• La balançoire -4-

    Namasté 

    Les malheurs de Gigie

     

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    La balançoire

     

    Le fermier à la grosse voix, après s’être fait supplier pendant des jours par ses deux fillettes, avait décidé, afin de leurs faire plaisir, de fabriqué une balançoire. Pour ce faire, il avait choisi le seul arbre qui trônait au beau milieu de la cour de ferme, entre le tas de fumier, et la mare aux canards.

    C’était le seul arbre à porté de vue de sa femme, de façon à toujours garder un œil sur les enfants. Une branche semblait, à vue d’œil, assez robuste pour supporter le poids des gamines: elle était à bonne hauteur, et paraissait assez robuste pour faire une belle balançoire.

    Le fermier entreprit donc les travaux, surveillé par les trois fillettes, impatientes de pouvoir s’amuser chacune leur tour à se balancer. Déjà, elles se chamaillaient pour savoir qui allait s’asseoir sur cette balançoire et commencer la première à se balancer.

    La plus grande : Marguerite, pour mettre les deux plus jeunes d’accords, se proposa pour les pousser chacune leur tour. Et ça papotait pendant que le fermier s’activait aux travaux qu’il s’était fixé.

    Lorsque la balançoire fut enfin terminée, il permit aux fillettes de l’essayer. Marguerite voulu, sous prétexte d’être la plus grande, monter dessus la première pour être sûr de sa solidité : chose que son père avait vérifié avant qu’elle ne se l’approprie en aînée.

    Après en avoir profité tout son sous pendant un bon quart d’heure alors que les deux gamines piaffaient d’impatience, elle se décida, enfin, à descendre et désigna sa sœur pour monter sur la planche.

    Gigie rouspétait et piétinait devant les deux sœurs qui s’amusaient sans elles. Comme elle en avait assez d’attendre son tour, elle décida se s’en aller pleurnicher sous la grande table de la ferme qui était son coin favori pour bouder.

    Les deux sœurs s’amusèrent toute la matinée sans s’occuper de Gigie toujours cachée sous la table de ferme. Midi sonna à la grande horloge. Et Gigie déjà très fière et orgueilleuse, décida de ne plus leurs adresser la parole jusqu’à temps qu’elle décide que sa colère après elles était passée.

    Elle sortit de dessous la table, se lava les mains, et aida la fermière à mettre la table pour les paysans qui allaient bientôt rentrer des champs avec le patron. La grande marmite accrochée à la crémaillère de la grande cheminée, sentait bon le ragoût préparé avec tout le savoir faire de la fermière. C’est qu’il en fallait pour remplir le ventre des ces sacrés gaillards qui travaillaient du matin au soir dans les champs!

    La grosse miche de pain de campagne était déjà sur la table, enveloppée dans un grand torchon tout blanc, le pot de rillettes fait maison également. Gigie salivait rien qu’à la pensée d’en avoir une grande tartine pour elle toute seule.

    Enfin, le fermier et les paysans arrivèrent pour se mettre à table après s’être lavés les mains dans le grand bassin réservé à cet effet. Ils prirent place sur les bancs autour de la table de ferme. Le fermier prit la grosse miche de pain, enleva le torchon blanc, prit son opinel, traça un signe de croix à l’envers du pain, et commença à découper des tranches pour chacun des hommes qui se servirent dans le gros pot de rillettes et en tartinèrent abondamment leur tranche de pain.

    Et ça discutait dur sur le travail restant à accomplir pour la journée. Gigie ayant eu le droit à sa tranche de pain tartinée de rillettes, mangeait de bon cœur, tout en observant que la place de Marguerite et de Justine était inoccupée. Elle se disait qu’elles allait se faire gronder de n’être pas à l’heure du repas, quand les deux petites friponnes rentrèrent en courant et riant comme des folles. Leur père les arrêta net :

    Vous ne connaissez pas l’heure des repas ? Vous n’avez donc pas faim? Puisque c’est ainsi, vous vous passerez de manger et resterez tout le reste du temps et jusque ce soir, dans votre chambre. Pour ne pas avoir respecter la tradition, vous ne descendrez pas non plus pour le goûter.

    Les deux sœurs, muettes de peur, ne pipèrent pas un mot, et montèrent dans leur chambre en pleurant. Elles avaient fait en rager Gigie et elles le payaient bien! Toute contente d’être la petite fille sage, Gigie se dit que c’était bien fait pour elles si elles avaient oublié l’heure du repas de midi.

