• Le vieux saule N° 1

     

    Le vieux saule pleureur : page -2- 

     

    Le vieux saule pleureur


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    Au bord d’une rivière, baignaient les vieilles racines d’un saule centenaire. C'était vraiment un très vieux saule. Il devait bien avoir deux cents cinquante ans, si ce n’était pas plus! C’est veines étaient très saillantes comme celles des mains d’un vieillard et l’on pouvait suivre l’évolution de sa croissance en comptant ses années de vie par le truchement des bosses, des nœuds, la grosseur de ses racines externes qui sortaient de terre par endroit. Il y avait aussi le tour de taille de ce vieil arbre qui affichait une circonférence impressionnante. Ces grosses racines qui ne s'étaient pas enfoncées dans le sol, l’approvisionnaient en eau constamment de façons à ce qu‘il reste en bonne santé, seulement voilà que la rivière diminuait, s’asséchait chaque jour un peu plus. Jadis, la rivière avait dut être très grosse et très fournit en poissons car avant que ne survienne sont agonie, les pêcheurs venaient régulièrement y pêcher.

    Malgré son grand âge, le vieux saule tenait encore hardiment debout et il en avait vu défiler des amoureux qui, sur son écorce pourtant très rugueuse, s’amusaient à graver leurs deux petits cœur entrelacés avec, en leur centre, leurs prénoms traversés d’une flèche: symbolique représentant l’amour entre deux êtres. Chaque fois que deux jeunes gens s’aventuraient jusqu’au vieux saule pour y graver leur amour, Cupidon constamment à l’affût de ses tendres victimes, veillait à ce que la tradition soit bien respectée. Il se tenait parmi le feuillage, perché sur une des branches noueuses de ce vieil arbre, visant les cœurs qui ne demandaient pas mieux et sans même s'en rendre compte, que de se plier à cette coutume désuète. Chaque fois, Cupidon faisait mouche. Comme les fées, les farfadets et les lutins, notre petit ange de l’amour avait élu domicile dans l’énorme tronc de ce vieux saule pleureur qui présentait, en plusieurs endroits, des trous et des failles aménageables en petits logements où chacun y trouvait son compte: ce qui facilitait la vie de tous ces petits habitants très spéciaux et précieux à l'âme de saule sur le déclin.

    Depuis déjà quelque temps, les branches du saule n’arrêtaient pas de se disputer entre elles. Pour un peu d’eau, elles s’allongeaient démesurément afin de pouvoir, les premières, caresser du bout de leurs feuilles allongées, le filet d’eau qui devenait de plus en plus inexistant. Le saule pleurait bien plus d’une fois qu’à sont tour en voyant sa chère rivière bien malade; mais ses larmes n’étant pas renouvelées par l’eau qui manquait de plus en plus et il périclitait. Sa bonne santé dépendait de son amie la rivière et si elle, petit à petit, disparaissait. Il ne tarderait pas à se laisser mourir lui aussi si il ne se produisait pas un miracle. Je vous entends baragouiner de là.

    Oui! Vous allez me dire qu’un saule c’est fait pour pleurer par nature, qu’il y ait une rivière ou pas! Je vous répondrais alors que les saules pleureurs préfèrent les abords des rivières et les zones humides pour leur confort. Je vous demanderai aussi de jouer le jeu et de comprendre le message que je veux vous faire passer par le biais de ce conte. Ça ne vous fera pas de mal! Bien au contraire!...

