os de ses jointures rouillées grincent, ses cartilages et tendons lui disent que le grand sablier de la vie qui chronomètre la longue marche des vivants, pour lui, s'est presque entièrement dévidé. Que tu lui est compté. Qu'il n'a plus rien à faire sur cette terre que de tirer sa révérence. Que tu es derrière lui.

    Pourtant, l'existence à du bon sous ton aile! Nous aimons la vie! Malgré nos malheurs, nos peines et nos désillusions, nous ne pouvons ni ne voulons (certainement par peur de ce qui nous attend de l'autre côté du miroir) nous résoudre à t'abréger. Tu es le temps. Tu es incompressible, incontrôlable et perpétuel. Ta cadence est régulière et ininterrompue depuis le commencement du monde et sans doute avant la naissance de l'humanité... Rien n'échappe à la règle! Nous ne sommes que de simples voyageurs qui, une fois embarqués dans le train de la vie, devrons attendre et redouter le moment fatidique où celui-ci ralentira pour, enfin, s'arrêter et laisser descendre les passagers n'ayant qu'un aller simple pour un voyage sans retour. Tu ne nous laisses guère le choix d'entrevoir aucune autre alternative qui vaillent vraiment la peine de continuer notre route. Jusqu'à l'arrêt complet du convoi! Nous qui sommes désillusionnés, désabusés, vieillis par nos divers choix de vies, nos parcours hasardeux, nos erreurs, si fatigués, nous en arrivons à regretter le moment fatidique où nous devrons descendre sans nous retourner pour nous en aller vers d'autres ailleurs... Nous, grands voyageurs de l'inconnu, ne te subissons que l'espace d'une vie; mais c'est encore trop peu! Trop peu pour avoir eu le temps de tout faire! Que notre vie soit douce, longue, courte et cruelle, nous ne pouvons ni ne voulons nous dérober à ton emprise et si l'envie nous effleure de t'écourter, l'espérance de jours meilleurs (faisant partie, pour certains, de la peur que nous avons d'accomplir le geste fatal nous conduisant au sommeil éternel) nous fait reprendre courage pour accomplir le reste de notre route constituant notre destiné qui nous est personnellement impartie, ce qui nous fait cheminer, malgré notre peur de la dame à la faux, dans les dédales incommensurables de ton être impalpable... Nous gravissons les marches de l'escalier de notre existence sans bien nous rendre compte que tu nous emmènes aux portes du néant. L'échelle de Jacob est longue et pourtant si courte!... Il est trop tard! Trop tard, lorsque nous, nous apercevons que ton empreinte s'inscrit en marques profondes sur nos visages encore jeunes! Trop tard, lorsque, au bout d'un faux pas, nous désirons faire marche arrière! Faire le chemin à l'envers! Recommencer sa vie! Une seule fois sa vie! Qui n'a pas rêvé de repartir à zéro? Cela peut nous laisser songeurs!... Mais le train de la vie ne va jamais à reculons! Et toi, le temps, tu ne te prêtes pas à ce petit jeu! Pourtant, je n'ai pas assez goûté aux simples joies de l'existence, aux doux plaisirs de connaître une enfance heureuse pour que tu te permettes de mettre des rides sur mon front encore enfantin! Non! Je n'ai pas assez vécu! Frustrée de mes années tendresse autant que celles de mon adolescence, je me les considère comme dues! Je refuse que tu abrèges mes jours sous prétexte de maladies, d'accidents ou de toutes autres fatalités qui pourraient écourter mon passage en ce monde! Je m'octroie le droit de revendiquer mes années manquantes que j'ai effectué sans bien me rendre compte que ma fuite en avant était déjà commencée.

    J'attends de toi de l'indulgence! Je n'ai que trente ans! Ou bien trente cinq ou encore quarante! Ou peut-être cinquante! Pas tout à fait cinquante? Ah! Oui! Quand même cinquante?! NON! Soixante?! Que ça passe vite!... Aller! Pour faire bonne mesure, soixante cinq! Qui dit que je n'en ai pas soixante huit?... Je navigue donc sur les vagues de ces eaux là? Sur les vagues de la cinquantaine?Ou bien de la soixantaine? Peut-être même soixante dix ans?! Qui le croirait?...

    Je n'ai pas l'âge de mes artères! On ne me donne pas l'âge de mes artères! Dans ma tête, j'ai vingt ans! Oui! J'ai vingt ans!... De la clémence, tu n'en as pas! Indifférent à mes exigences, à mes petits bonheurs, petits tracas, petites espérances ou désespérances, tu passes sur ma vie sans te soucier des effets dévastateurs que tu causes sur mon corps qui hurle sa jeunesse pas tous les pores de sa peau! Chaque fois qu'une nuit s'achève, lorsque mon miroir reflète mon image, je les remarque ces traits bouffis, fatigués où d'infamantes petites rides, pendant que je dormais, se sont installées sans complexe, en sournoises au coin de mes yeux, au dessus de ma bouche charnue, juste sous mon nez, au dessus de ma lèvre supérieur, aux commissures de mes lèvres encore lourde de sensualité, sans oublier le terrain propice et privilégié de mon cou encore ferme, invisiblement mais légèrement flasque qui voudrais encore se payer le luxe de refuser d'accueillir la naissance du petit double menton hypocrite et dernier né des dégradations biologiques et temporelles dont sont constituées nos cellules et dont nous sommes les victimes non consentantes...

    Bientôt, avec une insistance non dissimulée, mon petit double menton se sera installé pour de bon bien décidé de tenir compagnie à ces sournoises demoiselles qui, chaque jour un peu plus, gagnent du terrain en surface et en profondeur sur ma peau, en apparence, toujours lice et veloutée; mais de plus en plus luisante de crème anti-âge...

    Pourquoi, le temps? Dis-moi pourquoi, lorsque de petites joies nous inondent, sembles-tu passer si vite sur nos petits bonheurs? Et pourquoi prends-tu tout "ton temps" pour passer sur nos regrets, nos remords, nos silences lourds de tous les sous-entendus inavouables qui nous font mal et nous rongent, ce qui nous épuisent à petits feux? J'ai bien peur que tu ne puisse pas y changer grand chose! La relativité du temps est très subjective! Ce n'est qu'une impression dans la durée de notre vie! Le temps n'est qu'une simple illusion, et bien sûr, il est est le temps perdu que l'on ne peut rattraper!  "Le temps perdu ne se rattrape jamais plus..."

    N. Ghis.

    Le temps perdu...

    Texte écrit en 1999

    " La Rose De Janvier " 2015/2016 

    Hurlements intérieurs : fiction


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    Chanelle la petite chatte européenne.

     

    En écrivant, L’histoire de Sampa : petit frère jumeau du Sampa de George Chelon. L'histoire de mon Sampa à moi, déjà vieille de plusieurs années puisque je ne peux plus aller et venir à ma guise comme avant, s’est rappelée à ma mémoire. J'ai voulu la rende présente en me la remémorant au temps présent. C'est en lisant l'histoire de Loupzen qu'elle m'est revenu en mémoire. Avec J-M, nous avons souvent recueillis des animaux mis en danger par l'homme. Nous avons aussi recueillit une petite chatte que nous avons baptisée Chanelle : jolie petite chatte Européenne jetée par la vitre ouverte entièrement de la portière côté passager d'une voiture sur une route heureusement départementale.

    La pauvre bête, encore un chaton, était enfermée dans un sac plastique et, une chance pour elle, le sac à atterrit sur le bac-côté de la route très herbeux, ce qui lui sauva la vie, bien que la route fut bordée à peu près tous les deux mètres de platanes et avec la vitesse moyenne de la voiture, le petit paquet aurait pu aller percuter l'un des troncs et  le petit être vivant enfermé dans ce sac de super marché, tué sur le coup.

    Jean-Michel ralenti bien qui ne roula pas vite parce qui s'était aperçu que le sac bougeait. Il stoppa sur le bas côté herbeux, me demanda d'aller prendre le petit sac de plastique : ce que je fis promptement de peur des voitures qui nous rasaient. Je remontais vite dans notre voiture et je défis le nœud du sac pour en sortir une mignonne petite chatte d'à peine trois mois.

    Certaines gens sont méchants et n’ont aucun humanisme ! Chanelle vît encore et c'est ma fille qui l'a adopté lorsque nous l'avons ramené à la maison. Chanelle à aujourd'hui 18 ans et toujours alerte.

    Voilà encore une histoire qui finit bien mais qui a failli finir tragiquement si nous nous étions pas arrêtés pour prendre ce petit paquet vivant et tout apeuré heureusement tombée dans l'herbe bien grasse, ce qui l'a, malgré tout, protégé d'un sort funeste. Elle qui à eu la chance de tomber sur nous qui avons vu la chose arrivée avant qu'elle ne à sorte du sac et de se fasse écraser par les voitures qui passaient par cette route.

    Il y a vraiment des gens qui mériteraient d'être punis pour des actions aussi méprisantes !

    N. Ghis.

     


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    C'est une histoire vraie ! C'a m'est arrivé !

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    « Sampa » petit chien bâtard

     

    J'ai lu le récit de Loupzen qui, défendant un petit garçon des griffes d'un homme pas très recommandable, m'a fait sourire me rappelant l'expérience que j'ai vécu au sujet d'un petit chien frappé à coup de pieds par un maître  sans aucune conscience, car comme lui, bien que je sois femme, si je vois un enfant mal traité dans la rue par sa mère ou bien par son père ou qui que ce soit d'autre, je me sens obligée de m'en mêler. Je me transforme alors en protectionniste de l’opprimé et tant pis pour moi si je prends des rebuffades ou si je suis molestée ! C'est plus fort que moi ! Je ne me rends pas compte que je peux courir à un grave danger et prendre un mauvais coup.  Je réfléchis après coup. (on appelle cela de la témérité ) et c’est un vilain défaut quelque part dans certaines situations comme cette fois-là car, de nos jours, le danger est partout et je peux me prendre un mauvais coup: Nous ne savons pas sur qui l'on peut tomber ? Mais je n’arrive pas à me contrôler devant des situations inacceptables pour une personne ayant conscience du mal vivre pour les animaux, comme pour les enfants ou des personnes affaiblies par une vie cruelle.

    Tant et si bien que j'interviens et vocifère quelques mots bien sentit à l'encontre de la personne malfaisante, menace à l'appui d'appeler les flics pour maltraitance à enfant. Lorsque c'est un chien, et cette histoire m'est arrivée, ma réaction est la même et je fonce sans réfléchir à la défense de la bête en abreuvant le propriétaire de l'animal de sacré noms d'oiseaux ! Et pour peu que le mec me "gueule" dessus : Qu'est-ce que t’as toi ! De quoi J'me mêle ! Et d'abords j'cause pas aux femmes ! C'est la seule phrase qu'il ne faut jamais prononcer devant moi car mes démons se déchaînent et m'accompagnent dans ma tirade furibonde qui laisse en général, le malotrue, et mes adversaires occasionnels sans voix devant mon culot.

    — « Ah ! Tu ne parles pas aux femmes ! Et bien moi, je parle aux hommes ! Et ce que tu as entre les jambes te sert, décidément, qu'à t'exercer sur plus faible que toi ! Je plaint ta femme si tu en as une ! Et ce que tu as toi, bien caché entre tes jambes ! Moi, je les ai bien visibles et en ce moment je m'en sert pour te faire face espèce de sagouin!

    Le bonhomme, interloqué, me lance un regard de défi, sûr d'avoir le dessus sur moi, sans s'apercevoir de l'attroupement qui s'était formé autour de nous : " Toi ! T'as des couilles ! ha ha ha ! J'voudrais bien les voir, tes couilles ! Connasse !

    « Ah ! Tu veux les voir espèce de sagouin ! Mais je te préviens : elle sont plus grosses que les tiennes espèce de lâche ! Tu ne mérites même pas d'être un homme ! Regarde-les bien : les voilà et moi je les montre car je ne suis pas lâche comme toi ! Elles sont là à la vu de tous ! Fis-je en soupesant avec mes deux mains...« mes seins ».

    «Viens te frotter à moi si tu l'oses ! T'as vu les gens qui nous regardent ? Y'a des témoins ! Ils ont tout vu !

    Et voilà que de l'attroupement un rire fuse et gronde de toutes part, suivit d’applaudissements à mon encontre, car entre deux promptes mouvements, j'avais arraché le petit chien à son maître sans me soucier des représailles qui auraient pu me tomber dessus. Tout en le menaçant d'aller porter plainte à la police contre lui, au paravent, dans ma colère, en voyant cet homme martyriser la pauvre bête. En m’avançant vert l’énergumène, j'avais pris mes précautions en le photographiant avec mon portable en pleine action sur la pauvre bête. J'avais aussi photographié l’immatriculation de sa voiture. Donc, j’avais tout ce qu’il me fallait pour lui faire comprendre qu’il n’avait qu’à s’écraser. Je lui signifiais qu'il était fiché. Qu’il était cuit s’il s’avisait d’aller porter plainte pour ce que venais de faire ! Il ne fit rien sachant très bien que j'aurais forcément gain de cause contre lui, vu que bon nombre de gens avaient assisté à la scène depuis le début, outrés comme moi, du comportement brutal de cet homme cruel envers son animal.

    Blesser dans son amour propre d'être pris en faute par une femme, en théorie, plus faible que lui, qui avait osé se mêler de ce qui, pour lui, ne la regardait pas au beau milieu d'une foule comme témoin. Il était, en effet, pris au piège et ne pouvais certainement pas me molester comme il l'aurait voulu. Il ne demanda pas son reste : monta dans sa voiture et fila à vive allure frôlant les autres véhicules en stationnement. Ce jour-là, j'étais en courses dans un hyper marché et heureusement, j'avais terminé. Je fis monter le petit chien dans ma voiture. Il tremblait et moi avec : Je tremblais de tous mes membres jusque chez moi de colère et d'émotion, tout en vociférant contre ce sale type, car l'adrénaline n'était pas redescendu à son minimum. Lorsque jean-Michel me vit arriver avec les courses et le petit chien, Il en est resté comme deux ronds de frite ! Je le laissais là, avec les courses, et m'occupait du petit chien en lui donnant à boire tout en le rassurant. La pauvre bête ne devait pas en être à sa première rouste gratuite de la part cet abrutit qui lui servait de maître ? Nous avons gardé le petit chien pour ne pas lui faire connaître la fourrière en plus de ce qu'il venait de subir. Nous l'avons mené chez le véto pour voir s'il n'avait rien de grave, vu les coups de pieds qu'il s'était pris dans le ventre et un peu partout sur le corps puisqu'il avait saigné de sa petite gueule.

    Le chien nous prit en affection immédiatement. Nous l'avons appelé : "Sampa": comme dans la chanson de Georges Chelon. C'était un adorable petit chien bâtard que nous avons perdu il n'y a pas très longtemps. Voilà son histoire. Je ne supporte pas que l'on maltraite les femmes, les enfants et encore moins les animaux ! Je suis féministe et les hommes ne me font pas peur.

     

    N. Ghis. 

     

    Texte écrit le 24 avril 2017 

     

     


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    La mise à mort du cochon

     

    En Normandie, tous les ans et même plusieurs fois dans l'année, on mettait à mort un gros porc bien dodu afin d'avoir de la bonne viande à disposition toute l'année en plus des œufs avec lesquels on faisait des tas de chose comme les bons gâteaux.  La ferme n'était pas en peine de nourriture! Il y avait des poulets, des lapins, des canards qui de temps à autre, chacun leur tour, passaient à la casserole. 

    Et  oui! La fermière faisait aussi du bon beurre à la baratte après avoir retirer le petit lait avec lequel elle faisait du fromage blanc à la faisselle. 

    Gigie se régalait aussi du bon lait qui sortait tiède du pie de la vache tous les matins. Avec son grand bol de lait, Gigie mangeait deux grandes tartines de pain de campagne avec du bon beurre provenant de ce même lait fabriqué à la baratte.

    Le bon camembert de Normandie n'était pas fait de la même manière. Une fois le bon lait caillé, on le mettait dans récipients ronds, et on le laissait s'affiner.  Gigie n'avait pas le droit d'aller voir comment le fromage se faisait. Elle avait juste le droit d'en manger lorsque celui-ci était à point.

    Pour en revenir au cochon, lorsque arrivait le moment fatidique de sa mise à mort, la pauvre bête était mis dans une porcherie fermée au jour, justement réservée à cet effet: Le noir affaiblissait l'agressivité du porc et c'était indispensable et nécessaire pendant une semaine au moins, afin de déshabituer l’animal de la lumière du jour : ainsi, il était plus facile de l’attraper, le manipuler pour l'extirper de la porcherie. Les fermiers n'étaient pas trop de cinq pour sortir le cochon éblouit. Ils s’employaient à museler l'animal avec une sorte de tresse très solide qu'on lui passait dans la gueule, et qui permettait de tenir sa tête pendant l'opération. Cinq à six personnes n'étaient pas de trop pour immobiliser l'animal qui hurlait, beuglait à plein poumons, sachant sans doute, ce qui l'attendait.

