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    Les malheurs de Gigie -3-


      Les malheurs de Gigie -3-

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    La collecte des œufs

     

    Gigie, toujours pleine de bonnes attentions, cherchait quelque choses à faire pour plaire à la fermière à qui elle s’attachait un peu plus chaque jour. Oh! Elle était choyée! Il n’y avait pas de différence avec les deux fillettes de la ferme: Marguerite et Justine.

    Mais Gigie ne connaissait pas toutes les habitude de la ferme: ce qu’il fallait faire, et ne pas faire. Dans la cour de cette ferme, il y avait la basse-cour, la mare à canard, plus loin, les endroits ou l’on enfermait les truies qui allaitaient les petits.

    Lorsqu'elles avaient leur petit cochons de lait, elles étaient très méchantes, ces truies et elle n’hésitaient pas à mordre si l’on passait la main dans leur enclot. Chaque truie avec leurs petits cochons de lait était dans des boxes séparés par des murets de un mètre cinquante environ, et les enfants n’avaient pas le droit d’y aller, même pour regarder les petits cochons à la mamelle, car mettre ses mains sur le muret n’était pas du tout prudent et très dangereux.

    Mais lorsque Gigie avait une idée en tête, rien ne la faisait changer d’avis. Elle ne voyait pas les conséquences de ses actes parce que trop jeune encore. Ce qu’elle voyait, c’était le plaisir qu’elle pouvait faire à la fermière en rendant service.

    A côté de chaque box ou logeait une truie et ses petits, était une sorte de passage pour que les fermiers puissent aller et venir sans encombre entre les boxes pour remplir les auges à cochon. Dans la porcherie où la devanture était ouverte sur l'air libre, les poules avaient une sale habitude d’aller pondre leur œufs le plus haut possible sur des nids confectionnés à leur convenance entre, et sur les grosses poutres qui tenaient la toiture.

    Gigie tournait et retournait son projet dans sa petite tête de linotte, afin d’aller ramasser les œufs bien avant que la fermière n'est eu le temps de le faire. Elle avait remarqué qu’entre chaque boxe où se trouvaient les truies, il y avait des échelles qui menaient jusqu’au nid des poules qui aimaient être perchées pour pondre.

    Toutes n’avaient pas les même manies, heureusement! Et Gigie se dit qu’elle pouvait commencer par celles qui pondaient un peu n’importe où avant d’attaquer les nids perchés en hauteur. Elle prit le panier réservé à cet effet et s’en alla gaiement à la recherche des œufs. Elle en trouva dans les vieux pneu de tracteur usagés où les fermiers avaient pris soins d’y mettre de la paille, et, bien sûr, dans le poulailler.

    Il fallait, maintenant s’attaquer aux œufs qui se trouvaient en hauteur. L’affaire se trouvait être plus ardue, et Gigie était une petite fille menue. Elle entreprit de laisser la panier plein d’œufs en bas, près des échelles qu’elle empruntait afin d’aller chercher les œufs, puis elle montait précautionneusement, échelon par échelon, en faisant bien attention de ne pas tomber dans un des box aux truies qui l’auraient mordu, si ce n’était pire.

    Gigie bravait ce danger tout en sachant ce qui l’attendait si une imprudence de sa part se produisait. Après avoir fait le tour de tous les nids en hauteur, et très contente d’elle-même, elle s’apprêta à redescendre doucement pour ne pas effrayer la dernière truie toujours dans son boxe avec ses petits, mais cette fois, son petit panier l'encombrait, l’anse passée dans son petit bras, elle loupa un échelon qui se trouvait être à un mètre cinquante du sol, donc tout prêt du rebord du muret qui retenait la truie et ses petits.

    Elle y posa le pieds pour ne pas tomber dans la porcherie, toujours avec son petit panier dans le bras qu’elle prit soins de ne pas faire tomber. La truie, voyant le beau petit mollet bien tendre que Gigie lui présentait sans le vouloir, essaya de l’attraper pour le manger. C’est que c’est féroce une truie qui a des petit! Et même sans petits cochons à nourrir, la truie, par nature, est carnivore!

    Gigie eut tellement peur qu’elle ne prit pas le temps de se rattraper et elle sauta du muret sur le sol, tenant toujours précieusement son chargement d’œufs. Ouf ! C’était de justesse ! Reprenant son souffle et ses esprits car elle en tremblait encore, Gigie récupéra l’autre panier ou elle y plaça très doucement les quelques œufs qu’elle avait si durement récupéré. Elle remit l’autre petit panier vide à sa place, et s’en alla joyeusement en trottinant et sautant à la recherche de la fermière qui devait se trouver dans l’étable.

    A force de bringuebaler les œufs, et sans se douter de ce qui allait lui arriver, Gigie, toute heureuse apporta sa récolte jusque devant la fermière au moment même où une explosion spontanée de plusieurs œufs recouvrit Gigie d'un liquide nauséabond qui en fut toute éclaboussée. l’odeur était insoutenable! Devant le désastre, la fermière prit les œufs des mains de Gigie sans oublier, sur le moment, de la gronder.

    Gigie se mit à pleurer à chaudes larmes en lui expliquant qu’elle n’avait voulu que lui rendre service en ramassant les œufs. Avant toutes autres explications, il fallait nettoyer Gigie qui sentait horriblement mauvais. Et la Gigie recouverte d’œufs pourris, dû se laisser déshabiller, puis tremper dans un très, mais très grand baquet en chêne plein d’eau chaude pour essayer d’enlever cette puanteur.

    La fermière dû la brosser avec une brosse à chien dent, l’essuyer, et dû se résoudre, encore une fois, à l’arroser avec de l’eau de lavande de la tête aux pieds! Gigie ne s’était pas calmée, et l’odeur s’était accrochée à elle, que s’en était insupportable.

    (A côté, d’œufs pourris, l'odeur d'une moufette ou d'un sconce quand il décide de l'arguer ses défenses en pétant sur son adversaire, n'était que du Chanel N° 5 !)

    Le litre d’eau de Cologne y passa carrément! Pour ses vêtements, il ne fallait même pas en parler! La fermière fît asseoir Gigie prêt de la grande cheminée avant de sortit le tas de ses habits qui n’étaient que puanteur, pour les mettre à tremper loin de la grande salle de ferme dans un grand baquet avec de l’eau et du savon noir.

    Lorsque Gigie fut un peu calmée, elle lui raconta sa mésaventure. la fermière comprit ce qui c’était passé, et lui expliqua que dans chaque nid de poule, on laissait toujours un leurre qui était, en général un œuf en plâtre; mais comme elles pondait un peu n'importe où, les fermiers n'avaient pas toujours sous la main ce genre d'objet.

    Il fallait incité les poules à pondre et donc, ils disposaient souvent un vrai œufs et le laissaient pendant des mois, si non plus afin d’habituer les poules à revenir au même endroit pour pondre. En voyant l’œuf, les poules croyaient qu’on n’avait pas touché à leur nids, et elles pondaient plus facilement. En ne faisant pas de différence entre les bons et les mauvais œufs, à force de les remuer en sautant, Gigie s’était exposée, sans le savoir, à l’explosion des œufs qui étaient pourris plein de gaz, et qu’il ne fallait surtout pas ramasser.

    Gigie fît les frais d’une leçon qui n’était pas gratuite puisque l’odeur des œufs pourris la suivirent pendant au moins une bonne semaine, même avec toute l’eau de Cologne avec laquelle, chaque jour, la fermière la frictionnait. C'est que c'est tenace une odeur d’œuf pourrit!

     

    Souvenirs d’enfance: N. GHIS. 02 Décembre 2016

     

     C'est bien connut que les poules pondent un peu n'importe où, et surtout dans des endroits insolites! Les poules sont fantasques et mettent leurs œufs dans des endroits où nous n'aurions même pas l'idée d'aller les chercher.

    gif poule

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    Il s’appelait « Personne »

     

    Bien au chaud, dans ma voiture, j'observais la neige qui tombait dru. Je m'étais arrêtée pour attendre une accalmie, car avec cette neige qui tombait dru, on n’y voyait pas à deux pas. Sortant de nul part, la vue d'un vieil attira mon attention. Son pas lent, son dos voûté, manquant de tomber sous les bourrasques de vent, le vieil homme me fît pitié. le vieillard serrait son vieux manteau croisé sur sa poitrine comme si c'était son seul trésor. Visiblement, il n'attendait plus grand chose de la vie. Je le regardais intriguée, et je ne pouvais détacher mon regard de cette apparition lutant au milieu des tourbillons de neige qui s'enroulaient autour de lui comme pour le dissimuler à mes yeux. Mon intérêt se concrétisait sur lui: il avait l'air très âgée et il avait triste mine. Je ne sais trop pourquoi, une impulsion me força à quitter le confort de ma voiture et je m'élançais vers cette hombre qui se distinguait à peine dans ce froid hivernal et cette neige collante.

    Ma voiture n'avait plus aucune importance et ce que j’attendais non plus. De voir ainsi ce pauvre homme solitaire dans cette froidure, je ne pu m’empêcher soudain de lui crier :

    _ « Ou allez-vous comme ça brave homme?! Ou allez-vous?! »

    Le vieillard, trop saisit par le froid, n'entendit pas. et continuait sa marche dans la neige et le vent glacial, insensible à l'appel que j'avais bredouillé. J’eus honte et je senti mes yeux au bord des larmes. Je pensais en moi-même : _ « N'y a t-il pas quelqu'un prêt à le secourir ? Vais-je le laisser, dans le soir, s'évanouir, et devant la misère, allais-je rendre les armes ? »

    Je ne sais trop comment, deux pas derrière lui, tendant les mains vers l'homme, doucement je lui dis :

    _ Il y a là une auberge. Venez vous réchauffer. Comment vous nommez-vous ?  Il répondit : « Personne ».

    _ Personne ?

    Un peu interloquée, je le pris par le bras et l’entraînais quand-même vers la salle éclairée. Notre entrée impromptue fît s'arrêter les langues, et chacun détailla le vieux mendiant... et moi. Je fis asseoir « Personne » qui ne protesta pas. Tous ses membres tremblaient : Il il grelottait de froid. Je supposais qu'il devait avoir la faim accrochée au ventre. Je commandais à l'aubergiste :

    _ Deux potages bien chauds et un vin du pays. Vous y ajouterez une grosse miche de pain ainsi que du pâté, un bon saucisson sec et puis un bon fromage du pays aussi : tout ce qu'il faut pour ce brave homme qui vit dehors et qui n’a pas pour s’abriter. Ah ! J'oubliais ! Avez-vous des petits cigarillos ou du tabac gris pour sa pipe ? Il ne peut guère profiter de grand-chose vu son âge avancé ! Passer l'hiver dehors nécessite des calories ! Tout lui est donc permis ! Qui sait pour combien de temps encore il va pouvoir tenir par ce temps rigoureux et dans l'indifférence totale de ce monde cruel ! Puisqu'on y est, vous me préparerez la même chose dans un sac à dos : j'ai vu que vous avez pas mal de choses dans votre arrière boutique. Je pense que vous devez avoir tout ça puisque vous faite épicerie, tabac et bazar ? Ensuite, nous attendrons à cette table au fond, près de la cheminée, et vous nous apporterez deux grands bols de potages bien chauds. Je vous remercie.

    L'aubergiste ne cachât pas son étonnement devant ma commande. Tout au long de mon monologue, il n'avait pas bougé d'un poil. Réticent à me servir, et ça se voyait. Il attendait, son regard allant de mon étrange compagnon à moi sans décoller ses pieds de derrière son comptoir.

    _ Et bien, quoi ? Qu'attendez-vous pour bouger ? Je vous ai passé une commande, il me semble ?! Vous n'avez pas ce que je vous ai demandé ?!

    L'homme fît un signe de tête qui, sans aucun doute, voulait dire qu'il avait ce que je demandait en me montrant l'entrée de l'arrière boutique que j'avais déjà remarqué, mais il ne décollait toujours pas ses pieds de derrière son bar. L'idée me vînt de sortir quelques billets de mon porte-feuille qui se trouvait être dans mon sac à mains. A la vue des billets, l'aubergiste se décida à ouvrir sa bouche en esquissant un léger sourire. 

    _ Vous n’êtes pas très prudente, madame, de sortir tous ces billets devant les clients. Il se pourrait bien que dans le lot, quelqu’un vous attende à la sortie, dès que vous aurez franchir le seuil de cette porte.

    _ Ne vous occupez pas de ce que je fais, et occupez-vous plutôt ce que je vous ai demandé. Si je ne vous avais pas montré que j’avais de quoi payer, vous ne m'auriez pas servie ! Êtes-vous en mesure de refuser ma commande sans vous en mordre les doigts ? C’est une commande très alléchante pour votre tiroir caisse ! C'est une aubaine pour vous par ces temps qui courent ! Vous faites une très bonne affaire !

    Ne sachant que répondre devant ma tirade, l'aubergiste ouvrit juste la bouche pour me dire :

    _ « Bien, madame », tout en continuant d’essuyer les verres de ses lunettes. Nous avons tout ce ce dont vous avez besoin.

    _ Bien ! Lui dis-je, en lui faisant miroiter de nouveau les billets que j’avais encore dans ma main avant de les remettre dans mon sac. J’ajoutais :

    _ Faites en sorte de lui trouver également un abri pour la nuit : l'écurie fera l'affaire: J'ai vu que vous en aviez une. Je veux que ce vieil homme dorme au chaud cette nuit ! Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors ! Je vous paierais pour votre dérangement.

    J'avais froid, et mon compagnon de fortune aussi. Impatiente, je grommelais :

    _ Alors, aubergiste ! Vous, vous bougez ou dois-je aller ailleurs ? Il y a une autre auberge un peu plus loin dans le bourg. Au point où nous en sommes, je peux tout aussi bien ressortir et aller voir si je peux être mieux servir chez votre... concurrent. L’aubergiste se décida enfin à se mettre en mouvement devant la perspective de la somme importante qu’il allait se palper en plus des consommations. Le pauvre vieux ne disait mot. Il restait assit près de la grande cheminé tenant tout un pan de mur de la grande salle, et attendait que je vienne également m’asseoir.