    Et Vous! Les dissipés, les je-m’en-foutistes qui croyez toujours tout savoir! Tâchez de ne plus m’interrompe si non, j’en appelle aux gnomes qui vont se charger de vous concocter un petit tour à leur façon, afin que vous puissiez écouter et non pas entendre que j’ai à vous dire. A! Mais! Sapristi! Vilains petits garnements qui n’écoutez rien! Sachez que : "entendre et écouter ne veut pas dire la même chose! " Bien souvent on entend dire quand les gens parlent entres eux: -"Tu m’entends; mais tu ne m’écoutes pas!" C’est cela qui est très grave! Ne pas vouloir écouter ce que l’autre a à dire... Je sens de nouveau un silence réprobateur à mes propos s’installer en me lisant me semble t-il? Et pourtant... Ce sont bien les hommes qui ne prennent pas soin de la planète! Dame nature essaie bien par tous les moyens de vous prévenir du désastre qui s'énonce depuis déjà un bon bout de temps! Vous préférez subir plutôt que de changer votre façon de fonctionner?... A votre aise; mais, dans ce cas, ne vous plaignez pas de ce qui vous tombe dessus chaque années comme catastrophes!... Ah! Vous me semblez déjà plus à mon écoute? Je peux donc continuer mon histoire?...

    Donc, pour en revenir à notre conte, rien ne pouvait consoler ce bon vieux grand saule. Le lit de son amie baissait inexorablement et n’offrait plus à ses racines qu’un vague filet d’eau où il avait de plus en plus de mal à trouver ce qui était nécessaire à sa croissance et par voix de conséquence, à sa propre existence. Le précieux liquide disparaissait inexplicablement. Ce n’était plus une rivière qu’il coulait devant ses yeux ni même un cour d’eau et encore moins un ruisseau! Ce n’était, effectivement, plus qu’un ridicule petit filet d’eau. Par endroit subsistaient encore quelques mares ou des poissons prisonniers agonisaient, manquant d’oxygène. Les autres venaient mourir sur la rive, là où justement les grosses racines du saule s’abreuvaient. Des abords de la rivière s’échappait une odeur de pourriture insoutenable. Que ce passait-il donc en amont pour en arriver à pareille catastrophe?

    Ce coin de forêt se trouvait être encore protégée et préservé de la déforestation du fait que tout ses petits habitants aux divers talents magiques s’appliquaient, par des tour de passe passe, à le rendre invisible aux yeux des hommes. Le grand saule qui était leur ami, leur refuge, leur havre de paix était très triste de cette situation. Son tronc si impressionnant rétrécissait au fur et à mesure que les mois défilaient. Ses habitants se trouvaient à l’étroit dans leur petit chez eux. Tout le petit monde de la forêt se rendait bien conte du changement qui s’opérait alentours. Malgré leurs subterfuges tous azimuts pour éviter un désastre qu'ils sentaient imminent, ils n'arrivaient plus à suivre le rythme et c'est désolés qu'il voyaient apparaître Ici une clairière là, où avant il n’y avait que des arbres. Un peu plus loin, à l’endroit où la végétation était luxuriante, Ils ne voyaient plus que des machines infernales qui traçaient des chemins de terre, débroussaillaient sans relâche pour laisser le champ libre à d’autres machines qui coupaient le bois. De gros engins emportaient ce même bois dans les scieries avoisinantes. Pour que tous ces bûcherons puissent travailler et circuler sans encombre, des routes faites de goudron avaient recouvert la terre des chemins. Les activités des ouvriers forestiers étaient la cause indirecte de ce changement. qui venait de bien plus haut hiérarchiquement: les riches promoteurs et quatre adorateurs du sacraux saint argent... Il n'y avait plus que ça qui comptait et peu importe de ce qu'il adviendrait de notre mère la terre?...

    Tout le petit peuple féerique des bois alentours observaient le va et viens de ces énormes machines où s’empilaient des tonnes de tronc d’arbres gémissants don la sève s’écoulait comme autant de larmes de sang sans que personne n‘y prenne attention. Quel malheur de voir de si beaux arbres privés de vie! Toujours invisibles à l’œil humain, les fées, les lutins et farfadets suivaient les gros troncs jusqu’à l’endroit où ils devraient être débités en planches pour fabriquer des meubles; mais avant, il y avait au moins deux ans de séchage où les pauvres troncs d’arbres avaient largement le temps d’agoniser. Malgré eux, les troncs nouveaux venus qui s'entassaient dans un hangars de stockage, assistaient à la mise à mort définitive de leurs frères vieillit par le séchage et qui étaient fin prêts pour être découpés en planches. L’énorme scie circulaire ne chaumait pas! Seul le petit peuple de la forêt et des bois avoisinants avaient entendre leurs plaintes au moment de la coupe. Ca leurs fendait le cœur de ne pouvoir rien faire pour eux. Les branches et branchages impropre à la transformation, inutilisables pour les hommes en tant que meubles, ne se perdaient pas et devenaient des bûchettes, des allumettes, du bois de chauffage et j’en passe. Tout était exploitable: tout est exploitable dans le bois!...