    Le travail ne faisait que commencer et c'était le plus facile! La veille, le fermier et la fermière avaient mis en place une échelle en équilibre entre deux grosses bottes de foin avec, en dessous, une espèce de gros seau en bois de chêne réservé à cet effet afin de récupérer le sang lorsque le cochon serait égorgé. 

    C’était pour Gigie ce qu’il y avait de plus dur que de voir souffrir la bête. Pour les paysans Normands, tuer le cochon était un rituel très important qui amenait du monde pour aider, et ça se faisait avec un très long et gros couteau très effilé que le fermier avait déjà montrer à Gigie.

    Tuer le cochon était une fête très appréciée des fermiers alentour et pour cette cérémonie, les hommes et les femmes n'étaient pas moins d'une quinzaine. Les femme s'affairaient autour du grand feu; n'omettant pas de recharger celui-ci en bûches. Le grand baquet d'au moins deux mètres de circonférence, remplit d'eau au trois quart, reposait depuis le matin à l'aube, bien calé sur des grosses pierres et chauffant sans interruption. Il fallait bien cela pour réussir ce fameux cochon !

    Définitivement saigné et son sang récupérer dans le grand récipient en dessous de l'échelle, on remuait avec la main et toutes les impuretés s'agglutinaient, constituant une véritable éponge que l'on pouvait retirer. Le sang était ensuite filtré dans une passoire garnie d'un linge blanc bien propre et mis de côté. Un peu plus tard dans la journée, il servirait à préparer le boudin.

    Une fois toutes ces opérations faites dans l’ordre, le cochon était alors ébouillanté, dans de l'eau à 85-90° dans le grand baquet, afin d'enlever le plus gros des poils et l'on terminait l'opération avec un racloir : outil constitué d'une vieille lame de faux. Les sabots étaient enlever facilement et soigneusement curés.

    L'étape suivante consistait à ouvrir la bête et à enlever boyaux, poumons et foie. Les boyaux étaient raclés, nettoyés et mis de côté dans un panier en osier. Les poumons et le foie étaient suspendus un moment pour qu'ils puissent s'égoutter. On disposait la tête et divers abattis dans un grand chaudron rempli d'eau et on laissait cuire pendant 1 h 30 à 2 h. Les femmes coupaient alors la viande en petits morceaux, la mélangeaient avec le sang et en emplissaient les boyaux qu'elles mettaient à cuire dans la même eau, pendant une heure supplémentaire. Une fois le cochon enlevé de toutes ses impuretés, on se mettait à plusieurs pour l'enlever de la cuve sans se brûler, et la bête se retrouvait pendue la tête en bas pour terminer de la laver et de la préparer pour la suite.

    L'étape suivante consistait à ouvrir la bête et à enlever boyaux, poumons et foie. Les boyaux étaient raclés, nettoyés et mis de côté dans un panier en osier. Les poumons et le foie étaient suspendus un moment pour qu'ils puissent s'égoutter. On disposait la tête et divers abattis dans un grand chaudron rempli d'eau et on laissait cuire pendant 1 h 30 à 2 h. Les femmes coupaient alors la viande en petits morceaux, la mélangeaient avec le sang et en emplissaient les boyaux qu'elles mettaient à cuire dans la même eau, pendant une bonne heure supplémentaire.

    Ainsi se terminait la première journée ; on goûtait le boudin, arrosé de vin de pays et de gnôle et on jouait à la manille jusqu'à deux heures du matin. Ainsi se terminait la première journée ; on goûtait le boudin, arrosé de vin de pays et de gnôle et on jouait à la manille jusqu'à deux heures du matin.

    Le deuxième jour débutait par le traditionnel casse croûte où tout le monde était convié. Puis, on commençait à découper le cochon : jambons, poitrine, lard, La viande rouge et le foie qui allaient servir à la confection de la saucisse, ainsi que la viande blanche pour le saucisson, étaient choisis à ce moment-là. Les hommes adoraient la tête de cochon et les tripes confectionnés par les femmes qui étaient chargées découper les meilleurs morceaux et les assaisonner avant de mettre tout ce mélange que l'on salait, avant de mettre le tout dans des pots en terre afin de conserver la viande pour plus tard.  On n'oubliait pas de faire cuire sur le grille ce qui avait été préparé pour l'occasion. Il ne restait plus qu'à goûter afin de vérifier les proportions, à la plus grande joie des enfants qui savaient être là au bon moment!

    Les boudins étaient fait avec le sang cuisiné et les véritables boyaux du cochon après avoir été pendus dans une pièce fraîche où on les remplissait à l'aide d'une machine à mains dont l'orifice de sortie avait exactement la grosseur d'un boudin à l'oignon. Chaque longueur de boudin estimée nécessaire pour confectionner un chapelet, se retrouvait tortillée avant d'être enroulées sur elle même en une sorte de tour à boudin.

    Une fois cuits, les saucissons étaient suspendus dans la cuisine près de l'âtre, pour qu'ils sèchent plus rapidement. Les premiers saucissons étaient traditionnellement consommés à Pâques. Quant à la saucisse, on la mangeait plus rapidement, dès qu'elle était suffisamment sèche.

    Du cochon, rien ne se perdait! Les os étaient consommés immédiatement en coustillous accompagnés de fayots, ou bien mis au sel pendant 8 à 15 jours pour accommoder de succulentes soupes aux choux. Un repas traditionnel aux fayots se tenait le soir du deuxième jour. Il marquait la clôture de cette fête improvisée. Certains venaient de loin pour y participer.

    Gigie garde le souvenir d'une ambiance extraordinaire, souvent largement encouragée par le vin et la gnôle locale. Les repas se terminaient par la dégustation des oreillettes, sortes de pâtes, entre beignets et crêpes, que l'on cuisait dans la graisse du cochon.

    Seules les femmes participaient à la troisième journée. Elles terminaient le travail en accommodant les fritons et les derniers restes. Alors, chacun rentrait chez soi, en attendant le prochain cochon que l'on tuait souvent quelques jours plus tard chez un ami ou un proche voisin.

    Peu de familles perpétuent encore aujourd'hui la " cérémonie " du cochon, comme on la nomme encore dans certaines régions. En tout cas, Gigie en à gardé un souvenir impérissable de ces grandes fêtes qui rythmaient la vie des hommes, des femmes et celle de leur terre.

    N. GHIS.

     

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  • Namasté 

    Les malheurs de Gigie

     

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    La balançoire

     

    Le fermier à la grosse voix, après s’être fait supplier pendant des jours par ses deux fillettes, avait décidé, afin de leurs faire plaisir, de fabriqué une balançoire. Pour ce faire, il avait choisi le seul arbre qui trônait au beau milieu de la cour de ferme, entre le tas de fumier, et la mare aux canards.

    C’était le seul arbre à porté de vue de sa femme, de façon à toujours garder un œil sur les enfants. Une branche semblait, à vue d’œil, assez robuste pour supporter le poids des gamines: elle était à bonne hauteur, et paraissait assez robuste pour faire une belle balançoire.

    Le fermier entreprit donc les travaux, surveillé par les trois fillettes, impatientes de pouvoir s’amuser chacune leur tour à se balancer. Déjà, elles se chamaillaient pour savoir qui allait s’asseoir sur cette balançoire et commencer la première à se balancer.

    La plus grande : Marguerite, pour mettre les deux plus jeunes d’accords, se proposa pour les pousser chacune leur tour. Et ça papotait pendant que le fermier s’activait aux travaux qu’il s’était fixé.

    Lorsque la balançoire fut enfin terminée, il permit aux fillettes de l’essayer. Marguerite voulu, sous prétexte d’être la plus grande, monter dessus la première pour être sûr de sa solidité : chose que son père avait vérifié avant qu’elle ne se l’approprie en aînée.

    Après en avoir profité tout son sous pendant un bon quart d’heure alors que les deux gamines piaffaient d’impatience, elle se décida, enfin, à descendre et désigna sa sœur pour monter sur la planche.

    Gigie rouspétait et piétinait devant les deux sœurs qui s’amusaient sans elles. Comme elle en avait assez d’attendre son tour, elle décida se s’en aller pleurnicher sous la grande table de la ferme qui était son coin favori pour bouder.

    Les deux sœurs s’amusèrent toute la matinée sans s’occuper de Gigie toujours cachée sous la table de ferme. Midi sonna à la grande horloge. Et Gigie déjà très fière et orgueilleuse, décida de ne plus leurs adresser la parole jusqu’à temps qu’elle décide que sa colère après elles était passée.

    Elle sortit de dessous la table, se lava les mains, et aida la fermière à mettre la table pour les paysans qui allaient bientôt rentrer des champs avec le patron. La grande marmite accrochée à la crémaillère de la grande cheminée, sentait bon le ragoût préparé avec tout le savoir faire de la fermière. C’est qu’il en fallait pour remplir le ventre des ces sacrés gaillards qui travaillaient du matin au soir dans les champs!

    La grosse miche de pain de campagne était déjà sur la table, enveloppée dans un grand torchon tout blanc, le pot de rillettes fait maison également. Gigie salivait rien qu’à la pensée d’en avoir une grande tartine pour elle toute seule.

    Enfin, le fermier et les paysans arrivèrent pour se mettre à table après s’être lavés les mains dans le grand bassin réservé à cet effet. Ils prirent place sur les bancs autour de la table de ferme. Le fermier prit la grosse miche de pain, enleva le torchon blanc, prit son opinel, traça un signe de croix à l’envers du pain, et commença à découper des tranches pour chacun des hommes qui se servirent dans le gros pot de rillettes et en tartinèrent abondamment leur tranche de pain.

    Et ça discutait dur sur le travail restant à accomplir pour la journée. Gigie ayant eu le droit à sa tranche de pain tartinée de rillettes, mangeait de bon cœur, tout en observant que la place de Marguerite et de Justine était inoccupée. Elle se disait qu’elles allait se faire gronder de n’être pas à l’heure du repas, quand les deux petites friponnes rentrèrent en courant et riant comme des folles. Leur père les arrêta net :

    Vous ne connaissez pas l’heure des repas ? Vous n’avez donc pas faim? Puisque c’est ainsi, vous vous passerez de manger et resterez tout le reste du temps et jusque ce soir, dans votre chambre. Pour ne pas avoir respecter la tradition, vous ne descendrez pas non plus pour le goûter.

    Les deux sœurs, muettes de peur, ne pipèrent pas un mot, et montèrent dans leur chambre en pleurant. Elles avaient fait en rager Gigie et elles le payaient bien! Toute contente d’être la petite fille sage, Gigie se dit que c’était bien fait pour elles si elles avaient oublié l’heure du repas de midi.

    Gigie, elle avait le ventre bien plein, et tant pis pour elles si elles avaient faim. Elles n'avaient qu’à laisser la balançoire et venir manger. La bonne leçon servait pour elle aussi car s’il lui arrivait de ne pas penser à être à l’heure des repas, elle savait à l’avance ce qui l’attendrait.

    Quand les paysans eurent finit de s’attabler, ils se levèrent et sans plus attendre, s’en allèrent pour reprendre les travaux des champs.

    Gigie, très sage pendant tout le repas, aida à débarrasser la table puis, n’ayant pas fait de balançoire, elle demanda à la fermière si elle pouvait aller en faire un petit peu. Celle-ci lui donna l’autorisation, car le reste n’était pas de son ressort, et trop dur pour elle.

    En effet, dans le temps, tous ce qui constituait les déchets comme les épluchures de pommes de terre et toutes sortes de divers légumes, n’étaient pas jetés, et l’eau de vaisselle non plus, car on employait pas de détergent. La seule chose que la fermière se permettait lorsque c’était nécessaire pour les assiettes et les couverts, était le mir qui, à l’époque de Gigie, n’était pas toxique du tout pour les cochons. Et puis, la fermière n’en mettait que très peu. Pour le reste, on nettoyait les grosses casseroles, les chaudrons, les poêles, dehors avec la cendre de cheminée.

    La vaisselle était faite à l’eau bouillante et essuyée tout de suite pour qu’elle ne graisse pas.Tout les déchets, les restes non consommé en plus de l’eau de vaisselle représentait la pâté pour les cochons que la fermière servait vers dix huit heure. Ils était mis à cuire au feu de bois, à l’extérieur de la ferme, dans l’après-midi, pendant 1 heure, dans de grandes lessiveuse qui ne servaient qu’à ça puis, on laissait refroidir la mixture qui constituaient leur soupe à laquelle y était ajouté du son pour plus de consistance et aussi pour mieux les engraisser : la mixture était versée dans les grandes auges à cochons.

    La fermière leur servait vers dix huit heure. Les cochons mangeaient comme des gloutons ;

    de gros gorets, et Gigie aimait bien les regarder farfouiller avec leur groin dans leur pâté en grognant, hurlant et couinant. Ils se poussaient pour avoir la plus grosse part, et jusqu’à mettre leur pattes dans l’auge en faisant de grands « Oooooinnnkk-uuiiiii », et Gigie aimait les regarder faire. Ça l’amusait. Ce qui ne lui plaisait pas, c'est que le plus gros des cochons serait sacrifié bientôt, vers le mois de février. Tout le voisinage serait convié à la fête du cochon.

    Lorsque arrivait le moment fatidique, le pauvre cochon était mis dans une porcherie fermée au jour, justement réservée à cet effet. Le noir était indispensable pendant une semaine au moins, afin de déshabituer l’animal de la lumière du jour : ainsi, il était plus facile de l’attraper, le manipuler pour l'extirper de la porcherie. Les fermiers n'étaient pas trop de cinq pour sortir le cochon éblouit. Ils s’employaient à museler l'animal avec une sorte de tresse très solide qu'on lui passait dans la gueule, et qui permettait de tenir sa tête pendant l'opération. Cinq à six personnes n'étaient pas de trop pour immobiliser l'animal qui hurlait, beuglait à plein poumons, sachant sans doute, ce qui l'attendait.

    Le travail ne faisait que commencer et c'était le plus facile! La veille, le fermier et la fermière avaient mis en place une échelle en équilibre entre deux grosses bottes de foin avec, en dessous, une espèce de gros seau en bois de chêne réservé à cet effet afin de récupérer le sang lorsque le cochon serait égorgé. C’était pour Gigie ce qu’il y avait de plus dur que de voir souffrir la bête. Pour les paysans Normands, tuer le cochon était un rituel très important qui amenait du monde pour aider, et ça se faisait avec un très long et gros couteau très effilé que le fermier avait déjà montrer à Gigie. Tuer le cochon était une fête très appréciée des fermiers alentour et pour cette cérémonie, les hommes et les femmes n'étaient pas moins d'une quinzaine. Les femme s'affairaient autour du grand feu; n'omettant pas de recharger celui-ci en bûches. Le grand baquet d'au moins deux mètres de circonférence, remplit d'eau au trois quart, reposait depuis le matin à l'aube, bien calé sur des grosses pierres et chauffant sans interruption. Il fallait bien cela pour réussir ce fameux cochon !

    Définitivement saigné et son sang récupérer dans le grand récipient en dessous de l'échelle, on remuait avec la main et toutes les impuretés s'agglutinaient, constituant une véritable éponge que l'on pouvait retirer. Le sang était ensuite filtré dans une passoire garnie d'un linge blanc bien propre et mis de côté. Un peu plus tard dans la journée, il servirait à préparer le boudin.

    Une fois toutes ces opérations faites dans l’ordre, le cochon était alors ébouillanté, dans de l'eau à 85-90° dans le grand baquet, afin d'enlever le plus gros des poils et l'on terminait l'opération avec un racloir : outil constitué d'une vieille lame de faux. Les sabots étaient enlever facilement et soigneusement curés.

    L'étape suivante consistait à ouvrir la bête et à enlever boyaux, poumons et foie. Les boyaux étaient raclés, nettoyés et mis de côté dans un panier en osier. Les poumons et le foie étaient suspendus un moment pour qu'ils puissent s'égoutter. On disposait la tête et divers abattis dans un grand chaudron rempli d'eau et on laissait cuire pendant 1 h 30 à 2 h. Les femmes coupaient alors la viande en petits morceaux, la mélangeaient avec le sang et en emplissaient les boyaux qu'elles mettaient à cuire dans la même eau, pendant une heure supplémentaire. Une fois le cochon enlevé de toutes ses impuretés, on se mettait à plusieurs pour l'enlever de la cuve sans se brûler, et la bête se retrouvait pendue la tête en bas pour terminer de la laver et de la préparer pour la suite.

    L'étape suivante consistait à ouvrir la bête et à enlever boyaux, poumons et foie. Les boyaux étaient raclés, nettoyés et mis de côté dans un panier en osier. Les poumons et le foie étaient suspendus un moment pour qu'ils puissent s'égoutter. On disposait la tête et divers abattis dans un grand chaudron rempli d'eau et on laissait cuire pendant 1 h 30 à 2 h. Les femmes coupaient alors la viande en petits morceaux, la mélangeaient avec le sang et en emplissaient les boyaux qu'elles mettaient à cuire dans la même eau, pendant une bonne heure supplémentaire. Ainsi se terminait la première journée ; on goûtait le boudin, arrosé de vin de pays et de gnôle et on jouait à la manille jusqu'à deux heures du matin. Ainsi se terminait la première journée ; on goûtait le boudin, arrosé de vin de pays et de gnôle et on jouait à la manille jusqu'à deux heures du matin.