    Gigie, elle avait le ventre bien plein, et tant pis pour elles si elles avaient faim. Elles n'avaient qu’à laisser la balançoire et venir manger. La bonne leçon servait pour elle aussi car s’il lui arrivait de ne pas penser à être à l’heure des repas, elle savait à l’avance ce qui l’attendrait.

    Quand les paysans eurent finit de s’attabler, ils se levèrent et sans plus attendre, s’en allèrent pour reprendre les travaux des champs.

    Gigie, très sage pendant tout le repas, aida à débarrasser la table puis, n’ayant pas fait de balançoire, elle demanda à la fermière si elle pouvait aller en faire un petit peu. Celle-ci lui donna l’autorisation, car le reste n’était pas de son ressort, et trop dur pour elle.

    En effet, dans le temps, tous ce qui constituait les déchets comme les épluchures de pommes de terre et toutes sortes de divers légumes, n’étaient pas jetés, et l’eau de vaisselle non plus, car on employait pas de détergent. La seule chose que la fermière se permettait lorsque c’était nécessaire pour les assiettes et les couverts, était le mir qui, à l’époque de Gigie, n’était pas toxique du tout pour les cochons. Et puis, la fermière n’en mettait que très peu. Pour le reste, on nettoyait les grosses casseroles, les chaudrons, les poêles, dehors avec la cendre de cheminée.

    La vaisselle était faite à l’eau bouillante et essuyée tout de suite pour qu’elle ne graisse pas.Tout les déchets, les restes non consommé en plus de l’eau de vaisselle représentait la pâté pour les cochons que la fermière servait vers dix huit heure. Ils était mis à cuire au feu de bois, à l’extérieur de la ferme, dans l’après-midi, pendant 1 heure, dans de grandes lessiveuse qui ne servaient qu’à ça puis, on laissait refroidir la mixture qui constituaient leur soupe à laquelle y était ajouté du son pour plus de consistance et aussi pour mieux les engraisser : la mixture était versée dans les grandes auges à cochons.

    La fermière leur servait vers dix huit heure. Les cochons mangeaient comme des gloutons ;

    de gros gorets, et Gigie aimait bien les regarder farfouiller avec leur groin dans leur pâté en grognant, hurlant et couinant. Ils se poussaient pour avoir la plus grosse part, et jusqu’à mettre leur pattes dans l’auge en faisant de grands « Oooooinnnkk-uuiiiii », et Gigie aimait les regarder faire. Ça l’amusait. Ce qui ne lui plaisait pas, c'est que le plus gros des cochons serait sacrifié bientôt, vers le mois de février. Tout le voisinage serait convié à la fête du cochon.

    Lorsque arrivait le moment fatidique, le pauvre cochon était mis dans une porcherie fermée au jour, justement réservée à cet effet. Le noir était indispensable pendant une semaine au moins, afin de déshabituer l’animal de la lumière du jour : ainsi, il était plus facile de l’attraper, le manipuler pour l'extirper de la porcherie. Les fermiers n'étaient pas trop de cinq pour sortir le cochon éblouit. Ils s’employaient à museler l'animal avec une sorte de tresse très solide qu'on lui passait dans la gueule, et qui permettait de tenir sa tête pendant l'opération. Cinq à six personnes n'étaient pas de trop pour immobiliser l'animal qui hurlait, beuglait à plein poumons, sachant sans doute, ce qui l'attendait.

    Le travail ne faisait que commencer et c'était le plus facile! La veille, le fermier et la fermière avaient mis en place une échelle en équilibre entre deux grosses bottes de foin avec, en dessous, une espèce de gros seau en bois de chêne réservé à cet effet afin de récupérer le sang lorsque le cochon serait égorgé. C’était pour Gigie ce qu’il y avait de plus dur que de voir souffrir la bête. Pour les paysans Normands, tuer le cochon était un rituel très important qui amenait du monde pour aider, et ça se faisait avec un très long et gros couteau très effilé que le fermier avait déjà montrer à Gigie. Tuer le cochon était une fête très appréciée des fermiers alentour et pour cette cérémonie, les hommes et les femmes n'étaient pas moins d'une quinzaine. Les femme s'affairaient autour du grand feu; n'omettant pas de recharger celui-ci en bûches. Le grand baquet d'au moins deux mètres de circonférence, remplit d'eau au trois quart, reposait depuis le matin à l'aube, bien calé sur des grosses pierres et chauffant sans interruption. Il fallait bien cela pour réussir ce fameux cochon !

    Définitivement saigné et son sang récupérer dans le grand récipient en dessous de l'échelle, on remuait avec la main et toutes les impuretés s'agglutinaient, constituant une véritable éponge que l'on pouvait retirer. Le sang était ensuite filtré dans une passoire garnie d'un linge blanc bien propre et mis de côté. Un peu plus tard dans la journée, il servirait à préparer le boudin.