    Entre l’eau qui devenait rare et les arbres plus de deux fois centenaires qui, tronçonnés par dizaines, quittaient la forêt pour être transformés en maisons ou autres ce qui, immanquablement, par leur disparition, défigurait le paysage, c’en était trop! Tout ce bois perdu partait, d’une manière ou d’une autre, en fumée au lieu de retenir, par leurs racines, la terre et par leur feuillage, la pluie. Ce n’était plus possible! Il fallait faire quelque chose! CA ne pouvait plus durer! Les hommes détruisaient leurs seules ressources naturelles de richesse qu’étaient les bois, les forêts, sans penser au lendemain. Sans penser à un seul instant à reboiser. Sans aucun regret ni remord et sans même vouloir prendre conscience que leurs méfaits ne manqueraient pas de générer dans les temps futurs des catastrophes que leurs imprudences, bien des années auparavant, avait déclenché. Les hommes épuisaient les ressources de la planète sans penser aux génération suivantes: Plus d’arbres. Plus de racines pour retenir, les pluies qui deviendraient de plus en plus abondantes puisque plus rien de réussirait à la retenir. Ce qui ne laissait présager rien de bon! La terre gorgée d’eau ne manquerait pas de dévaler les pentes des montagnes et collines en emportant tout sur son passage. Les torrents boueux provoqueraient des glissements de terrain qui entraîneraient de bien plus graves problèmes comme recouvrir, défoncer, emporter des maisons les entraînant avec tout leurs occupants, comme des simples fœtus de paille à la mort. Des familles entières disparaîtraient par la faute de l’œuvre destructrice des humains. Il fallait, certes vivre avec son temps mais il fallait vivre intelligemment! Ne pas vivre au jour le jour pour ce qui en était de l’exploitation de la planète: notre vaisseau de l’espace finirait de contribuer à notre extinction si nous n'y prenions pas garde d'ailleurs, cela avait déjà commencé depuis un bon bout de temps!... Il était une chose établit depuis des lustres, c’est que tout ce qui, à eurs yeux pouvaient faire de l'argent, leurs était dus à ces humains! Ils ne savaient pas se contenter de peu et le profit prenait le pas sur la raison. Ils étaient bien les pires prédateurs de la gente animal, même s’ils se disaient évolués et civilisés!…

    Quand à l’espace devenu nécessaire à la flore et à la faune: il ressemblait à un mouchoir de poche tellement tout ce qui pouvait être exploité par la folie productive des homme, accélérait le processus d’érosion planétaire. La faune diminuait. La flore aussi. Rien ne pouvaient plus survivre tant l’espace dont elles avaient besoin pour s’épanouir se réduisait comme peau de chagrin.

    Un de ces jours de raz le bol, ne pouvant plus accepter cette situation qui allait en s’aggravant, tout le petit peuple de la forêt et des bois réunit décidèrent de tenir conseil autour de leur ami le saule afin de trouver une solution au problème qui se posait à eux. L’idée de demander de l’aide aux gnomes ne les enchantait guère; mais cette idée fît l’unanimité. Ils étaient malins ces gnomes! Ils avaient de la malice à revendre et taquins avec ça! Les plus anciens des gnomes, à force de regarder agir des générations d’homme qu’ils avaient vu naître, vivre et mourir, agissaient avec une pointe de méchanceté pour les punir de leur insouciance. Ils adoraient faire des farces aux passants solitaires qui s’aventuraient un peu trop loin dans leur forêt et qui ne retrouvaient plus leur chemin. Tout était bon pour leurs faire peur.