    Cette immense cheminée dispensait généreusement sa chaleur à l’assemblée des consommateurs, ce qui n’incitait pas les habitués à se risquer dans la tempête où le vent qui soufflait fort, et la neige collante tombant déjà depuis plus d’une paire d’heures, était beaucoup plus drus que lorsque nous étions arrivés : cela ne leurs donnait pas du tout envie de sortir goûter au blizzard qui pénétrait les vêtements. Les gens se sentaient trop bien dans l'auberge, et à les voir, aucune personne présente n’avait envie de s’aventurer au dehors, dans ce froid glacial.

    Une torpeur bienfaisante et pénétrante de sérénité envahit mon brave vieux. Sa pelisse usée sentait le chien mouillé. Ce n'était guère plaisant comme odeur. Je la lui fit quitter et lui dis gentiment :

    _ Elle est toute mouillée. Ne croyez-vous pas qu'il faudrait la sécher ? Laissez-moi m’en occuper.

    Le vieille homme visiblement harassé, ne me répondit pas. Il se leva de sa chaise, se dirigea vers l’âtre, prit deux chaises inoccupées, les mis dos à dos en prenant soin de les écarter à bonne distance l’une de l’autre puis, étala son vieux manteau soigneusement au dessus, en équilibre et pas trop près des flammes : Le foyer rougeoyant le parsema d'étoiles. Une brume légère s’éleva lentement. C'est vous dire à quel point ce vieux vêtement mouillé comptait de trous ! Ayant accompli sa tâche avec soins, le grand-père mesurant ses gestes et économisant ses forces, revint s’asseoir.

    Depuis notre entrée insolite, la défroque séchait et le bonhomme se restaurait avec une apparente satisfaction en me prodiguant de nombreux sourires édentés, et signes de tête que je traduisais comme autant de remerciements.

    Au contact du grand bol de soupe, ses mains maigres et violacées, lentement se réchauffaient. Assise en face de lui, je contemplais le calme de ce vieil homme qui mangeait avec un appétit faisant plaisir à voir. Pour ne pas l’embarrasser et parce que j'avais eu froid moi-même en l’interpellant, il me prit l’envie de le questionner : non par curiosité, mais plutôt pour lui venir en aide si cela était dans mes cordes. Pas un mot ne sortit de sa bouche édentée, mais ses yeux exprimaient ce qu’il n’osait me dire. Je compris qu’il ne demandait pas l’aumône et que je devais respecter son silence. Il ne voulait pas être un assisté. Je sentais sa gêne et je me fis violence pour ne pas insister moi non plus. Je me devais de ne pas lui enlever le seul trésor qu’il lui restait encore en ce monde : Sa dignité.

    Sans plus se soucier du vieillard grelottant, les gens avaient reprit leur discussion oiseuse. Ils avaient oublié ma présence et « Personne » : comme quoi, la pauvreté n’est bien vue que d’en haut, et nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Pour la plupart des gens, qu’importe les errants pourvu qu’ils aient le ventre plein et qu'ils soient au chaud !…

    Après une copieuse collation dispensée avec le plus de tact possible, et pour ne pas humilier mon invité par rapport à sa précarité, je restais avec lui le temps qui lui fallut pour reprendre contact avec cette sensation d’avoir le ventre bien plein, et le corps au chaud, ce qui ne lui était certainement pas arrivé depuis des lustres !

    Passé la troisième heure de présence en cette auberge, le vieil homme se leva, pour reprendre sa pelisse trouée, et remettre les chaises à leur place. Revenant sur ces pas, il prit le sac à dos que je lui avait fais remplir de victuailles, me salua avec, dans son regard pétillant de gratitude, une infinie reconnaissance puis, il quitta la salle accompagné par l'aubergiste, afin qu'il puisse dormir dans l'écurie, à la chaleur des chevaux, comme je l'avais expressément demandé. Après m'avoir salué, le vieil homme suivit le tenancier de l'auberge sans un regard pour les habitués, sans même se retourner une dernière fois sur moi. Ce n’était pas de l’ingratitude ! Non : c’était simplement de la discrétion.

    J’ai toujours souvenance du mendiant solitaire. Une chose m’a frappé que je n’oublierai plus : Pas une seule fois sa main ne fût tendue, et nul ne fût plus digne que lui... dans sa misère.

     

    N. GHIS.

      

    Il s'appelait 'Personne" 

    N. Ghis. / La Rose de Janvier 2016

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    La valse de l'hiver 

     

    La valse de l’hiver

     

    C'est un après-midi d'hiver très froid. Mais elle aime l'hiver! Elle aime rester bien au chaud quand, dehors, le vent souffle. Elle aime entendre, dans l'âtre, la bûche qui se plaint, et que les bûches crépitent, dispensant une douce chaleur se dégageant de la cheminée.

    Le chat et le chien sont couchés, devant le rayonnement rassurant de celle-ci, et dorment paisiblement. Cette image idyllique de voir ses compagnons tranquilles se prélasser sur le tapis, à la lueur des flammes, lui fait chaud au cœur. Quand il fait ce temps, elle aime, tout en lisant un bon livre, être dans son fauteuil préféré, assise confortablement, imitant ses deux compagnons  alanguies, au coin du feu.

    Elle aime aussi entendre le tic tac tranquille de l'horloge familiale qui a survécu héroïquement à toutes les génération passées et présentes, marquant toujours allègrement les heures de cette douceur de vivre, dans son cottage, bien protégée de la rigueur du froid. Elle se sent tellement bien dans son petit cocon chaud, rassurant, et douillet !

    Cette odeur de café brûlant qui lui chatouille les narines, et lui donne envie de s'en délecter. Le chaud liquide coulant dans sa gorge la réconforte et lui fait comprendre combien elle est privilégiée lorsqu'elle pense à tant de personnes sans abri, qui se meurent dans une indifférence totale, dans le froid mordant des rudes hivers sans pitié pour la faible humanité que nous sommes si l'on a pas la chance d'avoir un toit pour nous protéger, et un bon feu pour nous tenir chaud.

    L'odeur du café qui attend d'être but, se rappelle à elle et lui donne envie de s'en resservir une tasse. Mais cette autre tasse attendra bien un peu. Ce breuvage fumant lui fait vraiment très envie, mais elle n'est pas pressé de s'en servir une autre tasse. Elle est si bien ainsi, dans la parfaite chaleur de son nid douillet quand, au dehors, la tempête fait rage, et que la maison se plaint de tous ses murs sous les asseaux du vent d'hiver qui cherche, par tous les moyens, à se glisser sous les porte de son chaud logis ou par les fenêtres qui se défendent contre ses attaques répétées. Les doubles rideaux fleuris en velours de gêne protègent bien de la température hivernale! C'est qu'elle l’aime sa maison! Elle à tout un passé à raconter qui fait qu'elle existe, et sera là encore longtemps pour les générations à venir... Elle entend au dehors, la bise qui souffle et fait claquer les volets contre les murs. La maison gémie, mais elle est solide sous cette apparente fragilité.

    Tout en profitant égoïstement de son bien être. Curieuse, elle lâche un moment sa lecture pour regarder ce spectacle hivernal qui suscite chez elle la peur de n'être plus protégée, comme le sont les pauvres gens sans toit, ignorés de tous, grelottants de froid et de faim. Elle est triste pour eux, mais ne peux rien faire contre l'adversité de cette vie cruelle et sans pitié pour les abandonnés: ce qui lui fait d'autant plus égoïstement profiter de ce privilège qu’est son « chez sois » que lui procure sa jolie maisonnette.

    Abandonnant ses tristes pensées, elle remarque que le vent s'est calmé, juste assez pour laisser place à la neige qui s'est mise à tomber drue. Elle écarte un peu les doubles rideaux pour mieux apprécier, bien au chaud derrière sa fenêtre, les frimas de cet hivers qui n'en fini pas. A l’abri de la tourmente, elle observe le moindre mouvement suspecte d'animaux n'ayant pas eu le temps de se mettre en sûreté. Elle guette la moindre apparition humaine qui se serait perdu dans ce blanc immaculé. Il lui semble, cette année, que le manteau neigeux va tenir et former un tapis de silence. Pendant un temps, la neige sera vierge de toutes traces venant souiller ce paysage grandiose qui s'offre à sa vue. Pour l'heure, pas un enfant ne se risque à faire un bonhomme de neige. dans cette fin d'après-midi, aucun de ces petits garnements ne sort faire de la luge ou un bonhomme de neige.

    Sous un ciel plombé, le nez derrière ses carreaux, elle fixe les flocons qui tourbillonnent en tous sens. Elle est absorbée par ce spectacle, émerveillée au delà de ses émotions. Hypnotisée par la valse des flocons, son regard se brouille et elle se sent comme en apesanteur, quand le sol semble se dérober sous ses pieds qui lui paressent ne plus toucher terre. C'est une sensation inexpliquée et délicieuse à la fois, que de se sentir en communion avec le ciel! Elle se sent comme aspirée parmi les flocons qui dansent autour d'elle dans une chorégraphie céleste. Soudain, pour elle, c'est l'extase! C'est un instant magique et merveilleux, qui fait qu'elle n'est plus, pour quelques secondes, de ce monde: elle à comme l’impression de voir danser l’hiver!

    N. GHIS.

    La valse de l'hiver

    Texte modifié en décembre 2016

    La valse de l'hiver


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     Les petites histoires de nos grand-mères

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    Conte écologique...

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

     

    " Prudence la petite fée du vieux chêne"

    (Remake du premier conte mais plus long et plus complet)

     

    Du haut de sa montagne un arbre centenaire avec sa mine altière dominait la campagne. Il avait grandi  là, sous la voûte du ciel, en étendant toutes ses branches pour toucher le soleil. Grand Chêne, plein de sagesse, majestueux et beau, protégeait de son aile toutes  sortes d'animaux; mais, oublié des hommes, il espérait en vain pouvoir, un beau matin, abriter un gamin. 

    Notre arbre, malheureux du manque d’amour d’autrui, Espérait en l’humain et attentait l’ami; mais il ne savait pas l’égoïsme des hommes. Perché sur sa montagne, il ignorait le monde. Pourtant, il voulait voir s'amuser les enfants. Il voulait les connaître, s’en faire des amis, abriter les amours de jeunes adolescents, voir pique-niquer les couples sous son immense feuillage, rendre service aux gens, faire de l’ombre aux petits. C’était là, tout son rêve!

    Pour avoir vu périr forêts entières et bois jolis aujourd’hui disparus par la faute des hommes, connaissant  l’âme humaine plus qu’elle ne le voudrais, Prudence: la petite fée qui habitait le chêne depuis bien des lustres, lui répétait sans cesse:

    — "Non! Surtout, n’y va pas! Tu pourrais regretter d’avoir osé un pas! Les hommes ne pensent qu’à eux! Ils ne prennent soin de rien! Ils ne savent pas gérer notre mère Nature! Tu veux te retrouver en bûches un beau matin? Je vais y aller pour toi et au retour tout te raconter; mais fais-moi la promesse de ne pas bouger! Attends que je revienne! Ce ne sera pas long! Après, tu choisiras la meilleure solution pour te sentir pleinement heureux. Et ne sois pas grognon parce que je m’en vais seule! Avant que tu ne dégages tes racines du sol, je serai de retour et ne te cacherai rien. 

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Grand chêne bougonna bien un peu : ce n’était pas l’envie qui lui manquait de soulever ses grosses racines du sol pour descendre juste un peu plus bas afin de suivre Prudence de ses nœuds! Euh! Pardon! De ses yeux, voulais-je dire. Cependant, il préféra rester sage et ne bougea pas ses racines d’un seul petit bout de doigts de pied (d'arbre). 

    Par une nuit neigeuse éclairée par la lune, pour son ami le chêne, la petite fée Prudence décida d’aller voir les gens de la vallée. Se sachant invisible, elle ne craignait pas d'être vu. Elle attendit le matin pour visiter tout le village. Vît un homme qui coupait du bois pour son chauffage. A la menuiserie, elle vît des arbres entiers, pour devenir des meubles, se faire découper. Elle vît le charpentier le rabot à la main, raboter sans remord les planches d’un tronc séché, réduisant le surplus à de simples copeaux, chevilles d’assemblage, allumettes en tous genres après que les belles planches, il est vrais, eut été transformées en tables, chaises, armoires, lits, buffets, fauteuils, bancs de fermes, luges, skis, traîneaux pour les serfs comme pour les chevaux, pupitres d’école, bureau,  papier pour faire de jolis cahiers et j’en passe... Le bois était vital pour les hommes; mais se rendaient-ils compte qu'ils étaient néfastes pour toutes sortes d'arbres?...

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

     C’est vrai qu’ils étaient bien beaux et bien pratiques ainsi devenus meubles! Les luges et les chariots étaient également d'une grande utilité; Mais ils ne pourraient jamais plus avoir de descendance? C’était grave! La forêt se dépeuplait et mourrait doucement. La flore et la faune disparaissaient sans un bruit et l’homme fermait les yeux, préférant rester dans le déni complet des ravages qu'il causait. Qu’avaient été ces arbres avant leur transformation? Un frêne, un châtaigner, un peuplier, un sapin, un boulot?...

    De leur beauté première, il ne restait plus rien. Sacrifiés à jamais sur l’autel du progrès et de l'égoïsme, la forêt s’en allait en feu de cheminée, se transformait en livres, en cahiers, en crayons, en carton en jouets, en sciure et en bois de charpente sans que l’on n’y puisse rien. Le bois était partout: mais là où il devait être, il n’y avait plus que des terrains dénudés.

    Prudence était tout à fait consciente des besoins des humains; mais ce qu’elle leurs reprochait, c’était de ne pas songer au reboisement de façon à toujours sauvegarder tous les endroits boisés: capital non négligeable pour le bien de notre mère nature afin qu'elle continue à distribuer ses bien faits aux humains mais aussi aux autres êtres vivants!...