    Une fois toutes ces opérations faites dans l’ordre, le cochon était alors ébouillanté, dans de l'eau à 85-90° dans le grand baquet, afin d'enlever le plus gros des poils et l'on terminait l'opération avec un racloir : outil constitué d'une vieille lame de faux. Les sabots étaient enlever facilement et soigneusement curés.

    L'étape suivante consistait à ouvrir la bête et à enlever boyaux, poumons et foie. Les boyaux étaient raclés, nettoyés et mis de côté dans un panier en osier. Les poumons et le foie étaient suspendus un moment pour qu'ils puissent s'égoutter. On disposait la tête et divers abattis dans un grand chaudron rempli d'eau et on laissait cuire pendant 1 h 30 à 2 h. Les femmes coupaient alors la viande en petits morceaux, la mélangeaient avec le sang et en emplissaient les boyaux qu'elles mettaient à cuire dans la même eau, pendant une heure supplémentaire. Une fois le cochon enlevé de toutes ses impuretés, on se mettait à plusieurs pour l'enlever de la cuve sans se brûler, et la bête se retrouvait pendue la tête en bas pour terminer de la laver et de la préparer pour la suite.

    L'étape suivante consistait à ouvrir la bête et à enlever boyaux, poumons et foie. Les boyaux étaient raclés, nettoyés et mis de côté dans un panier en osier. Les poumons et le foie étaient suspendus un moment pour qu'ils puissent s'égoutter. On disposait la tête et divers abattis dans un grand chaudron rempli d'eau et on laissait cuire pendant 1 h 30 à 2 h. Les femmes coupaient alors la viande en petits morceaux, la mélangeaient avec le sang et en emplissaient les boyaux qu'elles mettaient à cuire dans la même eau, pendant une bonne heure supplémentaire. Ainsi se terminait la première journée ; on goûtait le boudin, arrosé de vin de pays et de gnôle et on jouait à la manille jusqu'à deux heures du matin. Ainsi se terminait la première journée ; on goûtait le boudin, arrosé de vin de pays et de gnôle et on jouait à la manille jusqu'à deux heures du matin.

    Le deuxième jour débutait par le traditionnel casse croûte où tout le monde était convié. Puis, on commençait à découper le cochon : jambons, poitrine, lard, La viande rouge et le foie qui allaient servir à la confection de la saucisse, ainsi que la viande blanche pour le saucisson, étaient choisis à ce moment-là. Les femmes étaient chargées de les couper en morceaux et de les assaisonner avant de mettre ce mélange dans des pots en terre. On faisait cuire un peu de viande sur le grille. Il ne restait plus qu'à goûter afin de vérifier les proportions, à la plus grande joie des enfants qui savaient être là au bon moment!

    Les boudins étaient fait avec le sang cuisiné et les véritables boyaux du cochon après avoir été pendus dans une pièce fraîche où on les replissait à l'aide d'une machine à mains dont l'orifice de sortie avait exactement la grosseur d'un boudin à l'oignon. Chaque longueur de boudin estimée nécessaire pour confectionner un chapelet, se retrouvait tortillée avant d'être enroulées sur elle même en une sorte de tour à boudin.

    Une fois cuits, les saucissons étaient suspendus dans la cuisine près de l'âtre, pour qu'ils sèchent plus rapidement. Les premiers saucissons étaient traditionnellement consommés à Pâques. Quant à la saucisse, on la mangeait plus rapidement, dès qu'elle était suffisamment sèche. Du cochon, rien ne se perdait! Les os étaient consommés immédiatement en coustillous accompagnés de fayots, ou bien mis au sel pendant 8 à 15 jours pour accommoder de succulentes soupes aux choux. Un repas traditionnel aux fayots se tenait le soir du deuxième jour. Il marquait la clôture de cette fête improvisée. Certains venaient de loin pour y participer. Gigie garde le souvenir d'une ambiance extraordinaire, souvent largement encouragée par le vin et la gnôle locale. Les repas se terminaient par la dégustation des oreillettes, sortes de pâtes, entre beignets et crêpes, que l'on cuisait dans la graisse du cochon.

    Seules les femmes participaient à la troisième journée. Elles terminaient le travail en accommodant les fritons et les derniers restes. Alors, chacun rentrait chez soi, en attendant le prochain cochon que l'on tuait souvent quelques jours plus tard chez un ami ou un proche voisin.