    Le deuxième jour débutait par le traditionnel casse croûte où tout le monde était convié. Puis, on commençait à découper le cochon : jambons, poitrine, lard, La viande rouge et le foie qui allaient servir à la confection de la saucisse, ainsi que la viande blanche pour le saucisson, étaient choisis à ce moment-là. Les femmes étaient chargées de les couper en morceaux et de les assaisonner avant de mettre ce mélange dans des pots en terre. On faisait cuire un peu de viande sur le grille. Il ne restait plus qu'à goûter afin de vérifier les proportions, à la plus grande joie des enfants qui savaient être là au bon moment!

    Les boudins étaient fait avec le sang cuisiné et les véritables boyaux du cochon après avoir été pendus dans une pièce fraîche où on les replissait à l'aide d'une machine à mains dont l'orifice de sortie avait exactement la grosseur d'un boudin à l'oignon. Chaque longueur de boudin estimée nécessaire pour confectionner un chapelet, se retrouvait tortillée avant d'être enroulées sur elle même en une sorte de tour à boudin.

    Une fois cuits, les saucissons étaient suspendus dans la cuisine près de l'âtre, pour qu'ils sèchent plus rapidement. Les premiers saucissons étaient traditionnellement consommés à Pâques. Quant à la saucisse, on la mangeait plus rapidement, dès qu'elle était suffisamment sèche. Du cochon, rien ne se perdait! Les os étaient consommés immédiatement en coustillous accompagnés de fayots, ou bien mis au sel pendant 8 à 15 jours pour accommoder de succulentes soupes aux choux. Un repas traditionnel aux fayots se tenait le soir du deuxième jour. Il marquait la clôture de cette fête improvisée. Certains venaient de loin pour y participer. Gigie garde le souvenir d'une ambiance extraordinaire, souvent largement encouragée par le vin et la gnôle locale. Les repas se terminaient par la dégustation des oreillettes, sortes de pâtes, entre beignets et crêpes, que l'on cuisait dans la graisse du cochon.

    Seules les femmes participaient à la troisième journée. Elles terminaient le travail en accommodant les fritons et les derniers restes. Alors, chacun rentrait chez soi, en attendant le prochain cochon que l'on tuait souvent quelques jours plus tard chez un ami ou un proche voisin.

    Peu de familles perpétuent encore aujourd'hui la " cérémonie " du cochon, comme on la nomme encore dans certaines régions. En tout cas, Gigie en à gardé un souvenir impérissable de ces grandes fêtes qui rythmaient la vie des hommes, des femmes et celle de leur terre.

     

    Les cochons et les animaux de basse-cour : c’était bien pendant un certain temps, évoquer sas souvenirs aussi ; mais l’envie d’aller sur cette balançoire était trop tentante, d’autant plus que Marguerite et Justine était punies jusqu’au soir et consignées dans leur chambre.

    Gigie délaissa ses jeux habituels pour se diriger vers la balançoire qui n’attendait qu’elle. Elle n’était pas à la hauteur de la planche où elle devait s’asseoir, mais elle se hissa tant bien que mal sur l’assise, et commença à se balancer doucement. Ce qui était le plus amusant, c’était d’avoir l’impression de s’envoler de plus en plus haut.

    Enhardie à l’idée d’aller bien plus haut que les filles de la ferme, Gigie s’élança et la balançoire répondit à son désirs de dépasser ses deux petites camarades du matin. Les gamines qui étaient punies la regardaient par la fenêtre de leur chambre, et en rageait de la voir s’amuser comme une petite folle. Gigie, du coin de l’œil, les avait vu et elle s’ingéniait à monter encore plus haut. Elle ne dissimulait pas son plaisir rien que pour les faire enrager.

    Après tout, elles s’étaient amusées toutes la matinée avec à en oublier même l’heure du repas de midi, sans remord, montrant bien que la balançoire était d’abord faite pour elles, Marguerite et Justine ne l’avaient pas invité à en profiter ne serait-ce qu’un tout petit peu. Elles avaient pris possession de la balançoire que leur père leurs avait faite, et ne lui avaient pas laissé une seule fois le plaisir de l’essayer. C’était bien son tour à présent.

    Gigie s’éclatait, et profitait de sa revanche en allant de plus en plus haut les yeux fermés, afin d’accentuer l’impression de voler jusqu’à ce que la branche, fatiguée par le mouvement, cassa net. Gigie s’envola pour de bon dans les airs en une fraction de seconde, pour aller choir dans la mare aux canards. Avec la balançoire et la branche toujours attachée aux deux cordes.

    Les canards, affolés, s’étaient encore une fois envolés en faisant des coins coins tonitruants. Les pleurs de Gigie retentirent au point que la fermière sortit dans la cour pour voir ce qu’il se passait. Quand elle aperçu Gigie dans la mare à canard toute penaude, trempée et toute crottée, elle ne peu s’empêcher d’éclater de rire car ce n’était pas la première fois que la petite fille se retrouvait en mauvaise posture.

    Gigie n’avait rien et c’était le principal. Le reste était moindre mal. Elle s’occupa de sortir la fillette de la mare et ça sentait horriblement mauvais! Ses vêtements étaient dans un état et il fallait, encore une fois, donner le bain à Gigie qui braillait de plus belle. La fermière fit chauffer de l’eau en quantité pour remplir le grand baquet de chêne que la petite fille commençait à connaître pour y avoir déjà été plongée plusieurs fois lors de ses précédentes mésaventures.

    La honte qu’elle ressentait devant les deux gamines qui étaient descendue voir le spectacle, la mit hors d’elle à un point tel que la fermière leurs ordonna de remonter finir leur punissions dans leur chambre jusqu’à temps que leur père les appelle afin de régler cette affaire car, pour une fois, Gigie n’était pas fautive, et si les deux fillettes avaient, comme elles auraient dû le faire, prêté la balançoire à Gigie, la catastrophe ne serait pas arrivée de si tôt. l’emploi en aurait été raisonnable et la balançoire existerait encore.

    Bien heureusement, Gigie n’avait pas été blessé et c’était le principal! A la suite de cette nouvelle mésaventure pour Gigie, Une double punition prenait effet dès le soir, au souper, pour les deux gamine de la ferme, afin de leurs donner une très bonne leçon qui, le père en était certain, serait retenu : celui du partage. Pas de dessert pendant huit jours leurs apprendrait à partager leurs jeux. Pour ce qui était de la balançoire, elle ne serait pas remontée de si tôt. Il y avait d’autres branches qui auraient pu faire l’affaire, mais le fermier voulait qu’à l’avenir, la punition porte ses fruits.

    N. GHIS.

     

    Historiette vécue par Gigie elle-même:

    Modifiée le 24/03/2017

    La balançoire -4-

    Les malheurs de Gigie -3-


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    Les malheurs de Gigie -1-

     

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    Les noisettes

     

    Gigie est une petite fille espiègle, pleine de fantaisie et de joie de vivre malgré ses malheurs. Sa mère la mise en pension chez une famille d’accueil en haute Normandie.

    Ce n’est pas la première fois ou elle échoue loin de sa mère dans une famille d’accueil, mais, pour une fois, elle s’y plaît bien dans cette famille ou il y a deux autres fillettes un peu plus grandes qu’elle.

    Gigie fait des bêtises comme tous les enfants de son âge et c’est souvent que ses bêtises se retournent contre elle.

    Oh ! Elle n’est pas seule à se faire gronder. Les deux fillettes de la ferme ne donnent pas leur part au chiens pour les bêtises! 

    Un jour que Gigie se promenait avec Marguerite, la plus grande des fillette, Justine sa sœur, et deux les deux autres gamines de la fermes avoisinant la famille d’accueil: Patricia et Pierrette, quatre amies ayant respectivement entre neuf, dix, onze et douze ans, plus Gigie âgée de huit ans, décident d’aller à la cueillette des noisettes : c’est la pleine saison, mais pour cela, il faut traverser deux champs: celui où broutent des vaches, et un autre champs ou le taureau est tout seul dans son coin.

    Il est séparé des vaches par une clôture en fils de fer barbelés pour des raisons évidentes que seuls les fermiers connaissent. 

    Les cinq fillettes ont trop envie de cueillir des noisettes pour les déguster ensuite en éclatant leur coquille entre deux pierres.

    Il faut de décider à traverser ces deux champs, Mais Gigie hésite un peut, à suivre ses compagnes, car il faut passer entre les fils barbelés des clôtures séparant ces fameux champs.

    Les quatre fillettes, plus hardies qu’elle, se décide à braver les obstacles. Gigie ne voudrait, pour rien au monde, déchirer sa belle robe plissée écossaise que sa maman lui a envoyé de Paris.

    Elle sait que le taureau est dangereux, et qu’il a l’habitude de charger tout ce qui est rouge, et justement, Gigie à une robe écossaise rouge. Ses copines l’incitent pourtant à ne pas faire cas du taureau qui est occupé à brouter.

    L’appel des noisettes à déguster fraîches, étant plus fort que sa raison, la voilà qui s’engage dans le champs avec rosalie, Marguerite et les deux autres gamines des fermes voisines.

    La traversée du champs des vaches se passe très bien. Enhardies par ce premier succès, elles s’aident mutuellement à passer la clôture de barbelés où broute le taureau. Tout se passe sans problème.

    Les cinq fillettes arrivent sur le bord du ruisseau après avoir passé la dernière clôture. Les noisetiers sont chargés de belles noisettes encore dans leur habit de feuillage gris vert.

    Toutes les cinq commencent à faire chacune la cueillettes des fameux fruits d’automne tant désirés. Cette envie de noisettes fraîches étant une idée tout à fait imprévue, les fillettes n’ont pas pris de panier pour les recueillir.

    Prises de court, elles ne trouvent pas autre chose que leur jupe ou leur robe pour leurs servir de réceptacle. Une fois les jupes et les robes bien remplies, les gamines pensent au retour, mais cette fois, elles sont chargées et il leurs faut faire le chemin à l’envers, ce qui n’est pas chose facile quand on a les jupes et des robes relevées jusqu’à mi-cuisses, et qui contiennent facilement un kilo, si ce n’est plus, de belle noisettes toutes fraîches.

    Les voilà toutes les cinq sur le chemin du retour, évitant les bouses de vaches qui se trouvent sur leur chemin. Elle arrivent, tant bien que mal, avec le devant de leur jupe et robes pleines de noisettes, à se faufiler à traverser le premier champs aussi clôturé de fils barbelés.

    Elles s’aident à nouveau, mutuellement, et les voilà dans le champs ou le taureau commence à s’énerver à la vue de ces cinq jeunes écervelées qui déambulent dans son près.

    Les petites ne savent plus si elles doivent rester sur place, avancer ou reculer. La plus grande, Marguerite, se décide à faire deux, trois pas, sans alarmer le taureau qui est, en apparence, calme. Voyant qu’il ne se passent rien, elle avance encore un peu plus.

    Justine, sa sœur, se décide à la suivre sans un mot, et les deux autres suivent. Gigie n’ose toujours pas se risquer à faire comme ses amies. Tant bien que mal, et en silence, les quatre gamines arrivent à l’autre bout du près, passent les barbelés sans encombre et s’aperçoivent que Gigie ne les a pas suivi. Étonnées de cette hésitation, elles se mettent à faire de grands gestes d’une mains puisque leur autre main tient le devant de leur vêtement.

    Gigie ne bouge toujours pas, les yeux fixés sur le moindre mouvement du taureau, elle tremble comme une feuille. Le taureau sentant son hésitation, la fixe en se mettant à beugler et à gratter du sabot. Gigie est pétrifiée, le devant de sa robe plissée pleine de noisettes commence à se faire encombrant. Ses quatre amies l’encouragent à bouger avant qu’il ne soit trop tard.

    Elles se mettent à gesticuler et à lui crier de courir avant que le taureau ne se décide à charger. Gigie fait un pas, puis deux, et la voilà qui par dans une course folle afin d’atteindre l’autre bout du près, suivit par le taureau décidé à la rattraper. Au milieu du champs, elle se décide à lâcher son précieux butin pour aller plus vite et gagner du terrain sur la bête.

    Ses multiples retournements pour voir où le taureau en était de sa charge, ne lui facilite pas la tâche et la font marcher en plein dans les bouses qui se trouvaient être sur le chemin emprunté au retour de leur expédition. 

    Ses belles sandales sont pleines de caca de bovin, (ce que l'on appelle de la bouse de vache), et ça sent mauvais, mais elle ne pense qu'à une chose : échapper à ce monstre.

    Sa course folle l’amène jusqu'aux barbelés avec des sandales toutes crottées. Elle plonge littéralement entre les lignes de fils de fer barbelés que les gamines avaient écarté pour lui faire un passage, et sans se poser de questions sur le taureau qui arrivait sur elle à la vitesse, lui semble t-il, d’un troupeau de mille taureaux emballés.

    Elle se retrouve de l’autre côté de la clôture après s’être emberlificotée dans ces fameux fils barbelés. Sa jupe toute neuve est déchirée. Quant à ses bras et ses jambes, ils sont égratignés de partout.

    Sa robe est en lambeau: c’est vrais ! mais le bovin à raté son coup. Ouf ! Elle est sauvée même si ses jambes et ses bras sont recouverts d’égratignures sanguinolentes.

    En plus de la peur qu’elle à eu de se faire piétiner par l’affreuse bête, elle se retrouve sans ses précieuses noisettes, les jambes et les bras massacrés, sa robe irréparable, et ses sandales pleine de bouse. Ça ne sent pas la rose !

    En se rendant compte du désastre, Gigie se met à pleurer à chaudes larmes. Il va falloir aller se montrer à la fermière, et au gros fermier à la grosse voix qui lui fait peur. Pour la consoler un peu, et se donner du courage, ses quatre autres fillettes décident de partager les noisettes en part égales, mais Gigie pleure toujours à la pensée de se faire disputer et punir par les fermiers. Les quatre gamines, d’un seul cœur, se proposent d’aller expliquer l’affaire à la fermière, et de faire bloc afin d’éviter une grosse punissions collective.

    En voyant arriver le petit groupe, la fermière effarée, leurs demande ce qu’il s’est passé pour que Gigie soit dans un tel état. En entendant le récit des deux fameux champs à traverser, ainsi que le champs du taureau, de faire le plein en se servant de leur jupe et de leur robe, et ensuite, refaire le chemin en sens inverse en repassant dans l’enclot où le taureau commençait à donner des signes d’impatience en les voyant de nouveau traverser son près, et ce qui leurs était arrivé à cause de lui, la fermière éclata de rire devant l’air penaud de Gigie. Interloquées, les fillettes la regardèrent, et essayèrent de comprendre la raison de son hilarité.

    Elle leur expliqua que ce n’était pas la faute de la robe écossaise rouge qui avait mit le taureau en colère, mais le bruit qu’elles ont fait de l’autre côté de son près en interpellant Gigie. Il ne fallait pas gesticuler, ni crier à Gigie de courir et de se dépêcher pour retraverser l’enclot qui est son domaine.

    C’est cela qui l’a mis en colère. Les taureaux n’aiment pas qu’on envahisse leur territoire. Ne recommencez plus, mes enfants, sous peine d’être piétinés la prochaine fois!

    Après avoir comprit qu’il ne fallait plus aller du côté de ce champs à cause du fameux gros taureau, les fillettes promirent de ne plus s’y risquer, même pour cueillir des noisettes.

    Après tout, des noisettes, il y en avait ailleurs! Les filles des fermiers voisins dirent au revoir à la fermière, et retournèrent dans leurs familles respectives, tandis que Gigie qui pleurait toujours, dû, tant bien que mal, supporter les soins de la fermière à coups d’alcool à quatre vingt dix et de mercure au chrome pour sécher les plaies.

    Marguerite et Justine n’en menaient pas large parce qu’elle avaient entraîné, avec leurs deux autres camarades, Gigie dans leur mésaventure. L’odeur des bouses de vaches embaumaient encore la salle de ferme et la fermière dû les nettoyer dans la cour. Le soir, au retour du champs, le fermier rit de bon cœur en entendant le récit fait par sa femme, de ce qui était arrivé aux enfants.

    La leçon leurs a bien servit. Gigie n’est jamais plus retournée dans le près du taureau; mais elle ne s’est pas gênée, avec ses petites camarades, d’aller, devant la clôture de son près, le narguer maintenant qu’elles ne craignaient plus rien. Ah ! Il trépignait et beuglait le bougre en les voyant se trémousser, chanter et faire les belles devant lui ! Mais les barbelés faisaient bien leur office, et les fillettes ne se privaient pas de l’embêter. Quand enfin le taureau arrivait bien trop près de la clôture au fils barbelés, elles se sauvaient en courant et en riant. Les imprudentes ne savaient pas qu’il aurait très bien pu sauter cette clôture s’il l’avait voulu.