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Les arbres étaient bien plus utiles au monde plantés, plutôt que de finir par ne plus exister et ainsi entraîner catastrophes sur catastrophes (et nous savons tous de quoi il s'agît! Ce conte n’est  là que pour faire prendre conscience aux enfants de ce que nous infligeons à notre terre nous: les adultes! Nous savons très bien que nos enfants seront les adultes de demain et que si nous ne leurs apprenons pas à respecter l'environnement dès aujourd'hui, plus tard, il sera trop tard  car ils seront conditionnés à notre façon de voir les choses, ce qui n'est pas du tout la bonne solution! Nous avons tord sur toute la ligne et nous le savons!...

    C'est un sujet parmi tant d’autres à aborder pour notre propre survie, ne serait-ce que pour limiter la pollution, les gaz à effets de serre et j'en passe!... Il ne faut pas oublier que les arbres absorbent notre surplus de gaz carbonique et nous fournissent en oxygène! Si nous supprimons trop d’arbres! Nous ne pourrons plus respirer! Il ne faut pas penser qu’au moment présent! Il faut aussi œuvrer pour l'avenir de nos enfants et nos petits enfants qui deviendront à leur tour des destructeurs pour leurs profits si nous n'y prenons pas garde! Pour cela, il faudrait que les mentalités changent! Ca, c’est une autre paire de manches!... Mais je m'égare, je m'égare... revenons-en à nos moutons. Euh! Pardon! A notre arbre qui voulais à tout prix connaître les humains.

    Nous n'étions pas loin des fête de fin d'année. La neige avait recouvert prés,  chemins et collines. Les toits des maisons commençaient à s'alourdir sous le poids de ce joli tapis blanc. Les luges et les bonhommes de neiges surgissaient de partout.

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Les enfants, insouciants et heureux, faisaient des bagarres de boules de neige, confectionnaient de beaux bonhommes de neige pendant que les pères, fils et grands-pères se préparaient au plus grand événement de l’année. Les maîtresses de maison, suivis de leurs plus grandes filles, se dépêchaient d'aller faire des courses pour les plus grand préparatifs de l'année. Les hommes de tout âge allaient dans les bois avoisinants pour découvrir la perle rare: le plus beau et le plus grand des sapins qui ferait la fierté de leur maison  comme l’exigeait la tradition. Tout ce beau monde partait à la recherche de l’arbre tant convoité qu’ils pourraient exposer pas trop prés de la cheminée afin qu’il ne prenne pas feu et qu’il ne perde pas ses aiguilles trop tôt. La hache sur l’épaule pour les anciens rompus à cette tâche particulière, ils se sentaient en forme pour accomplir cette besogne. Pour les jeunes hommes plein de fougue, de force et d'entrain, la tronçonneuse était devenu l’outil indispensable de rigueur pour ne pas trop se fatiguer: les tronçonneuses faisaient l’objet de toutes les convoitises de la part de ceux qui n’en n’avaient pas. Qu’importe!  Les jeunes gens s’aidaient entre eux et ils s’amusaient bien à regarder faire les anciens s’échiner et se démener de façon à venir à bout de la coupe du sapin choisit.

    En fin d’après midi, Chacun revenaient à pieds, traînant péniblement leur trophées choisit bien trop grand au point qu'ils avaient été obligés d'en couper un bon morceau, de préférence le bas du tronc pour ne pas en abîmer la cime ou se suspendait l'étoile du berger ou alors, en voiture, équipées de pneus neige, arborant avec fierté leur magnifique trouvaille et cette fois, à la bonne taille. 

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Par le comportement tout à fait démesuré des hommes en cette préparation de fête incontournable qu'était la fête de Noël, Prudence, à n'en pas douter une seconde,  constatait que les humains aimaient le sapin au point d'en vouloir un tous les ans chez eux pour ces quinze jours de festivités fêtant la naissance de l'enfant Jésus. Ils aimaient cet arbre parce qu'il restait vert toute l'année, qu'il ne perdait pas ses feuilles l'hiver et qu'il avait une odeur particulière de résine très agréable qui rappelait cette époque de l'année. De plus, il était très facile à décorer, ce qui lui donnait un air majestueux et royale. Lorsqu'il était paré de ses plus belles décorations, les enfant en prenait plein leurs yeux et les adultes aussi. Le sapin symbolisait  vraiment bien cette fête de Noël. C'était des atouts non négligeables; mais à y regarder de plus prêt, cela ne lui était pas bénéfique et le menait tout droit à sa perte. Grâce à ses qualités, il était l'arbre le plus prisé pour les fêtes de fin d'année. Le sapin devenait, par excellence, le centre d'attraction de chaque foyer. Pendant les quinze jours de réjouissances que représentait Noël et jour de l'an, il était honoré dans toutes les maisons. Il est vrai que pour les jours les plus importants de l'année, c'était bien  d'avoir un beau sapin chez sois! En général, on le préférait fraîchement coupé le 24 décembre comme le voulais aussi la tradition. Dans toutes les maison, ça fleurait bon la résine qui révélait, à elle seule, par son odeur incomparable, la période de l'avant et permettait aux enfants, après la messe de minuit, d'attendre en piaffant d'impatience et dans leur chambre, le père noël. Ces soirs là, les petits enfants avaient bien du mal à trouver le sommeil; mais c'était à ce prix qu'ils auraient la surprise au matin, s'ils avaient été bien sages toutes l'année, de découvrir au pied du sapin, les jouets tant désirés non sans se demander comment le père noël si ventru avait pu faire pour passer dans le conduit le la cheminée sans se faire mal? et puis il fallait compter avec les maisons qui elles n'avaient pas de cheminée? Prudence savait bien qu'il y avait de la supercherie dans l'air: C'était une fée et il ne faut pas en compter, aux fées !...

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Les parents n'étaient pas en reste! Ils avaient leur propre réveillon pendant que les enfants essayaient de fermer l'oeil en ne pensant qu'au lendemain matin.  Mais au fait? Comment faisait le père noël lorsque les cheminée étaient allumées? Et bien! C'est tout simple! Il ramassait de la neige sur le toit qui en était recouvert d'une épaisse couche et il en lâchait de grosses poignées jusqu'à ce que le feu s'éteigne. Le père Noël, était malin et c'est pour cela que le matin, en venant découvrir les cadeaux distribués dans la nuit, vous trouviez toujours le feu de la cheminée éteint. Aujourd'hui, dans les maisons qui possèdent une cheminée, le Père Noël agit toujours de la même façon; mais pour les appartements modernes, il vaut mieux penser à laisser la porte fenêtre du balcon entrebâillée légèrement de façon à lui faciliter la tâche! Si il vous arrivait d'oublier la porte fenêtre du balcon, Père Noël avait  toujours un petit lutin avec des dons magiques qui, d'un coup de claquement de doigts, ouvraient les portes-fenêtres des balcons lorsqu'il y en avait un ou bien ils se servaient d'un passe-partout pour ouvrit les portes d'entrée des appartements ou des maisons sans cheminée. Ils aidaient aussi le père noël dans la distribution des cadeaux et des jouets encombrants et cela lui facilitait bien la tâche!...

    Noël! Un grand moment magique pour les enfants! Le mystère du Père Noël entrant dans les maisons par les cheminées, pour déposer les cadeaux au pied du magnifique sapin enluminé. C'était quelque chose!

    — Chers parents, vous savez de quoi il en retourne concernant le papa noël! Mais jouons le jeu jusqu’au bout. Nos petits sont si heureux lorsque le Père Noël passe par la cheminée ou par la porte fenêtre du balcon que nous avons pris soin de laisser entre baillée pour lui sans oublier la collation pour qu'il puisse finir sa tournée en ayant le ventre bien plein. Rien ne nous ferait changer d'avis pour oser avouer  à nos chérubins que le le Père noël est une pure invention pour vanter la sortie de la première pub de Coca-Cola dans les années 50 !  Ô! NON ! Et si ! " 

    Permettez quand même que je referme la parenthèse pour continuer mon histoire. 

    Donc, les familles, en ces fêtes qui arrivaient à grands pas, s’afféraient autour des fourneaux et pendant que les dames se préoccupaient de ne rien oublier en ces circonstances particulières, les messieurs et leurs enfants décoraient la maison, après le sapin qui passait, bien sûr, en premier. Ça se chamaillait pour savoir qui allait mettre l’étoile du berger tout en haut à la cime de l’arbre. L’effervescence était à son comble! Les maisons étaient décorées à l'intérieure comme à l'extérieur. Les bouts de jardins comme les très grands ne dérogeaient pas non plus à la tradition! Tous les villageois lorgnaient  sur la déco du voisin afin de faire mieux que lui.  Les décorations scintillaient par les fenêtres du salon de chaque maison. Le beau sapin enrubanné et tout illuminé se faisait remarqué par son agonie cachée par toutes ces guirlandes et ses boules de lumière. Prudence pouvait pas ne pas remarquer ce spectacle grandiose pour les yeux! Une seule ombre au tableau pour la petite fée du chêne: la destruction de la forêt de sapin lui gâchait son plaisir...

    — Ah ! Ces humains ! S’écria Florella en colère. Ils n’ont pas conscience du mal qu’il vont causer à la longue par le simple fait de choisir tous les ans, un sapin, de lui supprimer la vie pour le plaisir et la fierté de l’exposer dans leur salon, devant la famille et les amis, pendant un laps de temps ne dépassant pas deux à trois semaines et quelques fois moins au regard des mois et des années qu’il aurait fallu à cet arbre pour devenir adulte. Pour les humains, un noël sans sapin n’était pas concevable! Prudence, toujours invisible, comptabilisait toutes ces allées et venues frénétiques d’un œil réprobateur et n’en perdait pas une miette. Des sapins coupés, il y en avait tellement, qu’elle en avait perdu le fil ! A travers les fenêtres des maisons, rien ne lui échappait : les guirlandes lumineuses, les guirlandes scintillantes, les boules jaune, vertes, rouges, bleues, blanches, dorées ou argentées, la neige artificielles sans oublier le papier rocher pour installer la crèche et les santons: tout était fin prêt pour recevoir le petit Jésus la nuit de la nativité. Elle ne voulait rien manquer des coutumes des hommes. Prudence écarquillait ses yeux émerveillés par la beauté du spectacle et furieuse à la foi de constater ce beau gâchis concernant ses amis les sapins. Bien sûr que l’effet rendu était magnifique ! Bien sûr que le roi des forêts était honoré! Tout ça, c’était très bien ! Mais qu’allait-il advenir ce roi des forêts après la fête sans ses épines qui immanquablement se déshydrateraient et tomberaient à cause de la chaleur des foyers. Ils se déplumerait et se retrouverait comme un vulgaire poulet prêt à rôtir au four sauf, que lui, ne serait pas rôti, mais brûlé quand on ne le retrouverait pas jeté n'importe où, abandonné lâchement sur les trottoirs et les chemins de terre qui avaient échappé encore à l'urbanisation : " Ni vu, ni connu, je t'embrouille! " C'était ça les humains ! " Après moi, le déluge ! "

    Malgré ce que Prudence aurait aimée croire de ces humains, Ils étaient un tantinet orgueilleux et imbus d'eux-même ces bipèdes  et très éloignés de l'époque où les homo-sapiens respectaient la nature qui pouvait encore être fière de sa beauté virginale !...

    Ces jeunes sapins aux branches encore tendres qui, jadis se dressaient fièrement, armées de leurs épineuses d’un beau verts encore clair : ces mêmes jeunes sapins n’avaient plus que des branches mortes qui ne constituaient que l’armature d’un squelette d’arbre tout rabougrit ou même les chiens venaient se soulager sur lui : seule victime muette, humiliée, dépouillée de sa magnificence originelle.

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Prudence ne pu s’empêcher de se projeter quelques centaines d’années en avant et ce qu’elle découvrit, lui fît froid dans le dos : la planète était pratiquement devenue un désert là, où avant, il n’y avait que bois, prairies verdoyantes, rivières lacs et forêts, il n'y avait plus que béton. Tout n'était plus que routes immeubles. Les espaces verts si nécessaires à notre vie, n'avaient plus leur place. Les humains avaient tout décimé par leurs cupidité, leur inconscience, leur irresponsabilité etc. En 2050, les humains se déchiraient pour un peu d’eau et par voix de conséquence, pour la nourriture de quoi s'habiller car rien ne poussant plus, tout était caution à querelles quotidiennes, allant jusqu'à s'entre-tuer. La planète était devenu un enfer. La nourriture devenait de plus en plus rare, faute, bien sûr, du manque d’eau et d’insectes pollinisateurs.  Il n'y avait plus de fleurs puisque plus d’abeilles ni papillons ni oiseaux pour butiner et transporter le pollen d’une fleur à l’autre. Le soleil brûlait les derniers végétaux qui essayaient de s’adapter à l’aridité des sols. L’érosion était partout ! Qu'était devenue la splendeur de ces arbres ornant la montagne, les pleines, les vallées, absorbant le gaz carbonique et donnant de l'oxygène afin que l'air soit respirable à tous les animaux de la terre : y comprit les hommes. Qu'étaient devenus les rois des forêts à qui l'on avait ôté la vie par ignorance, plaisir et pur égoïsme ? Si la terre ne pouvait plus, par ses arbres, produire de l'oxygène, s'en était fichu de l'humanité ! 

    — c'est bien ce que je pensais ! Se dit-elle tout haut. En l'année 2016 qui va commencer, il faudrait songer à faire des efforts et devenir raisonnable ! Il ne reste guère de temps pour faire marche arrière et renverser la vapeur ! A ce train-là, notre forêt et toutes  les forêts du monde ne tiendront plus longtemps et nous non plus ! Dans trente ou cinquante ans, ce sera le commencement de la fin ! Le compte à rebours est déjà commencer depuis un bon bout de temps !... 

    Prudence en avait assez vu. Il fallait repartir et affronter son époque qui, somme toute, n’étaient pas encore si mal par rapport à ce à quoi elle venait d'assister.