    Peu de familles perpétuent encore aujourd'hui la " cérémonie " du cochon, comme on la nomme encore dans certaines régions. En tout cas, Gigie en à gardé un souvenir impérissable de ces grandes fêtes qui rythmaient la vie des hommes, des femmes et celle de leur terre.

     

    Les cochons et les animaux de basse-cour : c’était bien pendant un certain temps, évoquer sas souvenirs aussi ; mais l’envie d’aller sur cette balançoire était trop tentante, d’autant plus que Marguerite et Justine était punies jusqu’au soir et consignées dans leur chambre.

    Gigie délaissa ses jeux habituels pour se diriger vers la balançoire qui n’attendait qu’elle. Elle n’était pas à la hauteur de la planche où elle devait s’asseoir, mais elle se hissa tant bien que mal sur l’assise, et commença à se balancer doucement. Ce qui était le plus amusant, c’était d’avoir l’impression de s’envoler de plus en plus haut.

    Enhardie à l’idée d’aller bien plus haut que les filles de la ferme, Gigie s’élança et la balançoire répondit à son désirs de dépasser ses deux petites camarades du matin. Les gamines qui étaient punies la regardaient par la fenêtre de leur chambre, et en rageait de la voir s’amuser comme une petite folle. Gigie, du coin de l’œil, les avait vu et elle s’ingéniait à monter encore plus haut. Elle ne dissimulait pas son plaisir rien que pour les faire enrager.

    Après tout, elles s’étaient amusées toutes la matinée avec à en oublier même l’heure du repas de midi, sans remord, montrant bien que la balançoire était d’abord faite pour elles, Marguerite et Justine ne l’avaient pas invité à en profiter ne serait-ce qu’un tout petit peu. Elles avaient pris possession de la balançoire que leur père leurs avait faite, et ne lui avaient pas laissé une seule fois le plaisir de l’essayer. C’était bien son tour à présent.

    Gigie s’éclatait, et profitait de sa revanche en allant de plus en plus haut les yeux fermés, afin d’accentuer l’impression de voler jusqu’à ce que la branche, fatiguée par le mouvement, cassa net. Gigie s’envola pour de bon dans les airs en une fraction de seconde, pour aller choir dans la mare aux canards. Avec la balançoire et la branche toujours attachée aux deux cordes.

    Les canards, affolés, s’étaient encore une fois envolés en faisant des coins coins tonitruants. Les pleurs de Gigie retentirent au point que la fermière sortit dans la cour pour voir ce qu’il se passait. Quand elle aperçu Gigie dans la mare à canard toute penaude, trempée et toute crottée, elle ne peu s’empêcher d’éclater de rire car ce n’était pas la première fois que la petite fille se retrouvait en mauvaise posture.

    Gigie n’avait rien et c’était le principal. Le reste était moindre mal. Elle s’occupa de sortir la fillette de la mare et ça sentait horriblement mauvais! Ses vêtements étaient dans un état et il fallait, encore une fois, donner le bain à Gigie qui braillait de plus belle. La fermière fit chauffer de l’eau en quantité pour remplir le grand baquet de chêne que la petite fille commençait à connaître pour y avoir déjà été plongée plusieurs fois lors de ses précédentes mésaventures.

    La honte qu’elle ressentait devant les deux gamines qui étaient descendue voir le spectacle, la mit hors d’elle à un point tel que la fermière leurs ordonna de remonter finir leur punissions dans leur chambre jusqu’à temps que leur père les appelle afin de régler cette affaire car, pour une fois, Gigie n’était pas fautive, et si les deux fillettes avaient, comme elles auraient dû le faire, prêté la balançoire à Gigie, la catastrophe ne serait pas arrivée de si tôt. l’emploi en aurait été raisonnable et la balançoire existerait encore.

    Bien heureusement, Gigie n’avait pas été blessé et c’était le principal! A la suite de cette nouvelle mésaventure pour Gigie, Une double punition prenait effet dès le soir, au souper, pour les deux gamine de la ferme, afin de leurs donner une très bonne leçon qui, le père en était certain, serait retenu : celui du partage. Pas de dessert pendant huit jours leurs apprendrait à partager leurs jeux. Pour ce qui était de la balançoire, elle ne serait pas remontée de si tôt. Il y avait d’autres branches qui auraient pu faire l’affaire, mais le fermier voulait qu’à l’avenir, la punition porte ses fruits.

    N. GHIS.

     

    Historiette vécue par Gigie elle-même:

    Modifiée le 24/03/2017

    La balançoire -4-

    Les malheurs de Gigie -3-

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  • Commentaires

    1
    Samedi 25 Mars à 18:16

    je te souhaite une bon  week end bisous

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