    Gigie se souvient encore de ce taureau comme si c’était hier. Elle se souvient aussi, non sans nostalgie, des noisettes, des près à traverser, pour les cueillir, et du taureau qui l'avait coursé : ce qui lui permet, aujourd’hui, de vous raconter ce souvenir qu’elle n’a jamais oublié.

     

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    N. GHIS. 29 Novembre 2016 

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    l’abricotier et le poulailler

     


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  • COCORICO!!!  

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    l’abricotier et le poulailler

     

    Chaque jeudi après-midi, après ses corvées, alors qu’il n’y avait pas classe, Gigie allait souvent chercher, à la ferme voisine, sa petit camarade de jeux, Patricia, pour aller se promener dans les environs. Chaque fois qu’elle venait la chercher, Gigie fixait son attention sur un bel arbre, plein de fruits appétissants, qui dépassait du toit où étaient abritées des poules sur un des côtés qui avait sa propre entrées, et sur l’autre côté, des canards ayant également leur propre entrée pour aller et venir à leur guise. Gigie s’étonnait que chaque année, lors de la saison, les fruits séchaient sur place, pourrissaient, et quand il y en avait sur le sol et autour du poulailler (et il y en avait), c’était pour les cochons: les parents de Patricia ne les ramassaient pas, du moins, lui semblait-il. De beaux fruits comme ça ! C’était pour Gigi du gâchi et incompréhensible! Elle ne comprenait pas ?

    Ce bel arbre fruitier, les fermiers ne l’avaient pas coupé, et avaient bâti le fameux poulailler autour de l’abricotier. On ne voyait qu’eux Chaque fois que l’on passait dans la cour de la ferme : ces gros fruits orange étaient bien tentant, et faisaient saliver Gigie.

    Toujours pleine d’idées, de bonnes initiatives et, aussi, pour faire une bonne action, elle demanda à sa petite copine si elle ne voulait pas aller avec elle les cueillir pour faire une surprise à ses parents.

    « Quel dommage de laisser perdre d’aussi beaux fruits! » pensait Gigie chaque fois qu’elle allait chercher sa camarade de jeux.

    La tentation était grande d’en manger quelques uns tout en les cueillant, et Gigie salivait à la pensée de se régaler. L’arbre était très haut et s’étalait majestueusement au dessus du poulailler, ce qui rendait l’approche assez difficile afin d'atteindre quelques uns de ces fruits si tentants.

    Les deux gamines décidèrent de monter sur le toit, fait de plaques de taule ondulées, en calandrite, afin d’atteindre les abricots. Le poulailler était d’une hauteur équivalente au tronc de l’arbre : « Il n’est pas difficile de l’escalader », pensa Gigie. Et ça gambergeait dur dans sa petite tête!... Elle finit par convaincre Patricia qui, du haut de ses neuf ans, était, elle aussi, très gourmande.

    Gigie était juste un peu plus jeune d’un an que sa compagne, mais elle était très débrouillarde à son âge, et elle n’avait peur de rien, sauf du taureau du champs voisin. Les gamines se firent la courte échelle en se servant des bûches de bois empilées contre un des murs d'un des côtés du poulailler dont les ouvertures se présentaient face à elles. Gigie se hissa la première, et elle entreprit d’aider tant, bien que mal, sa camarade de jeux, sur le toit, en faisant attention de ne pas se blesser car les taules, même en calandrite étaient coupantes sur les rebords, en plus de se casser facilement sous le poids.

    Gigie n’avait pas conscience de la rondeur de Patricia qui était une petite fille déjà très Potelée. Elle n’avais pas, non plus, demandé ce service à la plus mince des deux sœurs, et qui était aussi la plus grande en taille et en âge, et elle avait encore moins demandé la permission à la fermière. Il aurait mieux valu ! Cela aurait évité bien des problèmes à venir...

    Donc, une fois sur le toit, Gigie ayant prit, cette fois, le soins de se procurer un grand panier d’osier, et une longue corde, passa la corde par dessus une des branches de l’abricotier, et hissa le grand panier d’osier qui attendait bien sagement sur le tas de bois, un peu plus bas. Les deux petites coquines était impatientes de remplir le panier mais, avant toute bonne récolte, Gigie et la fillette de la ferme commencèrent par se régaler, décidant d’un commun accords, que le travail commencerait après.

    Tout en cueillant les gros abricots, elles s’en empiffraient à s’en faire craquer le ventre. Le panier ne se remplissait pas si vite que ça, mais elles étaient très fières de leur initiative et de leur prouesse, très heureuses de ramener plein de ces beaux fruits aux fermiers qui, Gigie en était sûr, en prépareraient un panier pour la ferme ou elle habitait, et elle se réjouissait à l’avance d’être la commissionnaire. Elle s’imaginait, tout en ramassant les délicieux fruits, qu’elle les apportait à la fermière pour faire de délicieuses confitures dont on se régalerait l’hiver. Gigie qui adorait les abricots, était sûr qu’il y en aurait aussi pour le dessert du soir. Ils étaient gros, sucrés et juteux ces abricots!

    La cueillette allait bon train quand, tout à coup, la fermière qui passait pas là, s’écria : Mais que faites vous là-haut, petites malheureuses! Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase que Patricia disparut en premier du toit, suivit, quelques secondes après, par Gigie. On entendit des caquètements, les coins-coins affolés des bestioles qui se trouvaient à l’intérieur du poulailler, en plus des filles qui pleuraient à plein poumons. Toutes deux avaient atterrie sur le derrière dans la paille réservée à la ponte des poules. En dégringolant du haut du toit en espèce de taule  ondulée, Patricia et Gigie avaient démolit pratiquement tous l’intérieur du poulailler, si bien que les poules voletaient de droite et de gauche, tandis que et les canards, eux, s’envolaient par le gros trou au dessus de leur tête et la fermière avait bien du mal à entrer dans le poulailler dont une bonne partie était détruit. Le spectacle était fort amusant : Patricia se retrouvait avec le coq sur la tête qui « cocoricotait » au beau milieu de la journée et des poules affolées : chose qui n’était pas commune. Il fallait bien le dire ! Et ça Gloussait et caquetait de tous côtés.

    Gigie, elle, se retrouvait en prise avec un gros canard qui en voulait absolument à ses cuisses et à ses doigts alors qu’elle se débattait pour ne pas qu’il arrive à ses fins, ce qui la faisait hurler de plus belle. C’était un vacarme indescriptible! La mère de Patricia qui s’était frayé un chemin parmi tout ces volatiles, avait bien du mal à se mettre en colère et à garder son calme malgré les dégâts causés par les fillettes. Les taules ondulées qui n’étaient pas toutes neuves, ayant  cédé sous le poids de Patricia et de Gigie, plusieurs canards avaient décidés de prendre la poudre d’escampette pas le toit resté libre d’accès. Les abricots s’étaient répandus, dans tout le poulailler. Une poule s’était perchée sur le panier d’osier et le reste des canards continuaient de s’envoler par le trou du toit resté à l’air libre. Dans tout ce capharnaüm, la fermière essayait d’y voir clair, à commencer par sortir de là les deux imprudentes enfants, non s’en les gronder pour la forme, car c’était tellement comique, qu’elle n’arrivait pas à garder son sérieux.

    Heureusement, les fillettes n’étaient pas blessées,car les taules étaient rouillées. Quant aux volatiles, principalement les canards qui s’étaient envolés se rattraperaient facilement. Seuls, les travaux qu’il faudrait accomplir au retour des champs par son époux afin de refaire le poulailler à l’identique, restaient à considérer, et ce n’était pas une mince affaire! Il y avait bien pour une journée de travail... Les renards maraudaient la nuit, et ça aussi était à prévoir: Il ne fallait pas qu’à cause de la bêtise des enfants, ils perdent leur bêtes! Il fallait remédier à cela avant que le jour ne finisse.

    Enfin: il y avait plus de peur que de mal pour les deux petites coquines! Restait à savoir la punition pour ne pas avoir demander la permission de cueillir les fruits, et puisque les fruits étaient là, il serait bête de les laisser perdre! Il y aurait donc des confitures pour l’hiver, mais Patricia comme Gigie, chacune dans leur ferme respective, en seraient privées. Telle était leur punition pour avoir saccagé le poulailler à cause de leur gourmandise et leur imprudence. A la saison d’hiver, après un bon repas, elles regarderaient donc, chacune chez elles, tout le monde se régaler de confitures aux abricots... sauf elles. La bonne nouvelle qui ressort de cette histoire, c’est que le fermier décida de faire un toit en dur afin de pouvoir récolter les abricots chaque années, pour en manger à la pleine saison, et aussi, faire, avec le reste de la récolte, des confiture pour l’hiver tellement l’arbre produisait de fruits.

      

    Souvenirs d’enfance: N. GHIS. 01 Décembre 2016

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    Les malheurs de Gigie -3-


      Les malheurs de Gigie -3-

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    La collecte des œufs

     

    Gigie, toujours pleine de bonnes attentions, cherchait quelque choses à faire pour plaire à la fermière à qui elle s’attachait un peu plus chaque jour. Oh! Elle était choyée! Il n’y avait pas de différence avec les deux fillettes de la ferme: Marguerite et Justine.

    Mais Gigie ne connaissait pas toutes les habitude de la ferme: ce qu’il fallait faire, et ne pas faire. Dans la cour de cette ferme, il y avait la basse-cour, la mare à canard, plus loin, les endroits ou l’on enfermait les truies qui allaitaient les petits.

    Lorsqu'elles avaient leur petit cochons de lait, elles étaient très méchantes, ces truies et elle n’hésitaient pas à mordre si l’on passait la main dans leur enclot. Chaque truie avec leurs petits cochons de lait était dans des boxes séparés par des murets de un mètre cinquante environ, et les enfants n’avaient pas le droit d’y aller, même pour regarder les petits cochons à la mamelle, car mettre ses mains sur le muret n’était pas du tout prudent et très dangereux.

    Mais lorsque Gigie avait une idée en tête, rien ne la faisait changer d’avis. Elle ne voyait pas les conséquences de ses actes parce que trop jeune encore. Ce qu’elle voyait, c’était le plaisir qu’elle pouvait faire à la fermière en rendant service.

    A côté de chaque box ou logeait une truie et ses petits, était une sorte de passage pour que les fermiers puissent aller et venir sans encombre entre les boxes pour remplir les auges à cochon. Dans la porcherie où la devanture était ouverte sur l'air libre, les poules avaient une sale habitude d’aller pondre leur œufs le plus haut possible sur des nids confectionnés à leur convenance entre, et sur les grosses poutres qui tenaient la toiture.

    Gigie tournait et retournait son projet dans sa petite tête de linotte, afin d’aller ramasser les œufs bien avant que la fermière n'est eu le temps de le faire. Elle avait remarqué qu’entre chaque boxe où se trouvaient les truies, il y avait des échelles qui menaient jusqu’au nid des poules qui aimaient être perchées pour pondre.

    Toutes n’avaient pas les même manies, heureusement! Et Gigie se dit qu’elle pouvait commencer par celles qui pondaient un peu n’importe où avant d’attaquer les nids perchés en hauteur. Elle prit le panier réservé à cet effet et s’en alla gaiement à la recherche des œufs. Elle en trouva dans les vieux pneu de tracteur usagés où les fermiers avaient pris soins d’y mettre de la paille, et, bien sûr, dans le poulailler.

    Il fallait, maintenant s’attaquer aux œufs qui se trouvaient en hauteur. L’affaire se trouvait être plus ardue, et Gigie était une petite fille menue. Elle entreprit de laisser la panier plein d’œufs en bas, près des échelles qu’elle empruntait afin d’aller chercher les œufs, puis elle montait précautionneusement, échelon par échelon, en faisant bien attention de ne pas tomber dans un des box aux truies qui l’auraient mordu, si ce n’était pire.

    Gigie bravait ce danger tout en sachant ce qui l’attendait si une imprudence de sa part se produisait. Après avoir fait le tour de tous les nids en hauteur, et très contente d’elle-même, elle s’apprêta à redescendre doucement pour ne pas effrayer la dernière truie toujours dans son boxe avec ses petits, mais cette fois, son petit panier l'encombrait, l’anse passée dans son petit bras, elle loupa un échelon qui se trouvait être à un mètre cinquante du sol, donc tout prêt du rebord du muret qui retenait la truie et ses petits.

    Elle y posa le pieds pour ne pas tomber dans la porcherie, toujours avec son petit panier dans le bras qu’elle prit soins de ne pas faire tomber. La truie, voyant le beau petit mollet bien tendre que Gigie lui présentait sans le vouloir, essaya de l’attraper pour le manger. C’est que c’est féroce une truie qui a des petit! Et même sans petits cochons à nourrir, la truie, par nature, est carnivore!

    Gigie eut tellement peur qu’elle ne prit pas le temps de se rattraper et elle sauta du muret sur le sol, tenant toujours précieusement son chargement d’œufs. Ouf ! C’était de justesse ! Reprenant son souffle et ses esprits car elle en tremblait encore, Gigie récupéra l’autre panier ou elle y plaça très doucement les quelques œufs qu’elle avait si durement récupéré. Elle remit l’autre petit panier vide à sa place, et s’en alla joyeusement en trottinant et sautant à la recherche de la fermière qui devait se trouver dans l’étable.

    A force de bringuebaler les œufs, et sans se douter de ce qui allait lui arriver, Gigie, toute heureuse apporta sa récolte jusque devant la fermière au moment même où une explosion spontanée de plusieurs œufs recouvrit Gigie d'un liquide nauséabond qui en fut toute éclaboussée. l’odeur était insoutenable! Devant le désastre, la fermière prit les œufs des mains de Gigie sans oublier, sur le moment, de la gronder.

    Gigie se mit à pleurer à chaudes larmes en lui expliquant qu’elle n’avait voulu que lui rendre service en ramassant les œufs. Avant toutes autres explications, il fallait nettoyer Gigie qui sentait horriblement mauvais. Et la Gigie recouverte d’œufs pourris, dû se laisser déshabiller, puis tremper dans un très, mais très grand baquet en chêne plein d’eau chaude pour essayer d’enlever cette puanteur.

    La fermière dû la brosser avec une brosse à chien dent, l’essuyer, et dû se résoudre, encore une fois, à l’arroser avec de l’eau de lavande de la tête aux pieds! Gigie ne s’était pas calmée, et l’odeur s’était accrochée à elle, que s’en était insupportable.

    (A côté, d’œufs pourris, l'odeur d'une moufette ou d'un sconce quand il décide de l'arguer ses défenses en pétant sur son adversaire, n'était que du Chanel N° 5 !)

    Le litre d’eau de Cologne y passa carrément! Pour ses vêtements, il ne fallait même pas en parler! La fermière fît asseoir Gigie prêt de la grande cheminée avant de sortit le tas de ses habits qui n’étaient que puanteur, pour les mettre à tremper loin de la grande salle de ferme dans un grand baquet avec de l’eau et du savon noir.

    Lorsque Gigie fut un peu calmée, elle lui raconta sa mésaventure. la fermière comprit ce qui c’était passé, et lui expliqua que dans chaque nid de poule, on laissait toujours un leurre qui était, en général un œuf en plâtre; mais comme elles pondait un peu n'importe où, les fermiers n'avaient pas toujours sous la main ce genre d'objet.

    Il fallait incité les poules à pondre et donc, ils disposaient souvent un vrai œufs et le laissaient pendant des mois, si non plus afin d’habituer les poules à revenir au même endroit pour pondre. En voyant l’œuf, les poules croyaient qu’on n’avait pas touché à leur nids, et elles pondaient plus facilement. En ne faisant pas de différence entre les bons et les mauvais œufs, à force de les remuer en sautant, Gigie s’était exposée, sans le savoir, à l’explosion des œufs qui étaient pourris plein de gaz, et qu’il ne fallait surtout pas ramasser.

    Gigie fît les frais d’une leçon qui n’était pas gratuite puisque l’odeur des œufs pourris la suivirent pendant au moins une bonne semaine, même avec toute l’eau de Cologne avec laquelle, chaque jour, la fermière la frictionnait. C'est que c'est tenace une odeur d’œuf pourrit!