    Après bien des hésitations et mûres réflexions, Prudence prit une résolution: il fallait, sans tarder, trouver une solution pour protéger son arbre de la destruction. Il n’était pas souhaitable pour son ami le chêne qu’il quitta sa montagne pour vivre auprès des hommes. Il serait bien vite coupé pour prendre d’autres formes sans même qu’on se soucia s’il souffrait car, à part les petits être des bois et des forêts, nul ne pouvait entendre les plaintes des arbres en souffrance, toutes catégories confondues.

    Après moult réflexions, notre petite fée revînt vers son cher ami le chêne et n'omit rien de tout ce qu'elle avait pu observer dans la vallée. L'arbre comprit alors qu'il était mieux sur sa montagne entouré par ses amis les bêtes et les petits habitants des bois.

    — " Que faisons-nous de ce que la nature nous offre une fois que nous n'en avons plus besoin ?... Sommes-nous seulement conscients que tout vient de son sol... De notre vaisseau qu'est la terre, porteuse  de ce qui est bon pour nous ; mais aussi, et malheureusement, de tout ce que nous en faisons de mauvais par cupidité, égoïsme, irresponsabilité ? Que laisserons-nous à nos enfants ?... Auront-ils seulement le temps de vivre et profiter de toute ce nous, nous profitons ?..." 

     

    N. GHIS. 

    Prudence la petite fée du vieux chêne : contes pour enfants et adultes.

    Texte réécrit en 2016.

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    Joli Cadeau de  mon amie Cyndérella

    "Prudence la petite fée du vieux chêne"


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    Le vieux saule pleureur

    (Suite de l'histoire)



    Page -2-



    Par un tour de passe-passe magistral qui ne peut relever que de la pure magie, les gnomes firent disparaître, côté rivière, le mur et le transformèrent en chutes et cascades naturelles qui se déversèrent en un débit régulier vers son lieu habituel: c'est à dire, dans le lit presque à sec de leur chère rivière; mais le clou du spectacle, c’est que le barrage, au regard des humains, existait toujours du côté lac, ce qui n’empêchait nullement l'eau miraculeuse, du côté qui intéressait les gnomes, de remplir son office. Elle jaillissait de partout! Les cascades et les chutes majestueuses se jetaient allègrement dans le lit qui avait toujours été le siens. La rivière se mit à enfler et à reprendre son débit normal. heureuse d'avoir retrouvé sa liberté, elle se remit à serpenter joyeusement à travers la campagne, abreuvant, au passage, de son eau pur et fraîche, la végétation qui reverdissait à vu d’œil. Tous les animaux, qui avaient grande soif, accouraient de tous côtés afin se réhydrater. Les poissons retenu, eux aussi par le vilain barrage, frétillaient de contentement en dévalant les hautes chutes pour plonger dans l’eau déjà bien profonde qui leurs était nécessaire pour survivre. Ce n'est pas qu'ils étaient mal dans le barrage; mais ils ne pouvais se reproduire puisque leur lieu de ponte n'était plus accessible. En admirant ce spectacle, les gnomes, eux même, en avaient la larme à l’œil: ce qui ne leurs était pas coutumier et, forcément, sans savoir ce qui se passait réellement, eux aussi avaient commencé à souffrir du manque d’eau! Leur petits corps de gnomes s’affaiblissait, diminuant ainsi leur pouvoir. Ils n’échappaient pas à la règle! Ils leurs fallait de l’eau pour vivre! Ils étaient nés de la magie qu’offre une végétation en pleine santé! C’est pour cette raison qu’ils étaient, sans exception, tous verts. A cause du manque d’eau ils devenaient sans force et s’étiolaient, se rabougrissaient de plus en plus. Leur teint devenait terreux. Ils n’étaient déjà pas beaux; mais alors là, c’était le bouquet! Il étaient pitoyables et ne faisaient plus peur aux égarés qui, avant, dans les bois, se sauvaient à toutes jambes lorsqu’ils rencontraient un de ces petits hommes tout verts.

    Les gnomes avaient fait du bon travail et l’eau était justement partagée sans que les humains ne s’en aperçoivent. Ils se mirent tous ensemble à boire, à boire jusqu’à plus soif. Lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin, ils avaient doublé de volume et retrouvé tout leur aplomb et leur teint verdâtre. Après s’être bien désaltéré, les gnomes ne s’arrêtèrent pas en si bon chemin. Ils décidèrent de faire disparaître les routes qu’avaient construis, sans leur permission, les hommes. Par la même occasion, ils firent en sorte que ceux-ci ne puissent plus exploiter la forêt pour leurs propres intérêts. A partir de ce jour, des ronces géantes les empêcheraient de se frayer un passage et si les bûcherons essayaient de s’en débarrasser, il en pousserait d’autres instantanément. Les gnomes firent aux humains un sale tour de plus et à vie, ce qui laissait entendre que leurs outils et machines ne leurs obéiraient plus s'ils dépassaient les bornes.

    C'est ainsi que lorsqu’un bûcheron, plus malin que les autres, essaya de pénétrer dans les bois, sa tronçonneuse ne voulu pas démarrer. L’arbre à couper devenait dur comme l’acier, rendant la coupe impossible. Le bûcheron, dépité, s’en retournerait bredouille avec sa chaîne de tronçonneuse cassée. De plus, il avait bien plus de mal à retrouver son chemin. quand à ressortir de cet enchevêtrement de ronces qui lui barreraient le passage...

    Le petit monde enchanté des forêts et bois avoisinants étaient pris de fou rire en se régalant du spectacle qu’offrait à leurs yeux malicieux ces idiots de bipèdes en train de ce démener pour essayer de se frayer un passage. Et ça se prenait dans les ronces, juraient, insultaient toute la flore qui ne se laissait plus malmener. Ca rouspétait à tout va! Presque tous rentraient chez eux en haillons, les pantalons tout déchirés et se faisaient houspiller par leurs épouses mécontentes à cause du surplus de travail journalier occasionné par ces maudites ronces qui ne voulaient pas laisser le passage pas plus que les outils et machines qui, eux aussi, s'étaient joints à la farce. Les bons hommes étaient dégoûtés et furieux. Ils parlaient de la fôret et des bois comme étant des endroits devenus maudits sans qu'ils en connaissent la raison?... Les pauvres bougres n'avaient toujours pas compris leur erreurs et c'était bien triste!

    Comprenant que les hommes n'étaient pas prêt de changer de mentalité, le chef des gnomes décida, et ce, pour l’éternité, que les hommes malveillants n’auraient plus accès à la forêt ni aux bois tant qu’il ne changeraient pas de mentalité entraînant normalement un changement de comportement. D'un commun accords, les gnomes décidèrent que seuls les amoureux de la nature aurait l‘entrée libre dans leur monde. Les destructeurs, les profiteurs seraient bannis à jamais de ce lieu qui représentait, à lui tout seul, une partie importante d’un écho système complet et ce n'était qu'un petit exemple de ce qui devrait se passer dans le monde si l'on voulait conserver notre planète intacte pour les générations à venir et c'est de cet avenir dont la planète dépendait aujourd'hui...

    En un clin d’œil, les arbustes, les fougères, les ronces: surtout les ronces, envahirent tous les passages. Elles se firent très grosses et s’entremêlèrent sur les chemins: là où il n’y avait plus que clairières et routes goudronnées. Il n’existait plus aucun moyen de pénétrer dans cette superbe forêt qui devait restée telle qu’elle était à l'origine de la naissance du monde. Pour les bois qui entouraient les hameau et les villages, c’était la même chose: ils avaient repris une apparence des premiers temps lorsque la végétation était, avant les transformations, luxuriante. Aux hommes de trouver d'autres idées pour avancer et progresser...

    Les gnomes, heureux des bons tours qu’ils venaient de jouer aux humains et pour la première fois de leur vie, fiers comme des pans d’avoir redonné sa beauté d’antan à leur territoire, s’en retournèrent tout joyeux et même en chantant, rendre visite aux fées qui les attendaient avec l’autre partie du trésor promis s'ils avaient pu retourner la situation pour le bien de tous.

    Ils trouvère celles-ci bien tristes car rien ne s’était produit depuis leur départ. Notre saule, à force de pleurer toutes les larmes de son corps, avait maigri. Petit à petit, ses forces l’avaient abandonné. Il se laissait dépérir et il ne lui restait plus que son écorce qui commençait à se craqueler de partout. En voyant le tableau qui s’offrait à leurs yeux, les gnomes se mirent à rire de bon cœur tout en expliquant qu’il fallait laisser le temps à l’eau de revenir. La source était quand même loin en amont! On ne s’entendait plus, tellement tout le monde parlait en même temps. Le chef de gnomes fît taire ses sujets afin de pouvoir en placer une. Les fées et les elfes en firent autant et les lutins comme les farfadets suivirent l’exemple. Le chef des gnomes se racla la gorge et il put ainsi expliquer le bon tour que ses sujets et lui, venaient de jouer aux humains, laissant le barrage intacte de leur côté et transformé en chute et cascade du côté de leur chère forêt. Ils expliquèrent aux fées, lutins et farfadets qu’ils avaient fait disparaître les routes et les clairières, par magie, ils avaient reconstitué les espaces vides de nouveaux arbres déjà à maturité, fait revenir les ronces et toute la végétation présente en ces endroits avant que l’homme ne passe par là et ne dévaste tout. A partir de ce jour, seuls les amoureux de la nature auraient le droit de pénétrer dans leur forêt. Les autres, les destructeurs d’environnement ne pourraient plus jamais apercevoir ni la rivière, ni les routes qu’ils avaient construites et qui, petit à petit, se détruiraient d'elles-même par manque d'entretient.

    Plus aucun arbre ne pourrait être abattu pour leur usage personnel et lorsqu’ils regarderaient du côté de la forêt, ils ne verraient plus que l'illusion d'une magnifique forêt devenue infranchissable pour eux. Le mirage serait parfait et comme tôt ou tard la chose devrait se produire, ils seraient tout étonnés de voir le niveau du barrage baisser sans en comprendre les raisons puisque tout, pour eux, semblait, en apparence, normal.

    Pendant que fées, lutins, farfadets et gnomes discutaient, l’eau commença à faire entendre de petits gargouillis entre les pierres du lit asséché. Les petits clapotis se mêlèrent aux gargouillis, ce qui rendit le son plus distinct à leurs oreilles. On entendait plus une seule mouche voler. Le chant de l’eau valait bien son pesant d’or et chacun d’écouter son agréable bruit. Les poissons bondissaient hors de l’eau pour y retomber aussi sec. Des cris de joie résonnèrent partout dans la forêt enchantée. Les grosses racines de Maître Saule qui s’étaient déterrées pour entraîner notre vieil arbre ailleurs, se mirent à boire tout leur saoul pour retrouver, elles aussi, leur taille d’avant la sécheresse. Les petits animaux se pressaient les uns contre les autres pour avoir accès à l’eau. Le vieux saule, sentant la vie revenir dans ses veines, se mit à rire de son bon gros rire de saule: ce qui fît tout trembler aux alentours. Enfin ils avaient retrouvé la joie de vivre! Tout reverdissait à vue d’œil et tout le monde faisait la fête. Notre vieux saule pleureur promit de ne plus pleurer que pour des événements heureux. Les gnomes reçurent la récompense promise pour leur bons et loyaux service; mais pris d’une soudaine générosité, ils décidèrent de refuser le reste du trésor, estimant qu’ils avaient largement été payé de retour en s’apercevant que tout en ayant sauvé leurs camarades du désastre, ils s’étaient sauvé eux même d’une mort certainement affreuse et lente. Les petits hommes de la forêt ainsi que toutes les fées décidèrent d'un commun accords de ne plus rentrer en discorde et de fraterniser afin de s'entraider. Le vieux saule leurs fît une promesse solennelle:

    -"Je suis le bon vieux grand saule pleureur de ce coin de paradis et à ce titre, je vous promets de toujours vous protéger aussi longtemps que Dieu me prêtera vie. Avec votre aide, nous leurs tiendrons tête à ces humains dépourvus de sensibilité! Si nous protégeons bien notre domaine, nul ne viendra plus le dévaster, ne serait-ce qu'un petit bout de lopin de cette partie de la foret! Nous veillerons les uns sur les autres à jamais! Merci mes amis pour avoir fait renaître notre rivière!"...

    Le vieux saule pleureur : page -2-

    La Rose De Janvier : Texte écrit en 2009

     

    Ce conte, sans prétention aucune, ne mérite t-il pas, sans nul doute,

    une profonde réflexion sur l'état de notre planète?...

    Le vieux saule pleureur : page -2-

     


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    Mon seul noël d'enfant  

    Seul noël d'enfant  

    Troisième partie 

     

    C'était une cuisinière à bois et à charbon en fonte émaillée avec le réservoir d'eau chaude sur le côté droit, les tuyaux de poêle qui s'emboîtaient les uns dans les autres, la clef de tirage sur le tuyau central que l'on actionnait pour augmenter ou diminuer le tirage et sur le dessus, trois cercles en fonte fermés pas un dernier rond en fonte lui aussi; mais plein. Chaque cercle s'enlevait si l'on devait se servir d'un faitout à pot-au-feu et si l'on voulait que le faitout soit plus ou moins en contact avec les flammes, ce qui avait pour effet de faciliter la cuisson des aliments.  C'était une vraie cuisinière! Pas une fausse! Non, non, non! C'était la même que maman! Je sautait au cou de papa et je l'embrassais de toutes mes forces d'enfant. Il me tendit un autre paquet que je n'avais pas remarqué.

    - Et ce cadeau? Tu n'en veux pas? Comment comptes-tu cuire ta soupe si tu n'a pas ce qu'il faut?

    - Mais papa! Je sais comment on s'en sert! J'ai déjà vu faire maman des centaines de fois! Je sais m'en servir! fis-je excitée comme une puce. 