    A l’appel au secours des fées et après leur avoir expliqué ce qu’il en était, ces petits démons de petits bonshommes verts acceptèrent, contre quelques pièces d’or et pierres précieuses, de remonter le cour à sec de la rivière afin d’aller se rendre compte par eux même de ce qu’il advenait de sa source. Les fées, les elfes et les lutins partagèrent les frais de ce pacte avec les gnomes. Il fut convenu qu’une partie de la récompense leurs serait versée avant la mission et l’autre partie lorsque la rivière aurait retrouvé son débit normal. L'eau était, pour le moment, leur priorité...

    Un soir où dame lune qui avait été mise au courant du pacte du peuple des forêts et bois avoisinants, se mit à éclairer tout particulièrement tout ce qui pouvait avantager de ses rayons bienfaisants, la recherche de la source de notre rivière. Les gnomes s’en allèrent effectuer leur mission de sauvetage. Ils ne voulaient pas se l’avouer; mais eux aussi avait besoin de la rivière et c’est d’un commun accords qu’ils s’appliquèrent à échafauder un plan infaillible pour sauver le bien le plus précieux, bien plus précieux encore que tout l’or et les diamants du monde: l’eau. Ils savaient, grâce à leur vécu qui se chiffrait en centaines d’années, ce qui était bon pour la planète. Tout ce qui vivait était constitué d’eau! Plus d’eau: plus de vie! C’était aussi simple que ça!

    Ça discutait dur pour mettre au point un stratagème fiable afin de rétablir l’ordre des choses. Les gnomes arrivèrent à l’emplacement de la source qui n’était plus visible à cause des dégâts occasionnés par les hommes de peu de conscience. A la place, dans le lit de la rivière, il n’y avait plus qu’un sol boueux. Juste avant l’endroit présumé de la source, s’érigeait un immense mur très épais de plus de trois cent mètres de haut. L'arc-en-ciel ne leur était plus d'aucune utilité pour se déplacer; mais qu'à cela ne tienne! Les gnomes n’eurent aucun mal à escalader l’obstacle qui retenait le précieux liquide. Quelle ne fût pas leur stupeur de voir que l’eau de leur rivière, retenue de force, avait l’aspect d’un lac. Ils comprirent sans jamais avoir vu un barrage de leur longue vie, que ce vilain mur retenait leur eau et que les humains ne pensaient, encore une fois, qu’à leur propre intérêt.

    - «Qu’est-ce que c’est que ça?» S’écrièrent-ils d’une seule voix : Les gnomes en colère pestaient contre ce mur gigantesque qui retenait leur eau prisonnière.«Les humains ne manquent pas d’air! Alors, comme ça, tout leurs appartient?! C'est sûr qu’il ne reste presque plus d'eau pour nous et nos frères les arbres sans compter les fleurs et tout ce que vît grâce à l'eau! Regardez moi ce travail! Ils ont bloqué l’accès de la source pour leurs profits personnels. C’est inadmissible! Nous allons reprendre notre source et rira bien qui rira le dernier! Voici donc que le secret avait été découvert! La source se trouvait prisonnière derrière le barrage, ce qui constituait aux villageois des villes voisines une énorme réserve d’eau. Une grosse voix se fît entendre : c’était le chef des gnomes.

    - Voilà d’où viennent tous nos malheurs! Il faut remédier à cette aberration, redonner l’eau à notre forêt qui dépérit chaque jour un peu plus, et la rendre pour de bon, invisible aux yeux des hommes! Les fées et les farfadets ne sont pas assez méchants, assez coquins, assez farceurs, assez roublards et surtout assez puissants, assez méchamment méchants dans leurs tours de magie pour traiter cette affaire comme il se doit! Il faut que l’on agisse sans attendre! Allez! Au travail les amis!

     

    A suivre...

     

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    N. GHIS.

    Texte écrit en 2009

     

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