     

    Souvenirs d’enfance: N. GHIS. 02 Décembre 2016

     

     C'est bien connut que les poules pondent un peu n'importe où, et surtout dans des endroits insolites! Les poules sont fantasques et mettent leurs œufs dans des endroits où nous n'aurions même pas l'idée d'aller les chercher.

    gif poule

    Les malheurs de Gigie -3- 


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    Il s’appelait « Personne »

     

    Bien au chaud, dans ma voiture, j'observais la neige qui tombait dru. Je m'étais arrêtée pour attendre une accalmie, car avec cette neige qui tombait dru, on n’y voyait pas à deux pas. Sortant de nul part, la vue d'un vieil attira mon attention. Son pas lent, son dos voûté, manquant de tomber sous les bourrasques de vent, le vieil homme me fît pitié. le vieillard serrait son vieux manteau croisé sur sa poitrine comme si c'était son seul trésor. Visiblement, il n'attendait plus grand chose de la vie. Je le regardais intriguée, et je ne pouvais détacher mon regard de cette apparition lutant au milieu des tourbillons de neige qui s'enroulaient autour de lui comme pour le dissimuler à mes yeux. Mon intérêt se concrétisait sur lui: il avait l'air très âgée et il avait triste mine. Je ne sais trop pourquoi, une impulsion me força à quitter le confort de ma voiture et je m'élançais vers cette hombre qui se distinguait à peine dans ce froid hivernal et cette neige collante.

    Ma voiture n'avait plus aucune importance et ce que j’attendais non plus. De voir ainsi ce pauvre homme solitaire dans cette froidure, je ne pu m’empêcher soudain de lui crier :

    _ « Ou allez-vous comme ça brave homme?! Ou allez-vous?! »

    Le vieillard, trop saisit par le froid, n'entendit pas. et continuait sa marche dans la neige et le vent glacial, insensible à l'appel que j'avais bredouillé. J’eus honte et je senti mes yeux au bord des larmes. Je pensais en moi-même : _ « N'y a t-il pas quelqu'un prêt à le secourir ? Vais-je le laisser, dans le soir, s'évanouir, et devant la misère, allais-je rendre les armes ? »

    Je ne sais trop comment, deux pas derrière lui, tendant les mains vers l'homme, doucement je lui dis :

    _ Il y a là une auberge. Venez vous réchauffer. Comment vous nommez-vous ?  Il répondit : « Personne ».

    _ Personne ?

    Un peu interloquée, je le pris par le bras et l’entraînais quand-même vers la salle éclairée. Notre entrée impromptue fît s'arrêter les langues, et chacun détailla le vieux mendiant... et moi. Je fis asseoir « Personne » qui ne protesta pas. Tous ses membres tremblaient : Il il grelottait de froid. Je supposais qu'il devait avoir la faim accrochée au ventre. Je commandais à l'aubergiste :

    _ Deux potages bien chauds et un vin du pays. Vous y ajouterez une grosse miche de pain ainsi que du pâté, un bon saucisson sec et puis un bon fromage du pays aussi : tout ce qu'il faut pour ce brave homme qui vit dehors et qui n’a pas pour s’abriter. Ah ! J'oubliais ! Avez-vous des petits cigarillos ou du tabac gris pour sa pipe ? Il ne peut guère profiter de grand-chose vu son âge avancé ! Passer l'hiver dehors nécessite des calories ! Tout lui est donc permis ! Qui sait pour combien de temps encore il va pouvoir tenir par ce temps rigoureux et dans l'indifférence totale de ce monde cruel ! Puisqu'on y est, vous me préparerez la même chose dans un sac à dos : j'ai vu que vous avez pas mal de choses dans votre arrière boutique. Je pense que vous devez avoir tout ça puisque vous faite épicerie, tabac et bazar ? Ensuite, nous attendrons à cette table au fond, près de la cheminée, et vous nous apporterez deux grands bols de potages bien chauds. Je vous remercie.

    L'aubergiste ne cachât pas son étonnement devant ma commande. Tout au long de mon monologue, il n'avait pas bougé d'un poil. Réticent à me servir, et ça se voyait. Il attendait, son regard allant de mon étrange compagnon à moi sans décoller ses pieds de derrière son comptoir.

    _ Et bien, quoi ? Qu'attendez-vous pour bouger ? Je vous ai passé une commande, il me semble ?! Vous n'avez pas ce que je vous ai demandé ?!

    L'homme fît un signe de tête qui, sans aucun doute, voulait dire qu'il avait ce que je demandait en me montrant l'entrée de l'arrière boutique que j'avais déjà remarqué, mais il ne décollait toujours pas ses pieds de derrière son bar. L'idée me vînt de sortir quelques billets de mon porte-feuille qui se trouvait être dans mon sac à mains. A la vue des billets, l'aubergiste se décida à ouvrir sa bouche en esquissant un léger sourire. 

    _ Vous n’êtes pas très prudente, madame, de sortir tous ces billets devant les clients. Il se pourrait bien que dans le lot, quelqu’un vous attende à la sortie, dès que vous aurez franchir le seuil de cette porte.

    _ Ne vous occupez pas de ce que je fais, et occupez-vous plutôt ce que je vous ai demandé. Si je ne vous avais pas montré que j’avais de quoi payer, vous ne m'auriez pas servie ! Êtes-vous en mesure de refuser ma commande sans vous en mordre les doigts ? C’est une commande très alléchante pour votre tiroir caisse ! C'est une aubaine pour vous par ces temps qui courent ! Vous faites une très bonne affaire !

    Ne sachant que répondre devant ma tirade, l'aubergiste ouvrit juste la bouche pour me dire :

    _ « Bien, madame », tout en continuant d’essuyer les verres de ses lunettes. Nous avons tout ce ce dont vous avez besoin.

    _ Bien ! Lui dis-je, en lui faisant miroiter de nouveau les billets que j’avais encore dans ma main avant de les remettre dans mon sac. J’ajoutais :

    _ Faites en sorte de lui trouver également un abri pour la nuit : l'écurie fera l'affaire: J'ai vu que vous en aviez une. Je veux que ce vieil homme dorme au chaud cette nuit ! Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors ! Je vous paierais pour votre dérangement.

    J'avais froid, et mon compagnon de fortune aussi. Impatiente, je grommelais :

    _ Alors, aubergiste ! Vous, vous bougez ou dois-je aller ailleurs ? Il y a une autre auberge un peu plus loin dans le bourg. Au point où nous en sommes, je peux tout aussi bien ressortir et aller voir si je peux être mieux servir chez votre... concurrent. L’aubergiste se décida enfin à se mettre en mouvement devant la perspective de la somme importante qu’il allait se palper en plus des consommations. Le pauvre vieux ne disait mot. Il restait assit près de la grande cheminé tenant tout un pan de mur de la grande salle, et attendait que je vienne également m’asseoir.

    Cette immense cheminée dispensait généreusement sa chaleur à l’assemblée des consommateurs, ce qui n’incitait pas les habitués à se risquer dans la tempête où le vent qui soufflait fort, et la neige collante tombant déjà depuis plus d’une paire d’heures, était beaucoup plus drus que lorsque nous étions arrivés : cela ne leurs donnait pas du tout envie de sortir goûter au blizzard qui pénétrait les vêtements. Les gens se sentaient trop bien dans l'auberge, et à les voir, aucune personne présente n’avait envie de s’aventurer au dehors, dans ce froid glacial.

    Une torpeur bienfaisante et pénétrante de sérénité envahit mon brave vieux. Sa pelisse usée sentait le chien mouillé. Ce n'était guère plaisant comme odeur. Je la lui fit quitter et lui dis gentiment :

    _ Elle est toute mouillée. Ne croyez-vous pas qu'il faudrait la sécher ? Laissez-moi m’en occuper.

    Le vieille homme visiblement harassé, ne me répondit pas. Il se leva de sa chaise, se dirigea vers l’âtre, prit deux chaises inoccupées, les mis dos à dos en prenant soin de les écarter à bonne distance l’une de l’autre puis, étala son vieux manteau soigneusement au dessus, en équilibre et pas trop près des flammes : Le foyer rougeoyant le parsema d'étoiles. Une brume légère s’éleva lentement. C'est vous dire à quel point ce vieux vêtement mouillé comptait de trous ! Ayant accompli sa tâche avec soins, le grand-père mesurant ses gestes et économisant ses forces, revint s’asseoir.

    Depuis notre entrée insolite, la défroque séchait et le bonhomme se restaurait avec une apparente satisfaction en me prodiguant de nombreux sourires édentés, et signes de tête que je traduisais comme autant de remerciements.

    Au contact du grand bol de soupe, ses mains maigres et violacées, lentement se réchauffaient. Assise en face de lui, je contemplais le calme de ce vieil homme qui mangeait avec un appétit faisant plaisir à voir. Pour ne pas l’embarrasser et parce que j'avais eu froid moi-même en l’interpellant, il me prit l’envie de le questionner : non par curiosité, mais plutôt pour lui venir en aide si cela était dans mes cordes. Pas un mot ne sortit de sa bouche édentée, mais ses yeux exprimaient ce qu’il n’osait me dire. Je compris qu’il ne demandait pas l’aumône et que je devais respecter son silence. Il ne voulait pas être un assisté. Je sentais sa gêne et je me fis violence pour ne pas insister moi non plus. Je me devais de ne pas lui enlever le seul trésor qu’il lui restait encore en ce monde : Sa dignité.

    Sans plus se soucier du vieillard grelottant, les gens avaient reprit leur discussion oiseuse. Ils avaient oublié ma présence et « Personne » : comme quoi, la pauvreté n’est bien vue que d’en haut, et nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Pour la plupart des gens, qu’importe les errants pourvu qu’ils aient le ventre plein et qu'ils soient au chaud !…

    Après une copieuse collation dispensée avec le plus de tact possible, et pour ne pas humilier mon invité par rapport à sa précarité, je restais avec lui le temps qui lui fallut pour reprendre contact avec cette sensation d’avoir le ventre bien plein, et le corps au chaud, ce qui ne lui était certainement pas arrivé depuis des lustres !

    Passé la troisième heure de présence en cette auberge, le vieil homme se leva, pour reprendre sa pelisse trouée, et remettre les chaises à leur place. Revenant sur ces pas, il prit le sac à dos que je lui avait fais remplir de victuailles, me salua avec, dans son regard pétillant de gratitude, une infinie reconnaissance puis, il quitta la salle accompagné par l'aubergiste, afin qu'il puisse dormir dans l'écurie, à la chaleur des chevaux, comme je l'avais expressément demandé. Après m'avoir salué, le vieil homme suivit le tenancier de l'auberge sans un regard pour les habitués, sans même se retourner une dernière fois sur moi. Ce n’était pas de l’ingratitude ! Non : c’était simplement de la discrétion.

    J’ai toujours souvenance du mendiant solitaire. Une chose m’a frappé que je n’oublierai plus : Pas une seule fois sa main ne fût tendue, et nul ne fût plus digne que lui... dans sa misère.

     

    N. GHIS.

      

    Il s'appelait 'Personne" 

    N. Ghis. / La Rose de Janvier 2016

    Il s'appelait 'Personne" +


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    La valse de l'hiver 

     

    La valse de l’hiver

     

    C'est un après-midi d'hiver très froid. Mais elle aime l'hiver! Elle aime rester bien au chaud quand, dehors, le vent souffle. Elle aime entendre, dans l'âtre, la bûche qui se plaint, et que les bûches crépitent, dispensant une douce chaleur se dégageant de la cheminée.

    Le chat et le chien sont couchés, devant le rayonnement rassurant de celle-ci, et dorment paisiblement. Cette image idyllique de voir ses compagnons tranquilles se prélasser sur le tapis, à la lueur des flammes, lui fait chaud au cœur. Quand il fait ce temps, elle aime, tout en lisant un bon livre, être dans son fauteuil préféré, assise confortablement, imitant ses deux compagnons  alanguies, au coin du feu.

    Elle aime aussi entendre le tic tac tranquille de l'horloge familiale qui a survécu héroïquement à toutes les génération passées et présentes, marquant toujours allègrement les heures de cette douceur de vivre, dans son cottage, bien protégée de la rigueur du froid. Elle se sent tellement bien dans son petit cocon chaud, rassurant, et douillet !

    Cette odeur de café brûlant qui lui chatouille les narines, et lui donne envie de s'en délecter. Le chaud liquide coulant dans sa gorge la réconforte et lui fait comprendre combien elle est privilégiée lorsqu'elle pense à tant de personnes sans abri, qui se meurent dans une indifférence totale, dans le froid mordant des rudes hivers sans pitié pour la faible humanité que nous sommes si l'on a pas la chance d'avoir un toit pour nous protéger, et un bon feu pour nous tenir chaud.

    L'odeur du café qui attend d'être but, se rappelle à elle et lui donne envie de s'en resservir une tasse. Mais cette autre tasse attendra bien un peu. Ce breuvage fumant lui fait vraiment très envie, mais elle n'est pas pressé de s'en servir une autre tasse. Elle est si bien ainsi, dans la parfaite chaleur de son nid douillet quand, au dehors, la tempête fait rage, et que la maison se plaint de tous ses murs sous les asseaux du vent d'hiver qui cherche, par tous les moyens, à se glisser sous les porte de son chaud logis ou par les fenêtres qui se défendent contre ses attaques répétées. Les doubles rideaux fleuris en velours de gêne protègent bien de la température hivernale! C'est qu'elle l’aime sa maison! Elle à tout un passé à raconter qui fait qu'elle existe, et sera là encore longtemps pour les générations à venir... Elle entend au dehors, la bise qui souffle et fait claquer les volets contre les murs. La maison gémie, mais elle est solide sous cette apparente fragilité.

    Tout en profitant égoïstement de son bien être. Curieuse, elle lâche un moment sa lecture pour regarder ce spectacle hivernal qui suscite chez elle la peur de n'être plus protégée, comme le sont les pauvres gens sans toit, ignorés de tous, grelottants de froid et de faim. Elle est triste pour eux, mais ne peux rien faire contre l'adversité de cette vie cruelle et sans pitié pour les abandonnés: ce qui lui fait d'autant plus égoïstement profiter de ce privilège qu’est son « chez sois » que lui procure sa jolie maisonnette.

    Abandonnant ses tristes pensées, elle remarque que le vent s'est calmé, juste assez pour laisser place à la neige qui s'est mise à tomber drue. Elle écarte un peu les doubles rideaux pour mieux apprécier, bien au chaud derrière sa fenêtre, les frimas de cet hivers qui n'en fini pas. A l’abri de la tourmente, elle observe le moindre mouvement suspecte d'animaux n'ayant pas eu le temps de se mettre en sûreté. Elle guette la moindre apparition humaine qui se serait perdu dans ce blanc immaculé. Il lui semble, cette année, que le manteau neigeux va tenir et former un tapis de silence. Pendant un temps, la neige sera vierge de toutes traces venant souiller ce paysage grandiose qui s'offre à sa vue. Pour l'heure, pas un enfant ne se risque à faire un bonhomme de neige. dans cette fin d'après-midi, aucun de ces petits garnements ne sort faire de la luge ou un bonhomme de neige.

    Sous un ciel plombé, le nez derrière ses carreaux, elle fixe les flocons qui tourbillonnent en tous sens. Elle est absorbée par ce spectacle, émerveillée au delà de ses émotions. Hypnotisée par la valse des flocons, son regard se brouille et elle se sent comme en apesanteur, quand le sol semble se dérober sous ses pieds qui lui paressent ne plus toucher terre. C'est une sensation inexpliquée et délicieuse à la fois, que de se sentir en communion avec le ciel! Elle se sent comme aspirée parmi les flocons qui dansent autour d'elle dans une chorégraphie céleste. Soudain, pour elle, c'est l'extase! C'est un instant magique et merveilleux, qui fait qu'elle n'est plus, pour quelques secondes, de ce monde: elle à comme l’impression de voir danser l’hiver!

    N. GHIS.

    La valse de l'hiver

    Texte modifié en décembre 2016

    La valse de l'hiver


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    Mon seul noël d'enfant  

    Seul noël d'enfant  

    Troisième partie 

     

    C'était une cuisinière à bois et à charbon en fonte émaillée avec le réservoir d'eau chaude sur le côté droit, les tuyaux de poêle qui s'emboîtaient les uns dans les autres, la clef de tirage sur le tuyau central que l'on actionnait pour augmenter ou diminuer le tirage et sur le dessus, trois cercles en fonte fermés pas un dernier rond en fonte lui aussi; mais plein. Chaque cercle s'enlevait si l'on devait se servir d'un faitout à pot-au-feu et si l'on voulait que le faitout soit plus ou moins en contact avec les flammes, ce qui avait pour effet de faciliter la cuisson des aliments.  C'était une vraie cuisinière! Pas une fausse! Non, non, non! C'était la même que maman! Je sautait au cou de papa et je l'embrassais de toutes mes forces d'enfant. Il me tendit un autre paquet que je n'avais pas remarqué.

    - Et ce cadeau? Tu n'en veux pas? Comment comptes-tu cuire ta soupe si tu n'a pas ce qu'il faut?

    - Mais papa! Je sais comment on s'en sert! J'ai déjà vu faire maman des centaines de fois! Je sais m'en servir! fis-je excitée comme une puce. 