    - Il  me manque les casseroles papa! Oui! C'est ça! Il me manque le faitout pour faire la soupe et les casseroles! Je déchirais le papier qui enveloppait de superbes casseroles en cuivre rouge que papa m'avait façonné lui-même à l'usine et toute la batterie de cuisine qui allait avec. J'avais même le seau à charbon qui était à la mesure de ma cuisinière et aussi le tisonnier pour tisonner dans le feu lorsque celui-ci ralentissait la cuisson de ma soupe. Il y avait, il ne faut pas que j'oublie, le tiroir à cendre pour que je puisse vider les cendres dans le jardin, derrière la maison qui comprenait une petite cour intérieur dans laquelle s'épanouissait un gros figuier dont les fruits restaient toujours verts en pleine saison de cueillette: Il ne faisait pas assez chaud pour que les fruits mûrissent. Enfin, c'est ce que je pense puisque je n'ai jamais pu manger une figue mûre.

    Mais revenons-en au joli soir de noël de mon passé.

    Je n'en revenais toujours pas d'avoir été aussi gâtée? Ma joie rayonnait sur tout mon visage d'enfant. Je ne me voyais pas; mais je ressentait l'excitation et mes joues toutes rouges de plaisir! Je voulais m'en servir tout de suite, mais papa et maman me firent comprendre qu'il était tard et que je ne pourrais m'en servir que demain avec, pour la toute première fois, l'aide de papa qui m'en montrerait l'usage.

    - Ce que tu ne sais pas ma petite chérie, c'est que c'est dangereux! Tu peux te brûler si je ne te montre pas bien l'usage de cette petite cuisinière comme il se doit!  Et oui, tu ne pourras t'en servir que dans la cours! Et encore! A condition que maman  ou moi soyons à côté de toi pour surveiller si tu as bien retenu la leçon de façon que tu ne te fasses pas mal et que tu ne mettes pas le feu à la maison! Dit-il en riant de bon cœur. Je n'avais jamais vu mon père comme ça? Et maman  aussi qui riait de me voir radieuse.

    Je me souviens que mon visage s'assombrit tout à coup:

    - Qu'est-ce que tu as me demandèrent-ils ensembles?

    - Il faut que je dise merci au Père noël! Mais il est déjà parti...

    - Ne t'inquiètes pas: nous lui avons laissé la fenêtre de la chambre entrouverte pour qu'il puisse entrer et ressortir. Tu sais bien que la cheminée est bouchée et que l'on a pas le droit de s'en servir?

    - Je n'ai pas eu le temps de le voir pour l'embrasser, fis-je?...

    - Mais c'est ça la surprise ma chérie! Le père noël ne veut pas qu'on le voit sinon, il n'en finirait plus s'il devait s'arrêter dans tous les foyers pour embrasser les petits enfants du monde entier!

    - C'est vrai maman. Tu as raison. Je n'y avais pas pensé à cela? Répondis-je, déçue. Je peux faire  quand même un gros bisous à toi et à papa? Quand même? C'est pour avoir dit au Père noël de ne pas m'oublier cette année!

    Pour la première fois, j'ai vu mon père les larmes aux yeux quand il me prit dans ses bras: Cela ne lui était jamais arrivé. Plus tard, lorsque je fût bien plus grande, je su que c'était papa qui avait fabriqué la cuisinière et tout ce qui allait avec au heures de pause à l'usine ou il travaillait et surtout, en cachette du contremaître qui surveillait les ouvriers... 

    Papa était quand même un mécanicien spécialisé P 3 chez Panhard si je me souviens bien! Mais je ne connais toujours pas le grade que peux représenter ce "P 3"? Je pense que c'était quand même une spécialisation un peu plus importante que les autres pour qu'il est pu travailler sur ma petite cuisinière sans risquer de se faire prendre et renvoyer?... 

    Qu'est-ce que j'ai pu m'amuser avec ma cuisinière! Je faisais la soupe. Maman me donnait une petite carotte, un bout de poireaux, un petite moitié de pomme de terre un petit bout de navet qu'elle avait coupé en touts petits morceaux pour m'éviter de me couper moi même. Je me régalait à faire cuire tous ces petits légumes sur ma cuisinière. Mon potage! Ma soupe! Qu'elle merveille! C'est moi qui allumais ma cuisinière avec un peu de papier sous la surveillance de maman, je mettais ensuite, sur le  papier, des petites bûchettes. Lorsque le papier et les bûchettes avaient pris, j'ouvrais avec le tisonnier le foyer et j'y laissais tomber le boulet de charbon, car ma cuisinière marchait en vrai et elle ne pouvait contenir qu'un seul boulet à la fois que je remplaçais lorsqu'il était presque complètement consumé.

    Je ne saurais pas vous dire combien de temps j'ai vécu avec mes deux parents? Mais le temps que j'ai passé avec eux, après ce mémorable noël, fut très dur à vivre pour mon cœur de petite fille partagé entre l'amour de mon père et celui de ma mère!  Je les aimais tous les deux autant! Leur déchirements perpétuels me fendait le cœur et j'avais peur de papa lorsqu'il rentrait saoul à la maison, que mes parents se battaient parce que  maman ne se laissait pas faire. Lorsque mon père était en crise, c'était dans ces moments-là que je me cachais, au plus fort de la tempête, sous la table de la cuisine... 

    Pourtant, un noël pas comme les autres, mes deux parents ont su faire une trêve pour que fût réussi mon plus beau et seul noël d'enfant entourée de mes deux parents. En plus des cadeaux (la plus part fabriqués à l'usine Panhard par papa), ils m'ont fait le cadeaux encore plus cher à mon cœur de petite fille: l'illusion d'une vie normale.

    Le temps à passé... Après ce noël qui est resté gravé dans ma mémoire au fer rouge comme l'ultime preuve d'amour que m'avait faite mon père avant de disparaître de ma vie d'enfant pour toujours. Je connu alors l'enfer des nounous, des familles d'accueil, des pensions religieuses dont la pension des sœurs Saint Vincent de Paul. J'avais entre 7 et 8 ans. Elles étaient méchantes et cruelles...  Je n'ai plus jamais revu mon père. Mes parents se sont séparés; mais jamais ma mère n'a pu divorcer de mon père, l'ayant fait interner en maison psychiatrique à Charenton pour violence conjugales à cause de son alcoolisme: il était, dans ces moments de démence, extrêmement dangereux pour sa famille, pour les autres et pour lui-même. 

    Aujourd'hui, j'ai le courage de me replonger dans ce souvenir lointain, très douloureux et très cher à mon cœur, pour vous raconter mon noël à moi, le seul de ma vie de petite fille et montrer aux grands comme aux petits que les noëls sont importants dans une vie d'enfant! Pas seulement pour les cadeaux; mais pour l'amour que leurs portent leurs parents même si le jouet n'est pas très grand. Il faut savoir accepter ce que l'on nous offre avec le cœur, du moment que c'est offert avec amour. Ce sera peut-être le seul noël dont vous vous souviendrez lorsque vous serez vous même parents... Pour moi, ce noël perdu dans les années 50/60 fût le plus merveilleux noël que je puisse vous offrir aujourd'hui en guise de témoignage d'un bonheur lointain que je ne voulais pas oublier. Maintenant, c'est fait. Il est à jamais fixé sur mon blog, sur la toile gigantesque du net pour toujours et à jamais.

     

    Fin de l'histoire

     

     N . Ghis.

     

     

     

    Mon seul noël d'enfant entre mes deux parents : 3 ème partieMon seul noël d'enfant entre mes deux parents : 3 ème partie  Mon seul noël d'enfant (Troisième partie) Mon seul noël d'enfant entre mes deux parents : 3 ème partie  Mon seul noël d'enfant entre mes deux parents : 3 ème partie

     

    David James (site web) Le 29/11/2009

    Chère Ghis, je viens d'achever la lecture de ton plus beau Noël, qui m'a ému aux larmes. J'ai eu la chance de n'avoir que de beaux Noël. A seize ou à deux, en famille ou entre amis intimes, aujourd'hui je regrette ceux de mon enfance, la féerie des préparatifs, la réunion familiale, l'attente du passage du Père Noël, le déballage des cadeaux: tout ce que tu as su parfaitement décrire. Profites du moment présent et passe un joyeux Noël. Je t'embrasse 

     


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    Mon seul noël d'enfant 

     

    Seul noël d'enfant 

     

    Deuxième partie

     

    Est-ce que papa était d'accord? Est-ce qu'il était "normal" par rapport aux autres jours? Pourvu qu'ils ne se disputent pas tous les deux? Je tremblais de tous mes membres à tel point que je claquais des dents et que tout mon petit corps avait froids! La peur me tenaillait le ventre et c'était comme ça tous les soir lorsque je guettais l'heure d'arrivée de mon père.

    Le bruit de la clef tournant dans la serrure de la porte d'entrée se fît distinctement entendre. Papa apparu sur le pas de la porte sans dire un mot. Il accrocha son blouson d'aviateur marron, fourré de laine de mouton au porte manteau du vestibule en n'oubliant pas de glisser ses clefs dans une de ses poches ainsi que ses lunettes de motard. Il posa son casque sur la vieille console de marbre fendu du couloir, au dessus du grand miroir très vieux et piqué, puis sans s'adresser à nous, il fila droit dans la chambre à coucher sans même s’apercevoir que j'étais sous la table de la cuisine. Faire sa toilette pour se débarrasser du cambouis et de l'odeur de la graisse de vidange (il travaillait chez Panhard comme mécanicien spécialisé) et mettre un pyjama, c'était tout ce qui lui importait en ce moment même. Il ne s'était même pas rendu compte que j'avais changé de cachette; mais moi, j'observais tous ses faits et gestes lorsqu'ils étaients à la porté de mon regard d'enfant. Mon intérêt n'était pas que pour ce que faisait mon père! Non! Mon attention se fixait également sur les préparatifs du dîner. Ca sentait très bon et j'avais une vague idée de ce à quoi j'allais être le témoins...

    Étourdie par les vas et viens de maman, je commençais à me lasser et j'avais mal à mon derrière. Au bout d'un temps qui me parut assez long, mon père revînt de la chambre, jeta un œil furtif au sapin et s'affala sur son vieux fauteuil de cuir ou j'avais laissé traîner mon cartable. Il le pris et le posa par terre sans dire un mot. La soirée s'allongeait et je commençais à en avoir assez d'être cachée sous la table ou maman s'affairait; mais j'étais bien trop intriguée par ce grand arbre tout enrubanné qui montait jusqu'au plafond. La maison était trop silencieuse... anormalement silencieuse...

    Maman continuait les préparatifs du repas: (ce qui ne lui ressemblait guère). Ca sentait bon le poulet rôti et aussi le gâteau à la crème: ce qu'on appelait le moka fait d'un mélange de chocolat et de café pour la crème. Toutes les odeurs avaient agréablement finit par se mélanger.

    Pour en revenir à mon père, pour la première fois, il semblait décontracté et serein. Apparemment, il n'avait pas bu. Il entreprit de feuilleter son journal et maman mit la radio en sourdine pour ne pas le déranger puis, elle entreprit de mettre une belle nappe damassée et sortit la belle vaisselle avec les couverts en argent qu'ils avaient eu en cadeau pour leur mariage. J'étais de plus en plus intriguée. Jamais, au grand jamais, je n'avais vu mes parents comme ça? Pour une fois, ils était tous deux très calmes. Ca changeait!... Je présentait, malgré une vague sécurité qui me gagnait, que quelque chose n'allait pas tarder à me tomber dessus... Malgré tout, Je ressentais une euphorie inexplicable de voir mes parents si calmes. Je n'en revenais pas? Avaient-ils décidé de faire la paix pour cette nuit de noël qu'ils n'avaient jamais fêté auparavant? Je ne savais que penser?

    A force de fixer mon père et les allées et venues de ma mère, sans compter le temps passé sous cette table à me trémousser de fatigue, mes yeux commencèrent à me piquer. Je les frottais vigoureusement: le sommeil n'était pas loin et sans bien m'en rendre compte, engourdie par la musique douce des chants de noël et l'odeur du gâteau qui se dégageait du four, je plongeais dans un profond sommeil.

    Il dû se passer une bonne heure avant que maman ne vienne me tirer de dessous la table de la cuisine que j'avais, par habitude, réintégré subrepticement...

    - "Réveilles-toi." Me dit-elle en me secouant doucement. Il faut te faire belle pour aller à table. Je me laissait conduire à l'évier pour me laver les mains et me débarbouiller plus vite. Maman me revêtit d'une belle robe blanche en organdi, agrémentée d'un petit "Col Claudine" et d'une ceinture en satin rose qui se terminait par un gros nœud dans le dos. L'ensemble de ma tenue de petite fille modèle n'allait pas sans une jolie petite paire de ballerines de la même couleur que la ceinture de ma robe.

    Petite fille à la chevelure blonde et bouclée, j'étais facile à vivre et je ne bougeais pas beaucoup à cause de la peur intrinsèquement liée à mon corps. J'étais toujours angoissée. Maman n'avait aucun mal avec moi et elle adorait me brosser les cheveux parce que cela me faisait du bien et me rassurait. Elle entreprit donc de me brosser les cheveux pour me détendre. Je fermais les yeux oubliant que mon père était dans la pièce à côté en train de lire son journal. Elle me sépara la chevelure par une raie au milieu et agrémenta la coiffure par deux barrettes ornées elles aussi par deux gros rubans de satin rose qu'elle posa de chaque côté de ma petite tête.

    Habituée aux colères de mon père et aux ripostes de ma mère, je n'avais pipé mot. Tout ces préparatifs s'étaient déroulés dans un silence le plus complet. J'avais très peur de mon père; mais pourtant, je l'aimais.

    Il ne devait pas être loin de minuit lorsque nous nous mîmes à table. Je le sais parce que j'avais vu les deux aiguilles de l’immense horloge, qui trônait dans la grande pièce de la salle à manger, toutes deux réunies sur les chiffres "1 et 2" et pour me donner raison, celle-ci se mit à résonner de son beau chant d'horloge qui comptait les quart d'heure, les demie-heure et les heures. Je sais à présent que c'était le carillon de Westminster que j'entendais tous les jours. J'aime cet air encore aujourd'hui et mon seul regret, c'est de n'avoir pas retrouvé ce même air lorsque mon cher époux m'a offert cette belle horloge comtoise qui, elle, ne sonne pas du tout pareil...