    - Il  me manque les casseroles papa! Oui! C'est ça! Il me manque le faitout pour faire la soupe et les casseroles! Je déchirais le papier qui enveloppait de superbes casseroles en cuivre rouge que papa m'avait façonné lui-même à l'usine et toute la batterie de cuisine qui allait avec. J'avais même le seau à charbon qui était à la mesure de ma cuisinière et aussi le tisonnier pour tisonner dans le feu lorsque celui-ci ralentissait la cuisson de ma soupe. Il y avait, il ne faut pas que j'oublie, le tiroir à cendre pour que je puisse vider les cendres dans le jardin, derrière la maison qui comprenait une petite cour intérieur dans laquelle s'épanouissait un gros figuier dont les fruits restaient toujours verts en pleine saison de cueillette: Il ne faisait pas assez chaud pour que les fruits mûrissent. Enfin, c'est ce que je pense puisque je n'ai jamais pu manger une figue mûre.

    Mais revenons-en au joli soir de noël de mon passé.

    Je n'en revenais toujours pas d'avoir été aussi gâtée? Ma joie rayonnait sur tout mon visage d'enfant. Je ne me voyais pas; mais je ressentait l'excitation et mes joues toutes rouges de plaisir! Je voulais m'en servir tout de suite, mais papa et maman me firent comprendre qu'il était tard et que je ne pourrais m'en servir que demain avec, pour la toute première fois, l'aide de papa qui m'en montrerait l'usage.

    - Ce que tu ne sais pas ma petite chérie, c'est que c'est dangereux! Tu peux te brûler si je ne te montre pas bien l'usage de cette petite cuisinière comme il se doit!  Et oui, tu ne pourras t'en servir que dans la cours! Et encore! A condition que maman  ou moi soyons à côté de toi pour surveiller si tu as bien retenu la leçon de façon que tu ne te fasses pas mal et que tu ne mettes pas le feu à la maison! Dit-il en riant de bon cœur. Je n'avais jamais vu mon père comme ça? Et maman  aussi qui riait de me voir radieuse.

    Je me souviens que mon visage s'assombrit tout à coup:

    - Qu'est-ce que tu as me demandèrent-ils ensembles?

    - Il faut que je dise merci au Père noël! Mais il est déjà parti...

    - Ne t'inquiètes pas: nous lui avons laissé la fenêtre de la chambre entrouverte pour qu'il puisse entrer et ressortir. Tu sais bien que la cheminée est bouchée et que l'on a pas le droit de s'en servir?

    - Je n'ai pas eu le temps de le voir pour l'embrasser, fis-je?...

    - Mais c'est ça la surprise ma chérie! Le père noël ne veut pas qu'on le voit sinon, il n'en finirait plus s'il devait s'arrêter dans tous les foyers pour embrasser les petits enfants du monde entier!

    - C'est vrai maman. Tu as raison. Je n'y avais pas pensé à cela? Répondis-je, déçue. Je peux faire  quand même un gros bisous à toi et à papa? Quand même? C'est pour avoir dit au Père noël de ne pas m'oublier cette année!

    Pour la première fois, j'ai vu mon père les larmes aux yeux quand il me prit dans ses bras: Cela ne lui était jamais arrivé. Plus tard, lorsque je fût bien plus grande, je su que c'était papa qui avait fabriqué la cuisinière et tout ce qui allait avec au heures de pause à l'usine ou il travaillait et surtout, en cachette du contremaître qui surveillait les ouvriers... 

    Papa était quand même un mécanicien spécialisé P 3 chez Panhard si je me souviens bien! Mais je ne connais toujours pas le grade que peux représenter ce "P 3"? Je pense que c'était quand même une spécialisation un peu plus importante que les autres pour qu'il est pu travailler sur ma petite cuisinière sans risquer de se faire prendre et renvoyer?... 

    Qu'est-ce que j'ai pu m'amuser avec ma cuisinière! Je faisais la soupe. Maman me donnait une petite carotte, un bout de poireaux, un petite moitié de pomme de terre un petit bout de navet qu'elle avait coupé en touts petits morceaux pour m'éviter de me couper moi même. Je me régalait à faire cuire tous ces petits légumes sur ma cuisinière. Mon potage! Ma soupe! Qu'elle merveille! C'est moi qui allumais ma cuisinière avec un peu de papier sous la surveillance de maman, je mettais ensuite, sur le  papier, des petites bûchettes. Lorsque le papier et les bûchettes avaient pris, j'ouvrais avec le tisonnier le foyer et j'y laissais tomber le boulet de charbon, car ma cuisinière marchait en vrai et elle ne pouvait contenir qu'un seul boulet à la fois que je remplaçais lorsqu'il était presque complètement consumé.

    Je ne saurais pas vous dire combien de temps j'ai vécu avec mes deux parents? Mais le temps que j'ai passé avec eux, après ce mémorable noël, fut très dur à vivre pour mon cœur de petite fille partagé entre l'amour de mon père et celui de ma mère!  Je les aimais tous les deux autant! Leur déchirements perpétuels me fendait le cœur et j'avais peur de papa lorsqu'il rentrait saoul à la maison, que mes parents se battaient parce que  maman ne se laissait pas faire. Lorsque mon père était en crise, c'était dans ces moments-là que je me cachais, au plus fort de la tempête, sous la table de la cuisine... 

    Pourtant, un noël pas comme les autres, mes deux parents ont su faire une trêve pour que fût réussi mon plus beau et seul noël d'enfant entourée de mes deux parents. En plus des cadeaux (la plus part fabriqués à l'usine Panhard par papa), ils m'ont fait le cadeaux encore plus cher à mon cœur de petite fille: l'illusion d'une vie normale.

    Le temps à passé... Après ce noël qui est resté gravé dans ma mémoire au fer rouge comme l'ultime preuve d'amour que m'avait faite mon père avant de disparaître de ma vie d'enfant pour toujours. Je connu alors l'enfer des nounous, des familles d'accueil, des pensions religieuses dont la pension des sœurs Saint Vincent de Paul. J'avais entre 7 et 8 ans. Elles étaient méchantes et cruelles...  Je n'ai plus jamais revu mon père. Mes parents se sont séparés; mais jamais ma mère n'a pu divorcer de mon père, l'ayant fait interner en maison psychiatrique à Charenton pour violence conjugales à cause de son alcoolisme: il était, dans ces moments de démence, extrêmement dangereux pour sa famille, pour les autres et pour lui-même. 

    Aujourd'hui, j'ai le courage de me replonger dans ce souvenir lointain, très douloureux et très cher à mon cœur, pour vous raconter mon noël à moi, le seul de ma vie de petite fille et montrer aux grands comme aux petits que les noëls sont importants dans une vie d'enfant! Pas seulement pour les cadeaux; mais pour l'amour que leurs portent leurs parents même si le jouet n'est pas très grand. Il faut savoir accepter ce que l'on nous offre avec le cœur, du moment que c'est offert avec amour. Ce sera peut-être le seul noël dont vous vous souviendrez lorsque vous serez vous même parents... Pour moi, ce noël perdu dans les années 50/60 fût le plus merveilleux noël que je puisse vous offrir aujourd'hui en guise de témoignage d'un bonheur lointain que je ne voulais pas oublier. Maintenant, c'est fait. Il est à jamais fixé sur mon blog, sur la toile gigantesque du net pour toujours et à jamais.

     

    Fin de l'histoire

     

     N . Ghis.

     

     

     

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    David James (site web) Le 29/11/2009

    Chère Ghis, je viens d'achever la lecture de ton plus beau Noël, qui m'a ému aux larmes. J'ai eu la chance de n'avoir que de beaux Noël. A seize ou à deux, en famille ou entre amis intimes, aujourd'hui je regrette ceux de mon enfance, la féerie des préparatifs, la réunion familiale, l'attente du passage du Père Noël, le déballage des cadeaux: tout ce que tu as su parfaitement décrire. Profites du moment présent et passe un joyeux Noël. Je t'embrasse 

     


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    Mon seul noël d'enfant 

     

    Seul noël d'enfant 

     

    Deuxième partie

     

    Est-ce que papa était d'accord? Est-ce qu'il était "normal" par rapport aux autres jours? Pourvu qu'ils ne se disputent pas tous les deux? Je tremblais de tous mes membres à tel point que je claquais des dents et que tout mon petit corps avait froids! La peur me tenaillait le ventre et c'était comme ça tous les soir lorsque je guettais l'heure d'arrivée de mon père.

    Le bruit de la clef tournant dans la serrure de la porte d'entrée se fît distinctement entendre. Papa apparu sur le pas de la porte sans dire un mot. Il accrocha son blouson d'aviateur marron, fourré de laine de mouton au porte manteau du vestibule en n'oubliant pas de glisser ses clefs dans une de ses poches ainsi que ses lunettes de motard. Il posa son casque sur la vieille console de marbre fendu du couloir, au dessus du grand miroir très vieux et piqué, puis sans s'adresser à nous, il fila droit dans la chambre à coucher sans même s’apercevoir que j'étais sous la table de la cuisine. Faire sa toilette pour se débarrasser du cambouis et de l'odeur de la graisse de vidange (il travaillait chez Panhard comme mécanicien spécialisé) et mettre un pyjama, c'était tout ce qui lui importait en ce moment même. Il ne s'était même pas rendu compte que j'avais changé de cachette; mais moi, j'observais tous ses faits et gestes lorsqu'ils étaients à la porté de mon regard d'enfant. Mon intérêt n'était pas que pour ce que faisait mon père! Non! Mon attention se fixait également sur les préparatifs du dîner. Ca sentait très bon et j'avais une vague idée de ce à quoi j'allais être le témoins...

    Étourdie par les vas et viens de maman, je commençais à me lasser et j'avais mal à mon derrière. Au bout d'un temps qui me parut assez long, mon père revînt de la chambre, jeta un œil furtif au sapin et s'affala sur son vieux fauteuil de cuir ou j'avais laissé traîner mon cartable. Il le pris et le posa par terre sans dire un mot. La soirée s'allongeait et je commençais à en avoir assez d'être cachée sous la table ou maman s'affairait; mais j'étais bien trop intriguée par ce grand arbre tout enrubanné qui montait jusqu'au plafond. La maison était trop silencieuse... anormalement silencieuse...

    Maman continuait les préparatifs du repas: (ce qui ne lui ressemblait guère). Ca sentait bon le poulet rôti et aussi le gâteau à la crème: ce qu'on appelait le moka fait d'un mélange de chocolat et de café pour la crème. Toutes les odeurs avaient agréablement finit par se mélanger.

    Pour en revenir à mon père, pour la première fois, il semblait décontracté et serein. Apparemment, il n'avait pas bu. Il entreprit de feuilleter son journal et maman mit la radio en sourdine pour ne pas le déranger puis, elle entreprit de mettre une belle nappe damassée et sortit la belle vaisselle avec les couverts en argent qu'ils avaient eu en cadeau pour leur mariage. J'étais de plus en plus intriguée. Jamais, au grand jamais, je n'avais vu mes parents comme ça? Pour une fois, ils était tous deux très calmes. Ca changeait!... Je présentait, malgré une vague sécurité qui me gagnait, que quelque chose n'allait pas tarder à me tomber dessus... Malgré tout, Je ressentais une euphorie inexplicable de voir mes parents si calmes. Je n'en revenais pas? Avaient-ils décidé de faire la paix pour cette nuit de noël qu'ils n'avaient jamais fêté auparavant? Je ne savais que penser?

    A force de fixer mon père et les allées et venues de ma mère, sans compter le temps passé sous cette table à me trémousser de fatigue, mes yeux commencèrent à me piquer. Je les frottais vigoureusement: le sommeil n'était pas loin et sans bien m'en rendre compte, engourdie par la musique douce des chants de noël et l'odeur du gâteau qui se dégageait du four, je plongeais dans un profond sommeil.

    Il dû se passer une bonne heure avant que maman ne vienne me tirer de dessous la table de la cuisine que j'avais, par habitude, réintégré subrepticement...

    - "Réveilles-toi." Me dit-elle en me secouant doucement. Il faut te faire belle pour aller à table. Je me laissait conduire à l'évier pour me laver les mains et me débarbouiller plus vite. Maman me revêtit d'une belle robe blanche en organdi, agrémentée d'un petit "Col Claudine" et d'une ceinture en satin rose qui se terminait par un gros nœud dans le dos. L'ensemble de ma tenue de petite fille modèle n'allait pas sans une jolie petite paire de ballerines de la même couleur que la ceinture de ma robe.

    Petite fille à la chevelure blonde et bouclée, j'étais facile à vivre et je ne bougeais pas beaucoup à cause de la peur intrinsèquement liée à mon corps. J'étais toujours angoissée. Maman n'avait aucun mal avec moi et elle adorait me brosser les cheveux parce que cela me faisait du bien et me rassurait. Elle entreprit donc de me brosser les cheveux pour me détendre. Je fermais les yeux oubliant que mon père était dans la pièce à côté en train de lire son journal. Elle me sépara la chevelure par une raie au milieu et agrémenta la coiffure par deux barrettes ornées elles aussi par deux gros rubans de satin rose qu'elle posa de chaque côté de ma petite tête.

    Habituée aux colères de mon père et aux ripostes de ma mère, je n'avais pipé mot. Tout ces préparatifs s'étaient déroulés dans un silence le plus complet. J'avais très peur de mon père; mais pourtant, je l'aimais.

    Il ne devait pas être loin de minuit lorsque nous nous mîmes à table. Je le sais parce que j'avais vu les deux aiguilles de l’immense horloge, qui trônait dans la grande pièce de la salle à manger, toutes deux réunies sur les chiffres "1 et 2" et pour me donner raison, celle-ci se mit à résonner de son beau chant d'horloge qui comptait les quart d'heure, les demie-heure et les heures. Je sais à présent que c'était le carillon de Westminster que j'entendais tous les jours. J'aime cet air encore aujourd'hui et mon seul regret, c'est de n'avoir pas retrouvé ce même air lorsque mon cher époux m'a offert cette belle horloge comtoise qui, elle, ne sonne pas du tout pareil...

    J'étais trop jeune pour me rendre compte que mes parents pouvaient être de confession catholique. Je ne me souviens pas non plus d'avoir assisté une seule fois, dans ma vie de petite fille, à la messe de minuit, ni admiré la chèche vivante de l'église de notre quartier?...

    Donc, faisant abstraction de tout ce que j'avais raté dans ma jeune vie, mon esprit déjà très vagabond, réintégra mon corps pour venir m'asseoir à côté de papa tandis que maman reprenait sa place en bout de table pour être plus prés de la cuisine.

    Très attentive au moindre changement de physionomie de mon père, je l'observais à la dérobé de peur de revoir apparaître son visage des mauvais jours; mais rien ne se produisit. Me sentant rassurée, je le regardais franchement et le gratifia d'un très grand sourire qui le poussa à me le rendre en me tapotant doucement sur la joue.

    Les deux points fermés sur la table, je me tenais bien droite comme j'avais été apprise et j'attendais sans rien dire que maman vienne apporter les différents plats et servir en premier papa avant de passer à nos assiettes. Le soupé se passa parfaitement bien. Pas un seul reproche ne fusa des lèvres de mon père qui affichait même un air plus que satisfait: ce qui était, en soit, une prouesse!... Après avoir débarrassé les reliefs du repas, le dessert s'annonça par la voix de maman attendant l'approbation de mon père. J'observais le déroulement des opérations avec une crainte bien dissimulée ayant toujours au font du coeur la peur d'un dérapage incontrôlé de la par d'un de mes deux parents; mais rien, ce soir-là, n'alla de travers. Papa donna le départ des conversations en m'adressant :

    - " Il est bon le gâteau que maman à fait de ses propres mains! Tu aimes le moka au chocolat?...

    Il attendait ma réponse: je n'en revenais pas qu'il m'adressa à moi la parole plutôt qu'à maman? La bûche décorée et pleine de personnages, de petites choses dessus avait été délicieuse. En voyant arriver maman avec cette merveille de bûche, j'en avait écarquillé les yeux pour mieux m'imprégner de cette vision. Maman avait très bien réussit sa bûche comme le repas. Papa n'avait, pour une fois, rien eu à dire de déplaisant et pour faire honneur au gâteau, il s'en resservit une très grosse tranche tout en complimentant la cuisinière de ses prouesses: ce qui n'était vraiment pas coutumier chez lui...

    "La cuisinière de service" ne répondit pas à son compliment; mais elle eu un petit sourire qui en disait long et je comprenais ce que ce sourire signifiait parce que je connaissais maman par coeur.

    D'une humeur décidément joviale, papa me resservit un autre morceau de bûche au chocolat, servit également maman qui avait une préférence pour le café.

    Je ne savais toujours pas ce qui allait se passer à la suite du repas gargantuesque que nous avions dégusté. J'étais vraiment très loin de me douter de ce qui m'attendait encore?