    J'étais trop jeune pour me rendre compte que mes parents pouvaient être de confession catholique. Je ne me souviens pas non plus d'avoir assisté une seule fois, dans ma vie de petite fille, à la messe de minuit, ni admiré la chèche vivante de l'église de notre quartier?...

    Donc, faisant abstraction de tout ce que j'avais raté dans ma jeune vie, mon esprit déjà très vagabond, réintégra mon corps pour venir m'asseoir à côté de papa tandis que maman reprenait sa place en bout de table pour être plus prés de la cuisine.

    Très attentive au moindre changement de physionomie de mon père, je l'observais à la dérobé de peur de revoir apparaître son visage des mauvais jours; mais rien ne se produisit. Me sentant rassurée, je le regardais franchement et le gratifia d'un très grand sourire qui le poussa à me le rendre en me tapotant doucement sur la joue.

    Les deux points fermés sur la table, je me tenais bien droite comme j'avais été apprise et j'attendais sans rien dire que maman vienne apporter les différents plats et servir en premier papa avant de passer à nos assiettes. Le soupé se passa parfaitement bien. Pas un seul reproche ne fusa des lèvres de mon père qui affichait même un air plus que satisfait: ce qui était, en soit, une prouesse!... Après avoir débarrassé les reliefs du repas, le dessert s'annonça par la voix de maman attendant l'approbation de mon père. J'observais le déroulement des opérations avec une crainte bien dissimulée ayant toujours au font du coeur la peur d'un dérapage incontrôlé de la par d'un de mes deux parents; mais rien, ce soir-là, n'alla de travers. Papa donna le départ des conversations en m'adressant :

    - " Il est bon le gâteau que maman à fait de ses propres mains! Tu aimes le moka au chocolat?...

    Il attendait ma réponse: je n'en revenais pas qu'il m'adressa à moi la parole plutôt qu'à maman? La bûche décorée et pleine de personnages, de petites choses dessus avait été délicieuse. En voyant arriver maman avec cette merveille de bûche, j'en avait écarquillé les yeux pour mieux m'imprégner de cette vision. Maman avait très bien réussit sa bûche comme le repas. Papa n'avait, pour une fois, rien eu à dire de déplaisant et pour faire honneur au gâteau, il s'en resservit une très grosse tranche tout en complimentant la cuisinière de ses prouesses: ce qui n'était vraiment pas coutumier chez lui...

    "La cuisinière de service" ne répondit pas à son compliment; mais elle eu un petit sourire qui en disait long et je comprenais ce que ce sourire signifiait parce que je connaissais maman par coeur.

    D'une humeur décidément joviale, papa me resservit un autre morceau de bûche au chocolat, servit également maman qui avait une préférence pour le café.

    Je ne savais toujours pas ce qui allait se passer à la suite du repas gargantuesque que nous avions dégusté. J'étais vraiment très loin de me douter de ce qui m'attendait encore?

    Soudainement, papa se leva de table prétextant l'oubli de son briquet "tempête" qu'il avait laissé dans l'une de ses poches de bleu de travail. Il revînt avec sa pipe toute fumante au bec et un de ces léger sourire qui présageait quelques surprises que je n'avais pas prévu. Dans le même temps, maman se leva elle-aussi pour s'en aller dans la cuisine et en revenir avec une bouteille de mousseux qui devait se trouver au frais dans la glacière de la cave dont la porte donnait justement dans la cuisine. Il faut que je vous explique que les réfrigérateurs, pour la plus part des français, n'étaient pas à la porté de tout le monde! Monsieur Frigidaire avait inventé cette extraordinaire machine qu'est devenu, par la suite "Le Frigidaire" du nom de l'inventeur que l'on nomma par la suite le réfrigérateur que seuls les gens aisés pouvaient prétendre avoir chez eux. Nous, nous avions pour garder les aliments au frais, des gardes mangers qui isolaient des rongeurs qui comme vous devez le savoir, grimpent partout et des glacières ou l'on stockait des pains de glaces livrés le matin même par le marchand de glace et que l'on mettait dans un compartiment recouvert de zinc: ce qui retenait le froid et maintenait les aliments périssables au frais un certain temps. La glacière était équipée en bas d'un autre compartiment en zinc lui aussi, faisant fonction de récupérateur d'eau fondu. De l'extérieur, la glacière ressemblait à un haut meuble de bois vernis juché sur ses quatre pattes que je trouvais laid. La corvée était de ne pas oublier de vider le réservoir régulièrement, sans quoi, gare à l'inondation!

    Ce jour du 24 décembre n'en finissait pas. Il avait été bien long pour une petite fille de mon âge et je tombais littéralement de sommeil, le nez dans mon assiette vide. Tout à coup, un grand bruit se fît entendre qui me réveilla tout net. Je n'eus que le temps d'apercevoir le père Noël qui s'enfuyait à toute jambes dans la chambre à coucher de papa et maman. Je me souviens de cette peur qui m'avait fait sursauter et du costume rouge et blanc qui avait disparu Dans l''embrasure de la porte en laissant un énorme paquet au pied du sapin à côté d'un plus petit. Maman me dit:

    - Réveille-toi ma puce! Le papa noël vient de passer.
    - Mais, maman, quel papa noël? Je n'ai pas eu le temps de le voir et... et... Il doit être encore dans la chambre?! Nous n'avons pas de cheminée: elle ne marche pas! Des larmes commençaient à couler sur mes joues rouge de stupéfaction. J'étais excitée par ce que je venais d'apercevoir. Maman me dit pour me calmer que la fenêtre était restée entrebâillée pour qu'il puisse entrer et sortir par l'arrière cours puisque nous habitions un rez de chaussée. Ce fût ce moment que choisit mon père pour reparaître avec son briquet tempête, sa pipe et son tabac. Comme je ne me calmais pas, il vînt vers moi, me prit dans ses bras pour me calmer conscient qu'il m'avait fait peur. Il ne m'avait jamais prise dans ses bras. Tout contre lui, je me calmais doucement. Papa m'invita à déchirer les papiers qui masquaient les jouets que je n'avais jamais eu l'habitude de recevoir. Maman vînt se joindre à nous avec, elle aussi, pleins de paquets tous plus gros les uns que le autres en déclarant que le père noël, dans son empressement à passer par la fenêtre de la chambre, avait oublié de mettre le reste des paquets sous le sapin. Elle les avait récupéré justement sous cette fenêtre et les ramenait vers moi.  Je n'avais pas percuté que maman ne venait pas de leur chambre. Mes larmes se changèrent en rire lorsque j’aperçus le piano d'enfant sauvé extrémiste du désastre. Papa me fît remarqué qu'il y avait encore un plus gros paquet cadeau que je n'avais pas encore remarqué. Il le soupesa et me fît la réflexion:

    - "Oh! Qu'est-ce qu'il est lourd!!! Tu ne veux pas voir avec moi ce que c'est? Tu n'y arrivera pas toute seule ma chérie!"
    Je lâchait quelques instants le petit piano d'enfant pour déchirer le papier du second cadeau pas encore découvert par mes soins et il y en avait encore d'autres!... Papa et maman m'aidaient: le cadeau était vraiment énorme et très lourd! Qu'est-ce que cela pouvait bien être?...

     

     A suivre...

     

     

     

    Bernard-Raphael Mathilde (site web) Le 12/12/2010

    Bonsoir, Par Loup Blanc, je viens de vous découvrir et votre site me séduit beaucoup!
    Il est très beau esthétiquement beau! De plus, il y a des histoires qui sont très touchantes et ça remue les tripes... j'attends la fin de cette histoire avec, je l'avoue, beaucoup d'impatience. A bientôt... j'ai encore à découvrir...  Je vous souhaite une très bonne continuation! Amicalement, Mathilda.

     seul noël d'enfant

     

     


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    Anne-Lise

      

    Proverbe du jour

    "Comme on fait son lit, on se couche"

    La vielle fille - fiction



    Anne-Lise 

     

    Des cheveux ondulés, enneigés et soyeux, encadrant un visage où perle la tristesse, une vie monotone n'ayant pour seule richesse que les services rendus et les prières à Dieu. Tous les matins, à l'aube, elle s'en va à l'église pour changer l'eau des vases et remettre des fleurs. C'est un joli prénom que celui d'Anne-Lise! Peut-être un peu vieillot; mais si plein de douceur. Par habitude, elle reste à la messe de sept heure, fait toutes ses prières, examine son cœur, puis elle remet en ordre ses idées.

    Le dimanche, c'est elle qui joue de l'harmonium et monsieur le curé la tient en grande estime! Pour être aimée de tous, elle fait le maximum même si c'est pour rien que bien souvent elle s'escrime. A la sortie du culte, lorsque sonne midi, quand les groupes se forment afin de converser, elle s'éclipse sans bruit pour ne pas déranger, comme pour s'excuser d'être une vieille fille. C'est une fois chez elle qu'elle découvre le vide qui emplit sa demeure aussi vide que son cœur. Là, elle fait sans tricher, le bilan de ses rides et elle comptabilise une à une ses erreurs.

    Il ne lui reste rien de sa belle jeunesse lorsqu’elle éconduisait les garçons de son âge qui se glissaient souvent derrière à la messe pour toucher ses cheveux et frôler son corsage. Ils se pâmaient d'amour tandis qu'elle s'en fichait. Elle pensait à l'époque avoir assez de temps pour distinguer du nombre de ses soupirants celui qui saurait être l'élu qu'elle aimerait ; mais elle n'a pas su et le temps est passé. A présent, c'est trop tard. Elle trompe son ennui en se faisant du thé au citron parfumé qu'elle consomme lentement grignotant des biscuits.

    Le bonheur qu'elle avait à portée de son cœur lorsque de beaux jeunes hommes lui faisaient la cour, qu'ils la couvaient des yeux leur cœur emplie d'amour, lui récitant des vers d'une voix langoureuse. Pourquoi les refuser en faisant la coquette? Pourquoi les faire souffrir en les rendant jaloux? Pourquoi d'un air hautain, ébrouant ses froues-froues, de voir leur mine défaite, s'en allait-elle rieuse en leurs lançant de loin:

    -"Mon cœur n'est pas pour vous! Il sera pour celui qui saura le gagner!"

    Admirée, adulée de tous, elle aimait les hommages et elle s'en amusait la jeune écervelée! Mais à force de Jouer, de rire de ses soupirants, s'est flétrie sa beauté et tous ses prétendant, d'elle se sont détournés.

    L'on dit bien souvent que "l'herbe est bien plus verte ailleurs." Las de ses minauderies, ils sont parti vers des promesses meilleurs: Vers d'autres jeunes filles peut-être moins gracieuses; mais tellement plus avenantes... Ils s'en sont allés vers le printemps de la jeunesse et des jeunes filles en fleur qui brillaient par l'attrait de leur vingt ans.

    - Jeunes filles vaniteuses de votre beauté! Prenez garde qu'un jour, pour vous, la cloche sonne! Car le temps passe et lasse le plus fervent des hommes si vous laissez passer la chance d'être aimée...

    De vivre solitaire, Anne-lise n'a plus envie; mais ne sait pas comment rompre sa solitude. Elle sent fuir de son corps tout ce qui fait la vie, s'enfonçant, peu à peu, dans sa décrépitude. Le miroir qui reflète son mince corps de liane, lui dit que c'est finit. Que trop vite il se fane et qu'elle ne sera plus celle qui fait rêver! Et qu'il n'y aura plus de beaux jours pour aimer...

    Aucun prince charmant sur son beau destrier n'est venu l'arracher à sa morne existence. Et il lui faut subir l'outrage des années sans être accompagnée d'une tendre présence. Elle cherche à s'occuper par une broderie; mais ses mains tremblantes refusent tout effort: comme si, dans leurs veines, se distillait la mort pourtant, pourtant elles étaient longues ses mains: douces et graciles!…

    Cette maison où dorment des souvenirs heureux la rend mélancolique, embuant ses yeux bleus. Sa raison la tourmente l'empêchant de lutter et elle voudrait mourir, en finir, s'en aller...

    La pluie, cette ennuyeuse, s'est mise à tomber: c'est l'intruse qui tape aux vitres du salon et l'âme d’Anne-Lise se met à l'unisson de la nature qui pleure sans jamais s'arrêter. Anne-Lise n'a plus la force de faire face aux jours qui se succèdent aussi vides que sa vie. Elle n'a plus envie de continuer ainsi. Elle se sens tellement transparente et inutile, qu'elle a l'impression de disparaître là ou elle était jadis le centre d'attention des jeunes hommes de son âge. Les jeunes filles, à l'époque de sa jeunesse, lui en voulaient d'être si coquette, si courtisée, si jolie. Que tout ceci est bien loin!...

    Il serait tant de partir; de s'en aller en silence; mais sa vie semble tenace!
    Quand donc viendra le jour où, enfin délivrée, elle pourra, sans regret déposer son fardeau de craintes, de douleurs et de longs, longs sanglots: offrande douce amère d'une vie sans intérêt.

    Au loin, teinte une cloche: c'est l'angélus qui sonne. Elle regarde sa montre: vestige de sa jeunesse passée... Difficilement la vieille fille émerge de sa mélancolie. Il est indécent de ressasser des regrets bien inutiles! La seule façon, pour elle, d'assumer sa vie, c'est de s'abandonner à un dieu qui pardonne et qui seul peut combler son existence usée. Si elle est vieille fille, si elle n'est pas mariée, c'est qu'elle n'a pas su conduire sa destinée, que Dieu l'a voulu et ainsi décidé. Les voix de son seigneur sont bien impénétrables: invisibles pour elle comme pour ses semblables. Il faut bien rétablir un peu l’ordre des choses! Que peut-elle espérer? A quoi bon s'obstiner quand la stérilité de sa vie lui fait face! Anne-lise comprend qu'il lui faut accepter ce que la providence daigne lui accorder. Elle se dit que bientôt, pour un très long voyage, elle prendra son billet sans espoir de retour. Pas besoin de bagages! Juste un petit regret de mourir demoiselle. Juste ce petit regret d'avoir été coquette, d'avoir "loupé le coche" lorsque des prétendants toquaient tous à son cœur. Et qu'elle s'en amusait sans penser aux lendemains qui, se succédant bien trop vite, ont fait de son avenir, à venir, et sans qu'elle s'en aperçoive, bien trop vite, conjugué au passé... Il lui reste un regret, juste un petit regret : celui d'avoir, tout au long de sa vie, dédaigné les soupirants et restée bien trop sage en attendant l'élu qui n'est jamais venu. 