    Soudainement, papa se leva de table prétextant l'oubli de son briquet "tempête" qu'il avait laissé dans l'une de ses poches de bleu de travail. Il revînt avec sa pipe toute fumante au bec et un de ces léger sourire qui présageait quelques surprises que je n'avais pas prévu. Dans le même temps, maman se leva elle-aussi pour s'en aller dans la cuisine et en revenir avec une bouteille de mousseux qui devait se trouver au frais dans la glacière de la cave dont la porte donnait justement dans la cuisine. Il faut que je vous explique que les réfrigérateurs, pour la plus part des français, n'étaient pas à la porté de tout le monde! Monsieur Frigidaire avait inventé cette extraordinaire machine qu'est devenu, par la suite "Le Frigidaire" du nom de l'inventeur que l'on nomma par la suite le réfrigérateur que seuls les gens aisés pouvaient prétendre avoir chez eux. Nous, nous avions pour garder les aliments au frais, des gardes mangers qui isolaient des rongeurs qui comme vous devez le savoir, grimpent partout et des glacières ou l'on stockait des pains de glaces livrés le matin même par le marchand de glace et que l'on mettait dans un compartiment recouvert de zinc: ce qui retenait le froid et maintenait les aliments périssables au frais un certain temps. La glacière était équipée en bas d'un autre compartiment en zinc lui aussi, faisant fonction de récupérateur d'eau fondu. De l'extérieur, la glacière ressemblait à un haut meuble de bois vernis juché sur ses quatre pattes que je trouvais laid. La corvée était de ne pas oublier de vider le réservoir régulièrement, sans quoi, gare à l'inondation!

    Ce jour du 24 décembre n'en finissait pas. Il avait été bien long pour une petite fille de mon âge et je tombais littéralement de sommeil, le nez dans mon assiette vide. Tout à coup, un grand bruit se fît entendre qui me réveilla tout net. Je n'eus que le temps d'apercevoir le père Noël qui s'enfuyait à toute jambes dans la chambre à coucher de papa et maman. Je me souviens de cette peur qui m'avait fait sursauter et du costume rouge et blanc qui avait disparu Dans l''embrasure de la porte en laissant un énorme paquet au pied du sapin à côté d'un plus petit. Maman me dit:

    - Réveille-toi ma puce! Le papa noël vient de passer.
    - Mais, maman, quel papa noël? Je n'ai pas eu le temps de le voir et... et... Il doit être encore dans la chambre?! Nous n'avons pas de cheminée: elle ne marche pas! Des larmes commençaient à couler sur mes joues rouge de stupéfaction. J'étais excitée par ce que je venais d'apercevoir. Maman me dit pour me calmer que la fenêtre était restée entrebâillée pour qu'il puisse entrer et sortir par l'arrière cours puisque nous habitions un rez de chaussée. Ce fût ce moment que choisit mon père pour reparaître avec son briquet tempête, sa pipe et son tabac. Comme je ne me calmais pas, il vînt vers moi, me prit dans ses bras pour me calmer conscient qu'il m'avait fait peur. Il ne m'avait jamais prise dans ses bras. Tout contre lui, je me calmais doucement. Papa m'invita à déchirer les papiers qui masquaient les jouets que je n'avais jamais eu l'habitude de recevoir. Maman vînt se joindre à nous avec, elle aussi, pleins de paquets tous plus gros les uns que le autres en déclarant que le père noël, dans son empressement à passer par la fenêtre de la chambre, avait oublié de mettre le reste des paquets sous le sapin. Elle les avait récupéré justement sous cette fenêtre et les ramenait vers moi.  Je n'avais pas percuté que maman ne venait pas de leur chambre. Mes larmes se changèrent en rire lorsque j’aperçus le piano d'enfant sauvé extrémiste du désastre. Papa me fît remarqué qu'il y avait encore un plus gros paquet cadeau que je n'avais pas encore remarqué. Il le soupesa et me fît la réflexion:

    - "Oh! Qu'est-ce qu'il est lourd!!! Tu ne veux pas voir avec moi ce que c'est? Tu n'y arrivera pas toute seule ma chérie!"
    Je lâchait quelques instants le petit piano d'enfant pour déchirer le papier du second cadeau pas encore découvert par mes soins et il y en avait encore d'autres!... Papa et maman m'aidaient: le cadeau était vraiment énorme et très lourd! Qu'est-ce que cela pouvait bien être?...

     

     A suivre...

     

     

     

    Bernard-Raphael Mathilde (site web) Le 12/12/2010

    Bonsoir, Par Loup Blanc, je viens de vous découvrir et votre site me séduit beaucoup!
    Il est très beau esthétiquement beau! De plus, il y a des histoires qui sont très touchantes et ça remue les tripes... j'attends la fin de cette histoire avec, je l'avoue, beaucoup d'impatience. A bientôt... j'ai encore à découvrir...  Je vous souhaite une très bonne continuation! Amicalement, Mathilda.

     seul noël d'enfant

     

     


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    Mon seul noël d'enfant

     

    Seul noël d'enfant

     

    Première partie

     

    Je ne veux me souvenir que des meilleurs moments de tendresse et de complicité que j'ai connu avec mon père. Mes souvenirs remontent loin dans ma petite enfance et je peux vous assurer qu'entre quatre et cinq ans, on se souviens très nettement des scènes de violences qui duraient souvent jusqu'à ce que nous arrivions à nous enfuir de la maison ou bien, appeler "Police secours" quand ce n'était pas le voisinage qui s'en chargeait pour nous...

    Il y a eu des moments d'accalmie et ces moments là, auprès de mes parents qui, pour une fois, étaient calmes, n'étaient pas si nombreux. Je n'en connaissais pas les raisons; mais pourtant, ils étaient si précieux à mon cœur de petite fille! Ils n'étaient pas coutumiers car papa n'était pas démonstratif. A présent, je sais que mon père m'aimait à sa façon; mais à l'époque, il me faisait peur avec ses crises de démence dû à une alcoolisation trop forte et cela arrivait très souvent. Mon père rentrait pratiquement chaque soir ivre mort à la maison. Paradoxalement, il ne m'a jamais battu. Il ne s'en prenait qu'à ma mère qui ne l'aimait pas et qui ne voulait pas, comme ça se faisait à l'époque, être soumise à son mari et bien obéissante, d'où les prises de becs incessantes entre mon père et elle concernant son insoumission flagrante. Ma mère était réfractaire à tout ce qui touchait à sa condition de femme non émancipée. Elle jugeait être un droit que d'avoir les mêmes prérogatives qu'un homme (et elle n'avait pas tord), considérait les femmes de sont époque comme des serpillières sur lesquelles on s'essuyait les pieds. Elle détestait la condition féminine qui contrastait par rapport à l'autorité des hommes sur les femmes. Par principe maman se rebellait contre toutes supériorité des hommes qu'ils croyaient acquise à jamais et la  contestait de toutes les manières possibles,: ce qui lui valait la foudre de mon père qui ne savait pas venir à bout de sa résistance. Par la suite, bien des années plus tard, l'histoire en marche révélera que leurs prérogatives de mâles ne cessèrent de diminuer: surtout après la deuxième guerre mondiale.

    Ma mère était en avance sur son époque. Elle ne supportait pas le joug masculin! D'ailleurs, elle ne supportait pas, non plus, son beau-père, pas plus que sa mère qui faisait des différences entre ses enfants. Elle était, je crois, la troisième de six filles et un garçon. Je su, par la suite, en étant plus grande, pourquoi ma mère était le vilain petit canard de la famille...

    Conforme aux idées véhiculées par maman, je n'aimais pas ma grand-mère maternelle, pas plus que je n'aimais mon grand père maternel qui était un homme passif, moue et incapable de résister à sa femme: une personne autoritaire et méchante. Du côté de papa, son père était un rustre paysan qui cultivait la méchanceté. Il régentait tous ceux qui se trouvaient être sous ses ordres: les commis de ferme, les lavandières, les domestiques autant que sa femme. Nul ne devait répliquer lorsqu'il donnait un ordre et dans les dépendances, on entendait une mouche voler lorsqu'il était absent pour aller vendre quelques lapins et volailles au marché du village. Par la suite, mon grand-père paternel, avait vendu ses terres pour acheter un petit garage de réparation en banlieue parisienne parce qu'en France, les premières automobiles d’après guerre avaient fait leur apparition. En ces années d'après guerre, bien que trop jeune pour tout comprendre, je savais que mon grand-père paternel s'était construit une jolie petite fortune grâce au marché noir parce que maman me l'avait dit. Je me rendais compte aujourd'hui qu'il avait su s'y prendre le bougre pour faire des affaires!... Jamais il ne s'était fait prendre et le magot amassé était, paraît t-il juteux...

    Madame de Laplace, fine mouche et maîtresse-femme, sentait l'avenir de l'automobile prometteuse. Elle décréta que la mécanique avait du potentiel. Tout le monde voulait son automobile elle était en pleine essor la petite citadine! Ça devenait un signe extérieur de richesse pour les uns, alors que pour les autres, le manque de moyens devenait source de jalousie. Il ne faut pas oublier que nous étions en 1953. J'avais six ans et si pour les uns la vie était belle, pour les autres c'était la misère. Ma grand-mère désirait briller avec son nouveau magasin et voulait à tout prix avoir sa voiture et pour se faire, elle força mon grand père à apprendre à conduire. Il se soumit de bonne grâce. D'ailleurs, il n'avait pas le choix...

    Petite fille, je considérais que nous étions dans la catégorie des gens catalogués comme pauvres. Il n'y avait jamais eu de beau noël chez nous. Ce n'était pas parce que mes parents ne pouvaient pas le fêter! Non! La faute en incombait à leurs continuelles disputes. Toujours en train de se déchirer sans se soucier de l'image qu'ils imprimaient dans la mémoire et le cœur de leur petite fille. Ils se souciaient guère de respecter la tradition de noël et se souciaient encore moins de moi, toujours réfugiée sous la table de la cuisine, là ou je me sentait le plus en sécurité lorsque ça tournait mal. Pourquoi la table de la cuisine? Parce que dans la cuisine, il y faisait chaud et que de là où je me trouvais, je voyais tout ce qui se passait dans la maison entre mon père et ma mère. Il arrivait bien souvent que, les fins de semaines, lorsque mon père rentrait de son travail avec sa paie en poche complètement ivre, hors de lui: état consécutivement dû à l'alcool qu'il avait ingurgité tout au long de la journée avec ses copains de beuverie, que nous soyons, maman et moi, transit de peur.

    Ces fins de semaine, maman qui avait prit l'habitude des entrées fracassantes de mon ivrogne de père, prévoyait toujours le coup et me préparait psychologiquement à cet état de fait de façon à ce que je comprenne que nous allions, sans doute, aller dormir toutes les deux dans la cave de l'immeuble que par prudence, elle avait aménagée en un sommaire petit refuge pour échapper à sa folie destructrice.

    Sur la terre battue, elle avait disposé un vieux tapis mité sur lequel elle s'était aménagé un matelas de son d'une place dégoté on ne sais ou et une grande malle en osier agrémentée d'une petite paillasse en crin de cheval sur laquelle je reposais les soirs ou la maison devenait malsaine pour nous deux. La literie était sommaire et consistait en un petit traversin pour maman, un petit coussin en guise d'oreiller pour moi et de deux couvertures dont une plus petite pour la malle. Maman avait aussi pris soin de ne pas plaquer la malle contre le mur. De cette façon, le couvercle me protégeait du salpêtre qui suintait ce qui était très malsain.

    Maman était débrouillarde et n'avait pas omis de se prémunir d'une lampe à pétrole et aussi d'allumettes ainsi que de bougies. Lorsque les minuteries s'étaient éteintes, nous attendions quelques secondes qui se changeaient souvent en minutes afin de pouvoir faire un peu de lumière. La peur nous tenaillait le ventre et pour contenir notre angoisse, maman me prenait contre elle sur le matelas de crin, à même la terre battue ou le vieux tapis, qui nous isolait bien piètrement du sol, faisait office de protection contre cette humidité latente qui nous maintenait dans une fraîcheur constante et malsaine. Maman essayait bien de luter avec ses faibles moyens en nous confectionnant avec des briques rouge des chaufferettes que l'on entourait de papier journal puis de chiffons pour que celle-ci conservent la chaleur le plus longtemps possible. Maman passait ces bouillottes d'infortune dans ce qui me servait de petit lit et ensuite, elle en faisait autant dans le sien. Pendant quelque temps, nous avions l'illusion d'avoir chaud...

    En ces temps reculés, les éclairages des cages d'escaliers étaient encore pourvus de minuteries. Dans un sens, c'était pratique pour nous, car nous entendions les locataires entrer et sortir du 48 de la rue Mirabeau ou nous habitions. Nous avions un rez de chaussée de deux pièces cuisine dont l'une des fenêtres donnait sur le trottoir côté rue (ce qui nous fut bien utile plus tard lorsqu'il fallut justement s’enfuir par la fenêtre de ce qui servait de salle à manger. Il n'était pas facile de demander de l'aide. Nous ne pouvions pas toujours appeler "Police secours". Il fallait se débrouiller seules et comme nous le pouvions pour échapper à la fureur destructrice de mon père lorsqu'il était en état de démence plus qu'alcoolisée...

    Maman qui était toujours pleine de ressources, avait trouvé un moyen radical pour lui échapper. Elle avait commencé par subtiliser (ne me demandez pas comment) la clef de l'appartement afin de la faire dupliquer. Nous avions tellement peur que mon père ne découvre notre cachette, que nous guettions tous les bruits de l'immeuble: ce qui veut dire que nous ne dormions que d'un œil, la peur au ventre. Je finissais pas sombrer de fatigue dans un sommeil agité jusqu'au petit matin. Les nuits étaient longues, humides et mouvementées: nous nous retournions sur nos couchettes au moindre bruit tellement notre sommeil était léger. Je savais (pour me l'avoir confié) que maman dormait très peu, écoutant tous les tours de clefs émanant de chaque serrures de tel ou tel appartement que les locataires occupaient. Par la force de l'habitude, elle connaissait toutes les heures ou les ouvriers partaient pour leur travail.

    Comme du rez-de-chaussée à notre cave on entendait tout les bruits, maman savait quand papa partait travailler pour la journée. Nous attendions quelques instants: le temps d'un oubli de sa part, avant de remonter sans un bruit de notre cachette (qu'il n'a d'ailleurs jamais trouvé), pour pouvoir enfin petit déjeuner car j'avais très faim, faire notre toilette et me préparer pour l'école. Maman était coiffeuse et elle se devait d'être à l'heure sans rien laisser paraître de sa fatigue de la veille. J'avais appris très vite à me débrouiller seule pour me laver, m'habiller et me chausser. Maman me donnait juste un coup de peigne et m'attachait des noeux dans mes cheveux pour être plus jolie. Pendant je je faisais tout ça toute seule, elle se préparait pour être à l'heure à son travail. Elle m'avait fait promettre de garder le secret pour son emploi: je ne devais rien dire sous peine de nous retrouver: surtout elle, sous les coups de mon père. Elle m'avait expliqué qu'elle voulait que par la suite, nous partions toutes les deux de cette appartement sans que mon père ne sache jamais ou nous aurions pu partir. Je tenais donc ma promesse ayant trop peur de mon père et de ce qu'il pourrait faire à maman.

    Pour en revenir à ma place sous la table de la cuisine, J'avais pris cette habitude tous les jours à partir de dix huit heure: heure à laquelle mon père rentrait de l'usine. Je ne savais pas encore lire l'heure; mais j'avais un point de repaire bien à moi: si les deux aiguilles ne faisaient plus qu'un trait verticale, c'est qu'il était six heure pour moi(dix huit heure). Je me cachais sous cette table de cuisine parce que la pendule était juste au dessus et que de là, je voyais la porte d'entrée par ou arrivait mon père du travail.

    Tout en ne sachant pas l'heure, je connaissais la position des aiguilles et lorsque la petite aiguille se trouvait être placée droite sur le chiffre du bas de l'horloge et la grande aiguille positionnée tout en haut, formant ainsi un trait bien droit, ma mère ne m'avais plus entre les jambes: j'étais bien à l'abri sous la table de la cuisine. Du moins, je le croyais... Tant que le temps était à l'orage entre mes parents, je ne sortais pas de dessous cette table. Je connaissais que trop bien la physionomie changeante de mon père lorsqu'il ne rentrait pas du travail à jeun. Maman faisait semblant de ne pas remarquer ce qui la préoccupait et qui lui faisait aussi peur qu'à moi...

    Elle ne voulait plus de cette vie angoissante et je le savais! Pas besoin de me l'expliquer car même si j'aimais mon père, j'aurais voulu être bien loin de lui lorsqu'il piquait ses crises de delirium tremens! Cela finissait par l'arrivée du panier à salade (Police Secours). Là, les policiers embarquaient mon père qui faisait souvent des séjours à l'hôpital de Charenton : un hôpital psychiatrique ou l'on essayait de le désintoxiquer afin qu'il reprenne une vie normale; mais chaque fois, c'était la même chose. Il recommençait à boire et à être violent. Pour notre sécurité, il fallait qu'il s'en aille et maman m'avait fait comprendre selon ce que mon âge pouvait endurer et assimiler correctement, pourquoi papa s'en allait avec les policiers et pourquoi il ne revenait plus pendant un certain temps.

    Ces moments à deux, nous les vivions heureuses et dans la sérénité. J'adorai ma mère et je ne voyais que par elle. Nous nous réconfortions l'une l'autre et elle me gâtait selon ses moyens de maman n'ayant pas la possibilité d'en faire plus et pour cause: elle économisait pour que l'on puisse se sauver définitivement de cet endroit ou nous n'aimions pas vivre.

    Le temps passait et noël approchait. Papa n'était toujours pas revenu de sa cure de désintoxication pourtant, ce ne devait pas être un jour comme les autres. Pour tous les enfants de mon quartier, sauf pour moi, noël était une grande fête! A la maison, il n'y avait jamais de fête et je n'attendais rien du père noël! Je ne pensais surtout pas à ce qui allait m'arriver ce 24 décembre 1953.

    Cette fameuse fin d’après-midi, Maman vînt me chercher à l'école alors qu'à l'ordinaire c'était une voisine qui, de bonne volonté, me ramenait en même temps que son fils et qui me donnait le goûter que maman avait préparé. Quelle ne fus pas ma surprise lorsque je me retrouvais dans la salle à manger. Pétrifiée, je ne bougeais pas. Maman me fit enlever mon manteau qu'elle accrocha dans le vestibule et me fit poser mon cartable en carton mâché sur le seul fauteuil "Club" usagé de papa qui se trouvait être prêt de la porte de leur chambre à coucher ou je dormais également lorsque tout semblait être au beau fixe (et je peux vous dire que cela n'arrivait pas souvent).

    Ce qui avait attiré toute mon attention d'enfant, c'était un très grand arbre qui trônait là, prêt de la cheminée qui n'avait jamais faire vivre un bon feu de bois. Que faisait cet arbre chez nous?... A quoi pouvait t-il bien servir?... Perplexe, je regardais maman qui, pour la première fois, entreprenait de décorer un grand arbre de noël que je ne connaissait que par l'intermédiaire de l'école ou j'en avais déjà vu plusieurs chaque fin d'année en période de fêtes. Pourquoi un sapin trônait à la maison cette année?...

    Pour la circonstance, j'avais changé d'abri pour mieux voir. La table de la salle à manger faisait très bien l'affaire et tout en mangeant ma tartine de pain et ma barre de chocolat noir, J'observais les moindres gestes de maman. Cet arbre, d'abord tout nu, paré seulement de ses aiguilles vertes, m'intriguait fortement. C'était à un point tel que je refusais catégoriquement de sortir de dessous la table.

    Je n'assistais jamais aux fêtes de noël de l'école. Tous les enfants étaient joyeux; mais pas moi. Je ne voulais pas regarder la joie des autres: ça me faisait trop mal puisque chez moi, il ne se passait jamais rien: le Père noël ne connaissait pas le chemin de notre maison qui ne dégageait que tristesse et morosité: les cheminées des immeubles fumait dégageant une bonne odeur de feu de bois à l'allumage pour ensuite dégager une chaleur que j'imaginai plutôt que je ne la sentais grâce aux locataires qui avaient pris l'initiative de les allumer lorsque la leur fonctionnait. Ô ! Il y avait bien un feu chez nous; mais pas dans la cheminée: elle était condamnée par le propriétaire. Nous ne devions pas nous en servir pourtant, j'aurais bien aimé voir un bon feu dans la cheminée! Peut-être que le père noël serait passé par le conduit de notre cheminée s'il avait remarqué de la fumée chez nous? (idée et raisonnement d'enfant bien sûr)!

    Je ne recevais jamais de cadeau de noël. Chez nous, c'était un jour ordinaire sans aucune fête. Pourquoi, justement, ce jour que tout le monde attendait avec impatience? Pourquoi ce jour se trouvait t-il être le jour où ma mère avaient, elle aussi, décidé de faire un arbre comme à la salle des fête de l'école? Qu'est-ce qu'il y avait dans l'air qui se préparait de pas normal?...

    A suivre...

     

    zephyra (site web) Le 18/02/2011

    Bonsoir,


    Je viens de lire votre histoire du plus beau jour de votre jeune vie: la veille de noël. Très beau récit émouvant! Cela me renvoie à mon jeune âge. J'ai à peu près le votre maintenant. J'ai connu cette situation également et j'en étais terrorisée... Je vous remercie d'oser parler de votre petite enfance: ça fait du bien de voir que nous sommes beaucoup de personnes à crier notre souffrance avec vos mots! Amicalement, Zéphyra.

     

     

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    Anne-Lise

      

    Proverbe du jour

    "Comme on fait son lit, on se couche"

    La vielle fille - fiction



    Anne-Lise 

     

    Des cheveux ondulés, enneigés et soyeux, encadrant un visage où perle la tristesse, une vie monotone n'ayant pour seule richesse que les services rendus et les prières à Dieu. Tous les matins, à l'aube, elle s'en va à l'église pour changer l'eau des vases et remettre des fleurs. C'est un joli prénom que celui d'Anne-Lise! Peut-être un peu vieillot; mais si plein de douceur. Par habitude, elle reste à la messe de sept heure, fait toutes ses prières, examine son cœur, puis elle remet en ordre ses idées.

    Le dimanche, c'est elle qui joue de l'harmonium et monsieur le curé la tient en grande estime! Pour être aimée de tous, elle fait le maximum même si c'est pour rien que bien souvent elle s'escrime. A la sortie du culte, lorsque sonne midi, quand les groupes se forment afin de converser, elle s'éclipse sans bruit pour ne pas déranger, comme pour s'excuser d'être une vieille fille. C'est une fois chez elle qu'elle découvre le vide qui emplit sa demeure aussi vide que son cœur. Là, elle fait sans tricher, le bilan de ses rides et elle comptabilise une à une ses erreurs.

    Il ne lui reste rien de sa belle jeunesse lorsqu’elle éconduisait les garçons de son âge qui se glissaient souvent derrière à la messe pour toucher ses cheveux et frôler son corsage. Ils se pâmaient d'amour tandis qu'elle s'en fichait. Elle pensait à l'époque avoir assez de temps pour distinguer du nombre de ses soupirants celui qui saurait être l'élu qu'elle aimerait ; mais elle n'a pas su et le temps est passé. A présent, c'est trop tard. Elle trompe son ennui en se faisant du thé au citron parfumé qu'elle consomme lentement grignotant des biscuits.

    Le bonheur qu'elle avait à portée de son cœur lorsque de beaux jeunes hommes lui faisaient la cour, qu'ils la couvaient des yeux leur cœur emplie d'amour, lui récitant des vers d'une voix langoureuse. Pourquoi les refuser en faisant la coquette? Pourquoi les faire souffrir en les rendant jaloux? Pourquoi d'un air hautain, ébrouant ses froues-froues, de voir leur mine défaite, s'en allait-elle rieuse en leurs lançant de loin:

    -"Mon cœur n'est pas pour vous! Il sera pour celui qui saura le gagner!"

    Admirée, adulée de tous, elle aimait les hommages et elle s'en amusait la jeune écervelée! Mais à force de Jouer, de rire de ses soupirants, s'est flétrie sa beauté et tous ses prétendant, d'elle se sont détournés.

    L'on dit bien souvent que "l'herbe est bien plus verte ailleurs." Las de ses minauderies, ils sont parti vers des promesses meilleurs: Vers d'autres jeunes filles peut-être moins gracieuses; mais tellement plus avenantes... Ils s'en sont allés vers le printemps de la jeunesse et des jeunes filles en fleur qui brillaient par l'attrait de leur vingt ans.

    - Jeunes filles vaniteuses de votre beauté! Prenez garde qu'un jour, pour vous, la cloche sonne! Car le temps passe et lasse le plus fervent des hommes si vous laissez passer la chance d'être aimée...

    De vivre solitaire, Anne-lise n'a plus envie; mais ne sait pas comment rompre sa solitude. Elle sent fuir de son corps tout ce qui fait la vie, s'enfonçant, peu à peu, dans sa décrépitude. Le miroir qui reflète son mince corps de liane, lui dit que c'est finit. Que trop vite il se fane et qu'elle ne sera plus celle qui fait rêver! Et qu'il n'y aura plus de beaux jours pour aimer...

    Aucun prince charmant sur son beau destrier n'est venu l'arracher à sa morne existence. Et il lui faut subir l'outrage des années sans être accompagnée d'une tendre présence. Elle cherche à s'occuper par une broderie; mais ses mains tremblantes refusent tout effort: comme si, dans leurs veines, se distillait la mort pourtant, pourtant elles étaient longues ses mains: douces et graciles!…

    Cette maison où dorment des souvenirs heureux la rend mélancolique, embuant ses yeux bleus. Sa raison la tourmente l'empêchant de lutter et elle voudrait mourir, en finir, s'en aller...

    La pluie, cette ennuyeuse, s'est mise à tomber: c'est l'intruse qui tape aux vitres du salon et l'âme d’Anne-Lise se met à l'unisson de la nature qui pleure sans jamais s'arrêter. Anne-Lise n'a plus la force de faire face aux jours qui se succèdent aussi vides que sa vie. Elle n'a plus envie de continuer ainsi. Elle se sens tellement transparente et inutile, qu'elle a l'impression de disparaître là ou elle était jadis le centre d'attention des jeunes hommes de son âge. Les jeunes filles, à l'époque de sa jeunesse, lui en voulaient d'être si coquette, si courtisée, si jolie. Que tout ceci est bien loin!...

    Il serait tant de partir; de s'en aller en silence; mais sa vie semble tenace!
    Quand donc viendra le jour où, enfin délivrée, elle pourra, sans regret déposer son fardeau de craintes, de douleurs et de longs, longs sanglots: offrande douce amère d'une vie sans intérêt.

    Au loin, teinte une cloche: c'est l'angélus qui sonne. Elle regarde sa montre: vestige de sa jeunesse passée... Difficilement la vieille fille émerge de sa mélancolie. Il est indécent de ressasser des regrets bien inutiles! La seule façon, pour elle, d'assumer sa vie, c'est de s'abandonner à un dieu qui pardonne et qui seul peut combler son existence usée. Si elle est vieille fille, si elle n'est pas mariée, c'est qu'elle n'a pas su conduire sa destinée, que Dieu l'a voulu et ainsi décidé. Les voix de son seigneur sont bien impénétrables: invisibles pour elle comme pour ses semblables. Il faut bien rétablir un peu l’ordre des choses! Que peut-elle espérer? A quoi bon s'obstiner quand la stérilité de sa vie lui fait face! Anne-lise comprend qu'il lui faut accepter ce que la providence daigne lui accorder. Elle se dit que bientôt, pour un très long voyage, elle prendra son billet sans espoir de retour. Pas besoin de bagages! Juste un petit regret de mourir demoiselle. Juste ce petit regret d'avoir été coquette, d'avoir "loupé le coche" lorsque des prétendants toquaient tous à son cœur. Et qu'elle s'en amusait sans penser aux lendemains qui, se succédant bien trop vite, ont fait de son avenir, à venir, et sans qu'elle s'en aperçoive, bien trop vite, conjugué au passé... Il lui reste un regret, juste un petit regret : celui d'avoir, tout au long de sa vie, dédaigné les soupirants et restée bien trop sage en attendant l'élu qui n'est jamais venu. 

    Anne-Lise

    La vielle fille - fiction 

    N. GHIS. / La main et la plume 1947 

    Texte écrit en 1985

    Anne-Lise 


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    La vieille maison d'autrefois

     

    Que j'aime la vieille maison d'autrefois! C'est une maison qui est toujours debout: fière de son passé glorieux car elle a connut plus de choses que je ne pourrais en vivre. Pour être tout à fait exacte, c'est un corps de ferme qui est née au dix huitième siècle. Elle a été baptisée : "La Ferme Quéran". Il est vrai qu'elle à fait son temps! Il est vrai aussi que son corps ne tient plus. Il est fatigué, mais je ne peux pas m'empêcher d'aller la voir quelques fois. Que j'aime la vieille maison d'autre fois! Elle est si belle, si pleine d'histoires!...

    Ses murs sont tristes et pleurent souvent de n'être plus, comme autrefois, témoins de bien des rires d'enfants.Tout est silencieux en hiver. Les yeux de la maison sont clos. Elle est là, triste et solitaire en attendant des jours plus beaux. On la rejette pour d'autres lieux qui sembles plus accueillants qu'elle. Même ses meubles sont malheureux! Tout en elle se fige et se gèle. Elle n'est plus qu'un havre en été. C'est seulement là qu'elle se sent bien de voir tout ce monde arriver pour réveiller ses murs anciens.

    Pour la faire vivre encore un peu, on la soutient, on la transforme et on lui modifie ses formes. On essaie de la rendre actuelle, de lui redonner sa jeunesse; mais malgré toutes les tentatives, elle garde son esprit d'antan...

    Un jour, peut-être, on la vendra. Cette résidence centenaire ne reconnaîtra plus les siens et bien tristes seront ses pierres. Des étrangers la visiteront, la choisiront pour en faire leur maison d'été. Se souciant peu de son passé, ils essaieront encore une fois de la changer. Elle souffrira, moi je le sais, d'être étrangère où elle est née. Son âme fière des jours glorieux recherchera encore un peu, l'amitié d'un jeune cœur vaillant, amoureux des vieilles pierres d'antan.

    Pourtant, je sais une maman qui aime tant sa vieille maison! Pour rien au monde elle ne voudrait s'en séparer! Elle y est née pour y grandir et pour vivre sa vie d'enfant, de jeune fille et puis d'épouse. Elle l'aime tant sa chère maison qui prend soins de ses souvenirs! Pour elle, c'est un cocon d'amour, un havre de paix, un immense nid qui la réchauffe à l'intérieur.

    Lire au coin du feu, regarder les albums photos, simplement penser à tous ce qui fut sa vie et dont elle ne veut pas se séparer. Elle désirerait tant finir ses jours ici, dans sa maison, avec ce qui la pousse à vivre. Elle veut simplement s'endormir dans son lit: le même lit ou elle fut jadis aimé et ou elle a donné la vie.

    Elle se revoie jouant, riant avec ses cousins d’Orléans. Jeune fille belle et avenante, elle n'était pas en mal de courtisans! Ses amours de jeunesse se disputaient souvent sa main pour l'emmener danser au bal. La tendresse de ses parents, l'amour de ses grand-parents lui tenait chaud au cœur et les années de sa jeunesse furent les plus heureuses de sa vie.

    Un jour, elle rencontra un beau jeune homme qui lui prit toutes ses pensées et son cœur. Le jeune Armant devint son bien aimé. Après de longues fiançailles, elle épousa son grand amour avec l’accord de ses parents, L'assentiment des beaux-parents et la bénédiction de Dieu. La maison abritait le bonheur. La maison respirait le bonheur et tranquilles s'écoulaient les heures...

    "Je t'aime!" Murmurait souvent Armand. Elle se blottissais alors contre lui et de cette union heureuse naquit deux filles et un garçon. C'est dans cette maison qui, au fils des ans, par la force des choses, est devenu la sienne qu'elle mis au monde ses enfants.

    C'est aussi, de sa chère maison,qu'elle vît partir pour la guerre son Armand. Les allemands lui ont pris son unique amour. Ils ont brisés son cœur et à jamais volé son bonheur.

    Au coin du feu, les soirs d'hivers, elle pense à son bien aimé, se disant que s'il avait vécu, il serait revenu pour enfin la serrer dans ses bras et l'embrasser à l'étouffer, mais les jours se sont succèdés sans aucune nouvelle de lui. Elle attendit en vain son retour. Armand, plus jamais ne revînt.Un télégramme laconique de l'armée française l'informât, sans plus de détail, de la disparition de son époux. Elle pensât à ses enfants qui ne reverrait plus jamais leur père. Elle se dit que jamais plus, non plus, elle ne dormirait au creux de ses bras. Des larmes de tristesse coulèrent sur ses joues qu'elle cachât pudiquement dans le refuge de leur chambre ou son odeur était encore tenace et ou ses souvenirs lui rappelaient son tendre époux. Depuis qu'il s'en était allé vers d'autres horizons, la maison était triste sans lui. Les années défilaient avec obstination. Les parents déjà vieux se sentaient fatigués et les grand-parents qu'elle aimait tant avaient, eux aussi, déserté la maison familiale. Ses aînés s'en étaient allés vers d'autres lieux pour un endroit où l'on ne sait plus qui l'on est et d'où l'on vient: cette autre rive; l'autre côté du miroir, là d’où personne ne revient...

    Des générations se sont succédées bien avant ses grands-parents et ses parents. Puis ses parents, l'un après l'autre, se suivant de très près, s'en sont allés à leur tour et lui ont laissé la maison pour qu'elles se protègent mutuellement. Quelques années encore se sont écoulées et ses enfants se sont mariés. Tant de souffrance et de solitude pour une vie si bien commencée...

    A présent, la maison de ses ancêtres est son domaine et sa mémoire vive. De son vivant, jamais personne ne la vendra! Cette vieille maison est la sienne. C'est là où elle ressent la vie. La maison et elle se comprennent: elles s'aiment comme deux grandes amies.

     

    N. GHIS. Texte écrit en 1982.

     

     

    Auteur: Ghislaine Nicolas d'où mon pseudo N. GHIS.

     


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