    Anne-Lise

    La vielle fille - fiction 

    N. GHIS. / La main et la plume 1947 

    Texte écrit en 1985

    Anne-Lise 


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    Le vieil arbre et Florella la petite fée   

    Le vieux chêne et Florella la petite fée

      

    C'est le genre d'histoire que l'on racontait à la veillée

    aux petits enfants, bouche Bée, devant une grande cheminée allumée

    ou l'on buvait une boisson bien chaude comme le cidre chaud,

    et ou l'on croquait des châtaignes grillés.

    Cela s'appelle encore : " La bolée Normande "

     pour ceux et celles qui connaissent.

    Les grands enfants peuvent aussi rêver en lisant ce conte...

     

    Le vieux chêne et Florella la petite fée

     

    Le vieil arbre et Florella la petite fée  

     

    Le vieux chêne et Florella la petite fée 



    Du haut de sa montagne, un arbre centenaire, avec sa mine altière, dominait la campagne. Il avait grandi là, sous la voûte du ciel en tirant sur ses bras pour toucher le soleil. Grand Chêne, plein de sagesse, majestueux et beau, protégeait de son aile toutes sortes d’animaux; mais, oublié des hommes, il espérait en vain pouvoir, un beau matin, abriter un gamin. Notre arbre, malheureux du manque d’amour d’autrui, Espérait en l’humain et attentait l’ami; mais il ne savait pas l’égoïsme des hommes. Perché sur sa montagne, il ignorait le monde. Pourtant, il voulait voir jouer tous les enfants. Il voulait les connaître, s’en faire des amis. Abriter les amours de jeunes adolescents. Voir pique-niquer les couples à l’ombre de ses branches, rendre service aux gens, faire de l’ombre aux petits. C’était là, tout son rêve!Pour avoir vu périr forêts entières et bois jolis aujourd’hui disparut par la faute des hommes, connaissant l’âme humaine bien plus qu’elle ne le voudrais, Florella: la petite fée qui habitait le chêne depuis bien des lustres, lui répétait sans cesse:

    - Non! Surtout, n’y va pas! Tu pourrais regretter d’avoir osé un pas! Les hommes ne pensent qu’à eux! Ils ne prennent soin de rien! Ils ne savent pas gérer notre mère la terre! Tu veux te retrouver en bûches un beau matin? Je vais y aller pour toi et au retour tout te raconter; mais fais-moi la promesse de ne pas bouger! Attends que je revienne! Ce ne sera pas long! Après, tu choisiras la meilleure solution pour te sentir pleinement heureux. Et ne sois pas grognon parce que je m’en vais seule! Avant que tu ne dégages tes racines du sol, je serai de retour et ne te cacherai rien.

    Grand chêne bougonna bien un peu: ce n’était pas l’envie qui lui manquait de soulever ses grosses racines pour descendre juste un peu plus bas afin de suivre Florella de ses nœud! Euh! Pardon! De ses yeux, voulais-je dire. Cependant, il préféra rester sage et ne bougea pas un seul petit doigt… de pied.

    Le chêne, lui, n'a qu'un seul pied, même s'il a plusieurs doigts de par ses branches, tandis que je considère ses racines comme des milliers de petits doigts... de pieds. Il fallait y penser! Soit dit en passant que c'est "une Lapalissade" que je vous décrit là!... HA!HA!HA!

    Par un beau clair de lune, pour son ami le chêne, la petite fée Florella, décida d’aller voir les gens de la vallée. Se sachant invisible, elle attendit le matin puis fit tout le village. Vît un homme qui coupait du bois pour son chauffage. A la menuiserie, elle vît des arbres entiers, pour devenir des meubles, se faire découper. Le rabot à la main, elle vît le charpentier raboter sans remord les planches d’un tronc séché, réduisant le surplus à de simples copeaux, chevilles d’assemblage, allumettes en tous genres après que les belles planches, il est vrais, eut été transformés en tables, chaises, armoires, lits, buffets, fauteuils, bancs de fermes, pupitres d’école bureau, papier et j’en oublie...

    C’est vrai qu’ils étaient beaux ainsi devenus meubles! Qu’ils étaient bien utiles transformés en feuilles de papier! Mais qu'adviendraient-ils d'eux, après? C'en était finit pour eux! Ils ne pourraient jamais plus avoir de descendance? C’était grave! Déjà la forêt se dépeuplait et mourrait doucement. La flore et la faune disparaissaient sans un bruit et l’homme fermait les yeux, préférant rester dans le déni complet des ravages qu'il causait. Qu’avaient été ces arbres avant leur transformation? Un frêne, un châtaigner, un peuplier, un sapin, un boulot?

    De leur beauté première, il ne restait plus rien. Sacrifiés à jamais sur l’autel du progrès, la forêt s’en allait en feu de cheminée, se transformait en livres, en cahiers, en crayons, en carton en jouets, en sciure et en bois de charpente sans que l’on n’y puisse rien. Le bois était partout: mais là où il devait être, il n’y avait plus que des terrains dénudés.

    Florella était tout à fait consciente des besoins des humains; mais ce qu’elle leurs reprochait, c’était de ne pas songer au reboisement, de façon à toujours sauvegarder tous les endroits boisés pour leur survie car les arbres étaient bien plus utiles au monde, plantés, plutôt que de finir par ne plus exister et entraîner ainsi catastrophes sur catastrophes et nous savons tous de quoi je parle! Ce conte n’est là que pour faire prendre conscience de ce que nous infligeons à notre terre! Un sujet parmi tant d’autres à aborder pour notre propre survie, ne serait-ce que pour limiter la pollution, les gaz à effets de serre. Il ne faut pas oublier que les arbres absorbent notre surplus de gaz carbonique et nous fournissent en oxygène! Si nous supprimons trop d’arbres! Nous ne pourrons plus respirer! Il ne faut pas penser qu’au moment présent! Il faut aussi œuvrer pour l'avenir de nos enfants et nos petits enfants; mais pour cela, il faudrait que les mentalités changent! Ca commence et pour que vraiment les mentalités changent, il y a encore du boulot surtout les lobbyings! Ils se fichent complètement de la planète du moment que tout ce qui est monnayable rapporte!...

    Mais revenons en à nos moutons. Euh! pardon: à notre arbre qui voulait connaître les hommes. Donc, nous n’étions pas loin des fêtes de fin d’année. La neige avait recouvert prés, chemins, toits de maisons et collines. Tout était blanc. Les luges et les bonshommes de neige surgissaient de partout.

    Les enfants, insouciants et heureux, se lançaient des boules de neige pendant que les parents se préparaient au plus grand événement de l’année. Les maîtresses de maison allaient avec leurs grandes filles faire des courses pour les préparatifs de Noël. Les pères, suivit par leurs grands fils accompagnés, bien souvent, des grands pères, allaient dans les bois avoisinants pour découvrir la perle rare: le plus beau et le plus grand des sapins qui ferait la fierté de leur maison. Tout ce beau monde partait à la recherche de l’arbre tant convoité qu’ils pourraient trouver à exposer, pas trop prés de la cheminée pour qu’il ne prenne pas feu et qu’il ne perde pas ses épines trop tôt, comme l’exigeait la tradition, la hache sur l’épaule pour les anciens et pour les jeunes gens plein de fougue et de force, la tronçonneuse devenu l’outil indispensable et de rigueur pour ne pas trop se fatiguer.

    Les tronçonneuses faisaient l’objet de toutes les convoitises de la part de ceux qui n’en n’avaient pas. Qu’importe! Les jeunes s’aidaient entre eux et ils s’amusaient bien de regarder faire les anciens s’échinés et se démener de façon à venir à bout de la coupe du sapin choisit. En fin d’après midi, Chacun revenaient à pieds ou en voiture équipées de pneus neige, arborant avec fierté leur magnifique trouvaille.

    Par le comportement tout à fait démesuré en cette préparation de fête, à n'en pas douter une seconde, Florella constatait que les humains aimaient le sapin au point d'en vouloir un tous les ans chez eux pour les fêtes de Noël. Ils aimaient cet arbre parce qu'il restait vert toute l'année et qu'il avait une odeur particulière de résine très agréable. De plus, il était très facile à décorer, ce qui lui donnait un air majestueux et royale. Lorsqu'il était paré de ses plus belles décorations, les enfant en prenait plein leurs yeux et les adultes aussi. Le sapin symbolisait vraiment bien cette fête de Noël. C'était des atouts non négligeables! Mais à y regarder de plus prêt, cela ne lui était pas bénéfique et le menait tout droit à sa perte. Grâce à ses qualités, il était l'arbre le plus prisé pour les fêtes de fin d'année. Le sapin devenait, par excellence, le centre d'attraction de chaque foyer. Pendant les quinze jours de réjouissances que représentait Noël et jour de l'an, il était honoré dans toutes les maisons. Il est vrai que pour les jours les plus importants de l'année, c'était bien un beau sapin qu'il fallait chez sois! Un bien beau sapin fraîchement coupé le 24 décembre comme le voulais la tradition, fleurant bon la résine qui révélait, à elle seule, par son odeur incomparable, la période de l'avant et permettait aux enfants, après la messe de minuit d'attendre le réveillon et de rêver au passage du Père Noël par les trous de cheminée... Mais au fait? Comment faisait-il lorsque les cheminée étaient allumées? Et bien! C'est tout simple: il ramassait de la neige sur le toit qui en était recouvert d'une épaisse couche et il en lâchait de grosses poignées jusqu'à ce que le feu s'éteigne. Le père Noël, était malin et c'est pour cela que le matin, en venant découvrir vos cadeaux, vous trouviez toujours le feu de cheminée éteint. Aujourd'hui, dans les maisons qui possèdent une cheminée, le Père Noël agit toujours de même; mais pour les appartements modernes, il vaut mieux penser à laisser la porte fenêtre du balcon entrebâillée légèrement de façon à lui faciliter la tâche! Si il vous venait d'oublier la porte fenêtre du balcon, Père Noël avait un passe partout universel et cela lui facilitait bien la tâche!...

    Noël! Le grand moment magique pour les enfants! Le mystère du Père Noël entrant dans les maisons par les cheminées, pour déposer les cadeaux au pied du magnifique sapin enluminé.

    - « Chers parents, vous savez de quoi il en retourne concernant le papa noël. Mais jouons le jeu jusqu’au bout. Nos petits sont si heureux lorsque le Père Noël passe par la cheminée ou la porte fenêtre du balcon que nous avons pris soin de laisser entre baillée pour lui".

    Permettez que je referme la parenthèse pour continuer mon histoire? En plus, on commence à se geler avec cette porte fenêtre ouverte! la chaleur s'en va! Fermez vite: J'ai froid, moi!...

    Donc, les familles, en ces fêtes qui arrivaient à grands pas, s’affairaient autour des fourneaux et pendant que les dames se préoccupaient de ne rien oublier en ces circonstances particulières, les messieurs et leurs enfants décoraient la maison, après le sapin qui passait, bien sûr, en premier. Ca se chamaillait pour savoir qui allait mettre l’étoile du berger tout en haut, à la cime de l’arbre. L’effervescence était à son comble! Les maisons étaient décorées à l'intérieure comme à l'extérieur les bout de jardins de chacun et tous les villageois faisaient leur tour pour admirer les décorations par les fenêtres du salon de chaque maison, le beau sapin enrubanné et tout illuminé. Quel spectacle pour les yeux! Une seule ombre au tableau pour la petite fée du chêne: la destruction de la forêt de sapin...

    Ah! Ces humains! S’écria Florella en colère. Ils n’ont pas conscience du mal qu’il vont causer à la longue par le simple fait de choisir tous les ans, un sapin, de lui supprimer la vie pour le plaisir et la fierté de l’exposer dans leur salon, devant la famille et les amis, pendant un laps de temps ne dépassant pas deux à trois semaines et quelques fois moins au regard des mois et des années qu’il aurait fallu à cet arbre pour devenir adulte. Pour les humains, un noël sans sapin n’était pas concevable! Florella, toujours invisible, comptabilisait toutes ces allées et venues frénétiques d’un œil réprobateur et n’en perdait pas une miette. Des sapins coupés, il y en avait tellement, qu’elle en avait perdu le fil! A travers les fenêtres des maisons, rien ne lui échappait: les guirlandes lumineuses, les guirlandes scintillantes, les boules jaune, vertes, rouges, bleues, blanches, dorées ou argentées, la neige artificielles sans oublier le papier rocher pour installer la crèche et les santons: tout était fin prêt pour recevoir le petit Jésus la nuit de la nativité. Ne voulant rien manquer des coutumes des hommes, Florella écarquillait ses yeux émerveillés par la beauté du spectacle et furieuse à la foi de constater ce beau gâchis concernant ses amis les sapins. Bien sûr que l’effet rendu était magnifique! Bien sûr que le roi des forêts était honoré! Tout ça, c’était très bien! Mais qu’allait-il advenir ce roi des forêts après la fête? Sans ses épines qui immanquablement se déshydrateraient et tomberaient à cause de la chaleur des maisons, il se déplumerait et se retrouverait comme un vulgaire poulet prêt à rôtir sauf, que lui ne serait pas rôti; mais brûlé quand on ne le retrouverait pas jeté dehors n’importe où: à la poubelle pour ceux qui n’avaient pas de cheminée ou abandonné lâchement sur les trottoirs et les chemins de terre qui avaient échappés encore à l'urbanisation: "ni vu ni connu, je t’embrouille"!…

    Ces jeunes sapins aux branches encore tendres qui, jadis se dressaient fièrement, armées de leurs épineuses d’un beau verts encore clair, ces mêmes jeunes sapins n’avaient plus que des branches mortes qui ne constituaient que l’armature d’un squelette d’arbre tout rabougrit, seule victime muette, dépouillée de sa magnificence originelle. Florella ne pu s’empêcher de se projeter de quelques centaines d’années en avant et ce qu’elle découvrit lui fît froid dans le dos: la planète était pratiquement devenue un désert là où avant il n’y avait que bois, prairies verdoyantes, rivières lacs et forêts, il n'y avait plus que du béton: tout n'était plus que routes et gratte-ciel. Les espaces verts si nécessaires à la vie des humains n'existaient plus. Avec les années passants , tout avait été décimé par leurs cupidité, leur inconscience, leur irresponsabilité etc.

    En 2050, ne restait plus des rescapés de la race humaine qui se déchiraient pour un peu d’eau et par voix de conséquence, pour la nourriture, de quoi s'habiller car rien ne poussant plus, tout était caution à querelles quotidiennes. Qu’était devenue la splendeur de ces arbres ornant la montagne, les pleines, les vallées? Qu’étaient devenus ces rois de la forêt à qui on avait ôté la vie par plaisir, pur égoïsme, pour sa satisfaction personnelle et surtout par ignorance. Qu’allait-il advenir de nos belles forêts et de nos bois jolis s’il n’y avait plus d’arbres? Si la terre perdait une de ses principales sources d’oxygène: les arbres. Tous les arbres?!… La nourriture qui devenait de plus en plus rare, faute bien sûr du manque d’eau et d’insectes pour la politisation? Plus de fleurs puisque plus d’abeilles ni papillons ni oiseaux pour les butiner. Le soleil brûlait les derniers végétaux qui essayaient de s’adapter à l’aridité des sols. L’érosion était partout! Les seules personnes encore vivantes ne sortaient que la nuit à cause du soleil brûlant et chacun d’espionner l’autre pour en tirer profit. Pour survivre, Les hommes allaient même jusqu’à s’entre-tuer. La planète était devenu un enfer.

    - C’est bien ce que je pensais! Se dit elle tout haut. En l’année 2010 qui va commencer, il faudrait songer à faire des efforts et devenir raisonnable! Il ne reste guère de temps pour faire marche arrière et renverser la vapeur! (clin d’œil). A ce train là, notre forêt et toutes les forêts du monde ne tiendront pas longtemps et nous non plus! Peut-être encore une trentaine d’années et ce sera le commencement de la fin! Le compte à rebours a déjà commencé… Elle en avait assez vu. Il fallait repartir et affronter son époque qui, somme toute, n’étaient pas encore si mal par rapport à ce à quoi elle venait d'assister!…

    Après bien des tourments et mûres réflexions, Florella prit une résolution: il fallait, sans tarder, trouver une solution pour protéger son arbre de la destruction. Il n’était pas souhaitable pour son ami le chêne qu’il quitte sa montagne pour vivre auprès des hommes. Il serait bien vite coupé pour prendre d’autres formes sans même qu’on se soucia s’il souffrait car, à part les petits être des bois et des forêts, nul ne pouvait entendre les plaintes des arbres en souffrance, toutes catégories confondues.

    L’homme se voulait juste. L’homme se voulait bon; mais il allait à sa propre extinction en détruisant tout sur son passage. Sans bien se rendre compte des ravages qu’il causait, tout en creusant sa tombe, sans cesse il avançait. Il avançait pour qui? Il avançait pour quoi? Pour son propre intérêt? Pour produire plus encore et faire plus de profit? Pour se remplir les poches de beaux billets tout neufs fait de papier dont plus personne ne peut en ignorer la provenance à l’heure d’aujourd’hui!…

    Tout en s’apitoyant, se désolant quant au futur du globe terrestre et de ses quelques survivants, la petite fée du chêne, constata par elle-même ce qu’elle soupçonnait déjà depuis longtemps. L’avenir, si l’on pouvait parler d’avenir, à l’échelle de cette vallée encore partiellement vierge, ne présageait rien de bon. Ce que les humains feraient par cupidité de la terre, n’était pas si éloigné que cela de notre époque où notre terre est encore vivable et relativement dans une santé qu’on pourrait qualifié de, comment dire? Précaire… Mais deux cents ans! Ça passe vite! Très vite!…

    D’autres hommes étaient à l’œuvre, sacrifiant des forêts entières au nom de leur propre enrichissement. Ils exploitaient sans se soucier de l’avenir du monde. Ils en avaient rien à faire! Dans deux cent ans, ils ne seraient plus là pour constater les dégâts! Autant bien vivre maintenant! Qu’est-ce qu’ils en avaient à faire des autres être vivants? Peu leurs importait la faune, la flore, leur descendance!… Parce que c’était de ça qu’il s'agissait!

    d'Après ce à quoi elle venait d’assister, elle ne se faisait pas d’illusion! Les hommes exploitaient tout et n’importe quoi jusqu’à peler la terre comme une simple orange.

    Dégoûtée, révoltée et très désappointée, la petite fée du grand chêne réintégra la chaleur du cœur de son arbre, ramenant avec elle moult renseignements, décidée à convaincre de son mieux son vieux têtu de chêne. D'abord, il rouspéta qu’elle fut si longue; mais elle lui expliqua l’affaire tout en détails. L’arbre ouvrit de grands yeux ahurit n’en croyant pas ses oreilles et ses nœuds. Florella lui proposa un marché. Voulait-il, en songe, se rendre compte, par lui-même de ce que serait la planète dans deux cents ans de là? Grand Chêne ne voulu pas connaître le déclin de la vie sur terre. Il comprit alors, que l’air qu’il respirait en haut de sa montagne, était plus saint qu’en bas, et que les bûcherons, s’ils s’en venaient par là, de leur tronçonneuse et de leur hache complice, en planches et bûches le réduirait…

    Il valait mieux pour lui, rester sur sa montagne où il vivait tranquille entouré d’animaux. Dans ses branches, les oiseaux faisaient leur nid au chaud. Au creux de ses racines se trouvaient plusieurs entrées de terriers où les petits lapins s’abritaient pour nicher. Les écureuils malins, après avoir prévu leur récolte pour l'hiver, sortaient de leur abri pour lui chaparder les glands tombés à terre bien caché sous le feuillage recouvert de neige dont il se nourrissaient abondamment. Les Biches mettaient bas et allaitaient leur fan au creux de son gros tronc, sur un lit de feuilles sèches qui servait de litière, bien en sécurité. Tout chez lui n’était que bonté. Notre chêne avait, sans nul doute, toute son utilité. Pourquoi songer à partir et s’en aller je ne sais où? Pourquoi risquer sa vie par pure curiosité? Sa décision fût prise et resta sans appel. S’il voulait profiter encore un peu de la nature telle qu’il la connaissait actuellement? S’il voulait que sa vie se termine naturellement avant le grand chambardement causé par l'irresponsabilité des hommes. Il fallait qu’il trouve un stratagème pour échapper à ce qui attendait tous ses frères arbres. Il demanda aux fées, aux lutins, aux gnomes, aux farfadets, de faire tout leur possible pour dissimuler ce coin de montagne et sauver quelques uns de ses frères:

    - Rendez nous invisibles au regard des hommes venus pour nous détruire! Supplia le vieux chêne. Laissez le champs libre aux amoureux et à ceux qui aiment la nature! Je vous promets de vous protéger le restant de mes jours et tout ce coin de montage ne sera pas touché. Paix à mes frères les arbres qui vont se trouver dans ce périmètre invisible aux gens de mauvaises intentions! Moi, Grand Chêne, resterait ici car là est ma place. Je veux être leur refuge, leur ami, pourvu que le seigneur longtemps me prête vie, puisque j'ai enfin compris que ma place était là: moi, l'arbre solitaire! Votre grand chêne aux milles bras.

     

    N. Ghis.

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    Conte écris en 2004 . 

    Le vieux chêne et Florella la petite fée  


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    La vieille maison d'autrefois

     

    Que j'aime la vieille maison d'autrefois! C'est une maison qui est toujours debout: fière de son passé glorieux car elle a connut plus de choses que je ne pourrais en vivre. Pour être tout à fait exacte, c'est un corps de ferme qui est née au dix huitième siècle. Elle a été baptisée : "La Ferme Quéran". Il est vrai qu'elle à fait son temps! Il est vrai aussi que son corps ne tient plus. Il est fatigué, mais je ne peux pas m'empêcher d'aller la voir quelques fois. Que j'aime la vieille maison d'autre fois! Elle est si belle, si pleine d'histoires!...

    Ses murs sont tristes et pleurent souvent de n'être plus, comme autrefois, témoins de bien des rires d'enfants.Tout est silencieux en hiver. Les yeux de la maison sont clos. Elle est là, triste et solitaire en attendant des jours plus beaux. On la rejette pour d'autres lieux qui sembles plus accueillants qu'elle. Même ses meubles sont malheureux! Tout en elle se fige et se gèle. Elle n'est plus qu'un havre en été. C'est seulement là qu'elle se sent bien de voir tout ce monde arriver pour réveiller ses murs anciens.

    Pour la faire vivre encore un peu, on la soutient, on la transforme et on lui modifie ses formes. On essaie de la rendre actuelle, de lui redonner sa jeunesse; mais malgré toutes les tentatives, elle garde son esprit d'antan...

    Un jour, peut-être, on la vendra. Cette résidence centenaire ne reconnaîtra plus les siens et bien tristes seront ses pierres. Des étrangers la visiteront, la choisiront pour en faire leur maison d'été. Se souciant peu de son passé, ils essaieront encore une fois de la changer. Elle souffrira, moi je le sais, d'être étrangère où elle est née. Son âme fière des jours glorieux recherchera encore un peu, l'amitié d'un jeune cœur vaillant, amoureux des vieilles pierres d'antan.

    Pourtant, je sais une maman qui aime tant sa vieille maison! Pour rien au monde elle ne voudrait s'en séparer! Elle y est née pour y grandir et pour vivre sa vie d'enfant, de jeune fille et puis d'épouse. Elle l'aime tant sa chère maison qui prend soins de ses souvenirs! Pour elle, c'est un cocon d'amour, un havre de paix, un immense nid qui la réchauffe à l'intérieur.

    Lire au coin du feu, regarder les albums photos, simplement penser à tous ce qui fut sa vie et dont elle ne veut pas se séparer. Elle désirerait tant finir ses jours ici, dans sa maison, avec ce qui la pousse à vivre. Elle veut simplement s'endormir dans son lit: le même lit ou elle fut jadis aimé et ou elle a donné la vie.

    Elle se revoie jouant, riant avec ses cousins d’Orléans. Jeune fille belle et avenante, elle n'était pas en mal de courtisans! Ses amours de jeunesse se disputaient souvent sa main pour l'emmener danser au bal. La tendresse de ses parents, l'amour de ses grand-parents lui tenait chaud au cœur et les années de sa jeunesse furent les plus heureuses de sa vie.

    Un jour, elle rencontra un beau jeune homme qui lui prit toutes ses pensées et son cœur. Le jeune Armant devint son bien aimé. Après de longues fiançailles, elle épousa son grand amour avec l’accord de ses parents, L'assentiment des beaux-parents et la bénédiction de Dieu. La maison abritait le bonheur. La maison respirait le bonheur et tranquilles s'écoulaient les heures...

    "Je t'aime!" Murmurait souvent Armand. Elle se blottissais alors contre lui et de cette union heureuse naquit deux filles et un garçon. C'est dans cette maison qui, au fils des ans, par la force des choses, est devenu la sienne qu'elle mis au monde ses enfants.

    C'est aussi, de sa chère maison,qu'elle vît partir pour la guerre son Armand. Les allemands lui ont pris son unique amour. Ils ont brisés son cœur et à jamais volé son bonheur.

    Au coin du feu, les soirs d'hivers, elle pense à son bien aimé, se disant que s'il avait vécu, il serait revenu pour enfin la serrer dans ses bras et l'embrasser à l'étouffer, mais les jours se sont succèdés sans aucune nouvelle de lui. Elle attendit en vain son retour. Armand, plus jamais ne revînt.Un télégramme laconique de l'armée française l'informât, sans plus de détail, de la disparition de son époux. Elle pensât à ses enfants qui ne reverrait plus jamais leur père. Elle se dit que jamais plus, non plus, elle ne dormirait au creux de ses bras. Des larmes de tristesse coulèrent sur ses joues qu'elle cachât pudiquement dans le refuge de leur chambre ou son odeur était encore tenace et ou ses souvenirs lui rappelaient son tendre époux. Depuis qu'il s'en était allé vers d'autres horizons, la maison était triste sans lui. Les années défilaient avec obstination. Les parents déjà vieux se sentaient fatigués et les grand-parents qu'elle aimait tant avaient, eux aussi, déserté la maison familiale. Ses aînés s'en étaient allés vers d'autres lieux pour un endroit où l'on ne sait plus qui l'on est et d'où l'on vient: cette autre rive; l'autre côté du miroir, là d’où personne ne revient...

    Des générations se sont succédées bien avant ses grands-parents et ses parents. Puis ses parents, l'un après l'autre, se suivant de très près, s'en sont allés à leur tour et lui ont laissé la maison pour qu'elles se protègent mutuellement. Quelques années encore se sont écoulées et ses enfants se sont mariés. Tant de souffrance et de solitude pour une vie si bien commencée...

    A présent, la maison de ses ancêtres est son domaine et sa mémoire vive. De son vivant, jamais personne ne la vendra! Cette vieille maison est la sienne. C'est là où elle ressent la vie. La maison et elle se comprennent: elles s'aiment comme deux grandes amies.

     

    N. GHIS. Texte écrit en 1982.

     

     

    Auteur: Ghislaine Nicolas d'où mon pseudo N. GHIS.

     


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